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samedi 14 août 2010

La FRA commente l'état des relations de l'Arménie avec deux de ses voisins.

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Vis-à-vis de la Turquie, il n'y a rien de changé dans la position adoptée par la FRA depuis très longtemps. Les diplomates turcs passent leur temps à jeter de la poudre aux yeux des occidentaux, faisant croire que leur pays ne demande qu'à adhérer aux valeurs européennes et à normaliser ses relations avec son voisin. Ce que les Etats-Unis et les européens oublient un peu trop facilement ce sont les conditions mises par Ankara pour ce faire. Les exemples sont là pour prouver la mauvaise foi d'Ankara : l'accord douanier de 2005 avec l'UE mais qui exclut Chypre, et bien sûr plus récemment la signature des protocoles avec l'Arménie pour l'inciter à abandonner le Haut-Karabakh à l'Azerbaïdjan.

Quant à la Russie, elle reste incontournable dans cette partie du monde, sa chasse gardée depuis des siècles. Moscou tient à l'Arménie pour sa position géostratégique et à l'Azerbaïdjan pour ses énergies fossiles, la Géorgie ayant été reléguée au rang de figurant. Alors, on saupoudre tantôt l'un et tantôt l'autre pour éviter qu'ils ne tombent dans l'escarcelle des Occidentaux.

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** Relations arméno-russes **


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"Les relations entre l'Arménie et la Russie se sont intensifiées par rapport aux années précédentes," a indiqué le directeur du Bureau ‘Hay Dat' et des Affaires politiques de la FRA-Dachnaktsoutioun, Kiro Manoyan, lors d'une conférence de presse à Erevan.

"L'incertitude dans les relations bilatérales a été causée par la nouvelle politique engagée par le gouvernement arménien. Toutefois, une extension de la base militaire russe d'Arménie prouve l'activation des liens entre les deux pays," a-t-il souligné, exprimant ainsi sa préoccupation sur un déploiement se terminant au plus tôt en 2017.

"La Russie tente de trouver un équilibre avec une collaboration militaire avec l'Arménie et avec l'Azerbaïdjan comme voie vers un règlement du conflit du Karabakh. Seule l'activité de la Russie dans la région peut être dangereuse. Toutefois, l'implication des Etats-Unis et de l'Europe est également nécessaire pour préserver la stabilité régionale", a-t-il souligné.

"La Russie n'imposera pas à l'Arménie une ‘option' pour le règlement du conflit. Moscou peut seulement proposer des pistes aux parties en conflit, mais non les obliger. Néanmoins, il peut exercer une pression sur l'Azerbaïdjan, dont la position entrave la résolution du conflit."

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** Relations arméno-turques **

"La ratification des protocoles sur la normalisation des relations avec l'Arménie n'intéresse plus Ankara. La Turquie a atteint son objectif, même sans la ratification des protocoles."

"S'appuyant sur la disposition prévoyant la formation d'une Commission d'historiens, un certain nombre de pays ont décidé de s'abstenir d'adopter des résolutions reconnaissant le génocide arménien, vue que l'Arménie et la Turquie sont dans un processus de réconciliation. En outre, la Turquie a réussi à convaincre la communauté internationale que l'Arménie n'a aucune revendication territoriale depuis longtemps. Et la dernière chose mais pas la moindre, la signature des protocoles a permis à la Turquie d'intervenir dans le processus du Karabakh."

"Concernant la liturgie dans l'église arménienne Sainte Croix, transformée en musée, sur l'île Aghtamar (lac de Van), Ankara ne considère pas cela comme un événement religieux. Ce ne sera rien d'autre qu'un spectacle avec la participation des Arméniens de Turquie. Ankara ne compte pas profiter de l'occasion pour une quelconque normalisation des relations avec l'Arménie," a conclu Kiro Manoyan.

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PanArmenian.Net



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