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mercredi 27 octobre 2010

L'Arménie doit-elle reconnaître la République du Haut-Karabakh ?

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Si l'Arménie reconnaissait la République du Haut-Karabakh (RHK) elle se placerait dans la même position que la Turquie vis-à-vis de la République Turque de Chypre Nord, c'est-à-dire se retrouver seule face à la communauté internationale. Autant dire que les négociations de paix sous l'égide des médiateurs du groupe de Minsk de l'OSCE seraient fortement remises en cause, vu que leurs propositions n'auraient plus lieu d'être.

Cela entrainerait une forte décote de l'Arménie auprès des instances internationales, lesquelles soutiennent à 100% le travail du groupe de Minsk. Et tout comme le problème chypriote, le problème Karabakh serait traité au niveau de l'ONU, on connaît le résultat. Avec cette différence fondamentale que l'Azerbaïdjan n'est pas la République de Chypre, et qu'Ilham Aliev ne se gênerait pas pour lancer des attaques bien plus massives et donc plus meurtrières que les escarmouches actuelles.

Mauvaise stratégie.

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Le président du Parlement, Hovik Abrahamian, a confirmé qu'un projet de loi stipulant l'Arménie à reconnaître l'indépendance de la RHK sera soumis à un vote au parlement cette semaine à moins que ses partisans, membres de l'opposition, soient d'accord pour le reporter.

Sinon, le débat tomberait au moment d'une nouvelle rencontre, sous la houlette de la Russie entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, prévue pour aujourd'hui.

Mardi, lors d'une conférence de presse, Hovik Abrahamian a réitéré la position de la majorité gouvernementale, comme quoi une telle démarche était prématurée alors que la recherche de la paix continue par la négociation. "Que personne ne pense que le Président du Parlement, le ministre des Affaires étrangères ou de la coalition ne veux pas que la République du Haut-Karabakh (RHK) soit reconnue par l'Arménie. Nous ne voulons pas interférer dans les négociations qui se déroulent dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE," a déclaré le président du Parlement.

"Si, après la réunion tripartite, le président Sarkissian suggère que nous devrions reconnaître l'indépendance du Karabakh, nous nous ferons un plaisir de le faire," a déclaré Abrahamian, également membre éminent du parti républicain (HHK). Dans le cas contraire, le HHK a indiqué clairement qu'il pourrait bloquer le projet de loi avant même sa discussion au parlement.

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Au début du mois, un projet de loi déposé par le parti d'opposition Jarankoutioun (Héritage) proposait la reconnaissance du Haut-Karabakh. Mais le chef du parti, Raffi Hovannisian, après consultations avec le président Abrahamian et d'autres dirigeants de la majorité pro-gouvernementale, a fait reporter le vote pour la fin Octobre.

Le président du groupe parlementaire Jarankoutioun, Stépan Safarian, a déclaré que le projet de loi sera soumis au vote "sauf si un compromis est trouvé".

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Selon le représentant de l'organe suprême de la FRA-Dachnaktsoutioun, également dans l'opposition parlementaire, Armen Rustamian, le projet de loi lancé par le parti Jarankoutioun ne devrait pas être discuté au Parlement arménien, pour éviter les spéculations.

"Le parti Jarankoutioun est conscient du fait que la majorité ne votera pas le projet de loi, même si la communauté internationale verrait l'Arménie comme un pays refusant de reconnaître l'indépendance du Karabakh. L'Arménie devrait amener la communauté internationale à reconnaitre notre pays comme garant de la sécurité de la RHK. Nous proposons à l'Arménie plutôt de faire une union stratégique avec la RHK," a déclaré Rustamian.

Dans ce contexte, Rustamian a souligné l'importance d'un projet de loi gouvernemental qui envisagerait une possibilité pour l'Arménie de conclure des contrats avec des Etats non reconnus.

Aussi, il a souligné qu'il n'avait pas d'attentes particulières de la réunion du 27 Octobre à Astrakhan entre les présidents arménien et azerbaïdjanais. "Tant que l'Azerbaïdjan affiche une attitude destructrice dans les négociations, il ne faut pas s'attendre à un quelconque progrès dans le règlement du conflit du Haut-Karabakh."

Rustamian considère que la reconnaissance du droit du peuple de l'Artsakh à l'autodétermination et le droit à sa sécurité indiqueraient une position constructive de l'Azerbaïdjan.

"Il y a un autre problème important dans le règlement du conflit du Haut-Karabakh : les parties en conflit ont salué les principes de base proposés par les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE," a-t-il indiqué, seulement, ces principes vont à l'encontre des deux référendums organisés en RHK [Déclaration d'indépendance et création d'une constitution].

De plus, il y a deux déclarations conjointes des Présidents des pays coprésidents du Groupe de Minsk, qui ont changé la situation dans la résolution du conflit. "Les déclarations laissent entendre que le règlement du conflit du Karabakh est entré dans la sphère publique, et qu'un processus de renforcement de la paix a déjà commencé," a précisé Rustamian, ajoutant que "si le processus d'application de la paix est fondé sur tous les principes de Madrid et leurs corollaires, alors l'Arménie perdra beaucoup."

Autre question importante selon Rustamian : si les médiateurs sortent une nouvelle déclaration stricte [c.-à-d. restitution de tous les territoires entourant le Haut-Karabakh], suite à la réunion tripartite d'aujourd'hui alors : "Le processus de rédaction d'un accord de paix global risque d'être lancé."

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie, de Armenialiberty et de PanAmenian.



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