A la Une

mercredi 18 août 2010

Dimitri Medvedev attendu en Arménie

***

Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Si Bakou n'achète pas directement une batterie de missiles anti-aériens à la Russie, il l'achètera indirectement par pays interposé. Aussi, il ne sert à rien de se focaliser sur le sujet, d'autant que son budget militaire s'élève à deux milliards de $ et qu'aucun organisme ou pays exportateur d'armes n'a mis un quelconque embargo sur ces ventes d'armes.

Ce qui est plus gênant, c'est que la présence russe en Arménie se paie au prix fort. A jouer les bailleurs ou pire, les vendeurs, aux entreprises russes de pans entiers de l'économie et des infrastructures du pays, le tout pour une assistance hypothétique en cas de besoin, ressemble fort à un marché de dupe. Si les dirigeants arméniens continuent à ce rythme, dans quelques décennies l'Arménie risque de se transformer en une république de la Fédération Russe.

Même si l'UE a des visées intéressées sur le Sud-Caucase et qu'on peut lui faire de nombreux reproches sur son attitude envers l'Arménie ; au moins en échange des millions qu'elle verse dans le cadre des ses divers programmes (PESD, PEV, PO …), elle ne fait pas ‘main basse' sur l'économie et les infrastructures de l'Arménie.

***

** Constantin Zatulin **


Constantin-Zatulin4_medium
Dans une interview téléphonique accordée à RFE/RL, le vice-président de la Commission de la Douma pour les ex-républiques soviétiques, Constantin Zatulin, a affirmé ne pas avoir connaissance d'un contrat de vente de batterie d'anti-missiles S-300 par Moscou à Bakou.

"Je ne pense pas que de tels ventes se produisent de sitôt, d'autant plus que l'Azerbaïdjan intensifie sa rhétorique militariste. C'est un mauvais moment pour la fourniture d'armes à un pays qui a fait ce genre de déclarations."

Zatulin a fait valoir que bien que les relations russo-azerbaïdjanaises sont actuellement ‘bonnes', Moscou est "catégoriquement contre la reprise des hostilités et les tentatives de résoudre le conflit du Karabakh par des moyens militaires. Je suis convaincu que la Fédération de Russie utilisera toutes les moyens possibles pour prévenir une escalade ou une reprise des hostilités dans le Haut-Karabakh", a-t-il précisé.

"Dans la situation actuelle au Sud-Caucase, il est extrêmement important qu'il n'y ait aucun doute quant à la solidité des liens russo-arméniens, vu il y a beaucoup de supputations à ce sujet et que les développements des relations de l'Arménie avec l'Azerbaïdjan et/ou la Turquie laissent beaucoup à désirer," a ajouté le député.

*

** Edouard Charmazanov **


Edouard-Charmazanov1_medium
Serge Sarkissian et son homologue russe, Dmitri Medvedev, doivent signer d'importants amendements au traité de 1995 réglementant la présence d'une base militaire russe en Arménie, lors de leurs entretiens en fin de semaine à Erevan.

Les modifications permettront de prolonger les droits de la base de 24 ans, c'est-à-dire jusqu'en 2044, et de revoir les missions de cette garnison, basée à Gumri. Elles stipulent entre autres que les troupes seront censées protéger non seulement les "intérêts de la Fédération de Russie" mais aussi "assurer la sécurité de l'Arménie", conjointement avec l'Armée arménienne. Ils engagent également la Russie à fournir à son allié régional "des armes modernes et adaptées, ainsi que du matériel militaire spécifique."

Le porte-parole du parti Républicain, majorité présidentielle, Edouard Charmazanov, a confirmé que l'Arménie renforce son alliance militaire avec la Russie en réponse au renforcement continuel des capacités militaires de l'Azerbaïdjan et de ses menaces de guerre.

"Si nous voulons avoir une sécurité nationale adéquate, compte tenu notamment des déclarations faites par nos voisins de l'Est et de l'Ouest, nous devons être en mesure de développer des mécanismes de contrepoids. Et je pense que l'accord de proroger le déploiement de cette base est également destiné à assurer l'équilibre des forces. Il est impossible de parvenir à un développement dans d'autres domaines, sans rééquiper et moderniser la sécurité nationale," a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Charmazanov a fait valoir que le nouveau pacte de défense doit permettre "pratiquement d'exclure une solution militaire au problème du Karabakh. C'est important non seulement pour l'Arménie, mais aussi pour la paix et la stabilité à long terme dans la région."

Certains partis d'opposition ont critiqué cette démarche, arguant qu'une nouvelle guerre arméno-azerbaïdjanaise se déroulerait au Karabakh et dans les territoires environnants, lesquels ne font pas parties de l'Arménie internationalement reconnue. Ils craignent que l'Arménie ne devienne encore plus dépendante de la Russie.

Charmazanov a rejeté ces critiques comme "inappropriées et populistes." Il a insisté sur le fait que les modifications du traité seront bénéfiques pour l'Arménie.

*

** Arayik Sarkissian **


Arayik-Sarkissian_medium
"La vente de systèmes de défense anti-aérienne S-300 à l'Azerbaïdjan est une décision politique de l'armée, les autorités russes et personne d'autres ne peuvent l'empêcher," a indiqué le Vice-ministre de l'Académie des questions cosmopolite de Russie, Arayik Sarkissian, lors d'une conférence de presse.

Ajoutant que les intérêts de l'Etat s'adaptent aux conditions de chaque pays suivant les activités politiques et économiques. "Habituellement, les armes sont fournies à des alliés, si elles sont vendues, et particulièrement au prix du marché, cela signifie que les autorités russes n'ont pas confiance dans les autorités de l'Azerbaïdjan. Aussi, il est absurde de parler de relations d'alliance entre la Russie et l'Azerbaïdjan."

Concernant le conflit du Haut-Karabakh, il a ajouté :"Nous devons gagner du temps, et mener des activités politiques pour éloigner les risques de guerre."

*

Extraits de la Radio Publique d'Arménie et de Armenialiberty



Partager

Twitter Delicious Facebook Digg Stumbleupon Favorites More