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jeudi 3 juin 2010

Relations Arménie-Turquie : Le président Sarkissian fait le point.

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Si pressions il y a sur l'Arménie de part des puissances qui pilotent le groupe de Minsk de l'OSCE, elles n'ont encore donné de résultats probants, c'est du moins ce qui ressort du discours du président Sarkissian. Discours qui n'a pas varié depuis l'annonce le 22 Avril dernier, du gel du processus arméno-turc.

Après l'annulation de son voyage en Argentine, due au refus par Buenos-Aires d'inaugurer une statue d'Atatürk, le premier ministre turc R.T. Erdogan doit affronter une mini-tempête avec Israël. Mais est-ce que pour autant la Knesset mettra sur ordre du jour, le débat qui est demandé sur le génocide des Arméniens ? ... C'est très peu probable.

Après ses collègues de Washington et Stockholm voici l'ambassadeur de Turquie en Israël rappelé à Ankara. Il faudra que celui qui est en poste en Argentine attende son tour. La chambre d'amis du ministère turc des Affaires étrangères ne doit pas avoir le temps de prendre la poussière.

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Lors de sa rencontre avec la communauté arménienne en début de semaine à Rostov-s/Don, en marge de son entrevue avec le président Medvedev, le Président Sarkissian a parlé de la situation politique et économique actuelle en Arménie, et a abordé le sujet épineux des relations avec la Turquie.

Il a de nouveau accusé la Turquie de l'effondrement effectif des accords de normalisation des relations bilatérales turco-arméniennes. Il a défendu sa décision de fin avril de geler la ratification par le parlement arménien des deux ‘protocoles', soulignant :

"L'Arménie ne prévoit pas de nouvelles négociations de normalisation avec la Turquie et continuera de s'opposer à toute participation de la Turquie dans les efforts internationaux en cours pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh.

Vous savez que nous avons suspendu le processus de ratification des protocoles arméno-turcs. La principale raison est claire : la Turquie n'est pas prête à ratifier les protocoles aujourd'hui, et elle apporte en permanence de nouvelles conditions préalables pour justifier l'échec du processus. En outre, elle tente de pénétrer dans une sphère, où elle n'a d'évidence rien à y faire. Je veux dire par là, le règlement du conflit du Karabakh. A ce jour, nous n'avons rien à dire à un partenaire non fiable et indigne de confiance, qui casse constamment les accords conclus.

Le temps a montré que nous avons fait le maximum que nous pouvions faire pour que la dernière frontière fermée de l'Europe s'ouvre, mais la Turquie n'est pas prête pour cela."

Il a de nouveau exclu tout règlement pacifique qui conduirait le territoire contesté [Haut-Karabakh] à retourner sous administration azerbaïdjanaise. "Quant à la question du Karabakh, nous avons clairement dit et répété que le droit du peuple du Karabakh à l'autodétermination n'est pas négociable."

Le leader arménien avait également accusé la Turquie de perdre son "stock de confiance en tant que partenaire dans les négociations" au cours d'une visite à Bruxelles la semaine dernière. Il avait rappelé qu'Ankara lie la ratification des protocoles turco-arméniens à un règlement acceptable par l'Azerbaïdjan du conflit du Karabakh. Erevan soutient que les protocoles ne font aucune référence au différend arméno-azerbaïdjanais.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé toutefois, que la paix du Karabakh est une exigence implicite des accords turco-arméniens signé en Octobre. En conséquence, M. Erdogan et les responsables turcs pressent les médiateurs américain, russe et français, à intensifier leurs efforts de paix.

Ankara a également manifesté son souhait d'avoir un rôle dans le processus de négociations de paix du Karabakh. Les dirigeants arméniens ont fait remarquer que les Turcs ne peuvent pas agir comme des intermédiaires honnêtes en raison de leurs liens étroits et de leur soutien indéfectible à l'Azerbaïdjan.

Bien que les accords turco-arméniens soient officiellement gelés, le président a pris soin de ne pas les abroger formellement, une position qui lui a valu l'éloge des trois pays médiateurs coprésidant le groupe de Minsk de l'OSCE ainsi que de l'UE. Tout comme Erevan, les puissances occidentales soutiennent la position que l'Arménie et la Turquie doivent établir des relations diplomatiques et ouvrir leurs frontières, sans conditions préalables.

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie et de Armenialiberty



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