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vendredi 1 octobre 2010

L'Arménie doit-reconnaître officiellement la République du Haut-Karabakh ?

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE ne sont pas systématiquement contre la participation de la RHK, mais attendent pour ce faire qu'un accord sur un cadre général, en gros sur l'acceptation des principes de Madrid, soit signé.

Prendre la Turquie comme exemple avec le problème de Chypre n'est pas judicieux, car jusqu'à présent, c'est-à-dire depuis 1974, Ankara n'a pas beaucoup progressé sur le sujet et la RTCN n'est reconnue par que par un seul pays : la Turquie. Même l'Azerbaïdjan, pourtant fidèle allié d'Ankara, n'a pas sauté le pas.

Une autre difficulté porte sur le territoire de l'Artsakh, lequel comprend le Haut-Karabakh proprement dit mais également la zone tampon qui l'entoure. Reconnaître la RHK signifie ‘annexer' purement et simplement les villes mortes comme Aghdam ou Fizuli.

A partir de là, il est clair que plus aucune négociation ne sera possible avec Bakou, le fait de savoir si Stépanaguerd sera assis ou non autour de la table des négociations ne voudra plus rien dire et le groupe de Minsk n'aura plus de raison d'être. Sans compter bien évidemment les critiques virulentes des organisations internationales et ses conséquences désastreuses.

Erevan n'est pas Ankara, il n'a pas les reins assez puissants pour y faire face, et de surcroit il ne faudra pas compter sur Moscou pour reconnaître la RHK, comme il l'a fait pour l'Ossétie du Sud et voir débouler ses chars.

N'en déplaise aux optimistes, pour Ilham Aliev cela équivaudra à un Cassius Belli, et il ne restera certainement pas les bras croisés !

Le statu quo est préférable à une guerre.

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Le Centre Arménien d'Etudes Nationales et Internationales (ACNIS) a organisé une table ronde intitulée ‘L'Arménie doit-elle reconnaître la République du Haut-Karabakh ?'


Manvel-Sarkissian1_medium
"En négociant dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE, l'Arménie continue d'accepter la position des autres pays, selon laquelle le statut de la RHK doit être déterminé entre les parties au conflit", a déclaré l'analyste senior de l'ACNIS, Manvel Sarkissian ; et d'ajouter.

"La position des autorités sur la question est divergente. Toutefois, dire que la reconnaissance de la RHK entraverait le processus de paix signifie que : soit les gens sont complètement inconscients du problème, soit qu'ils ont peur de prendre une quelconque décision en ce sens."

"Le N°1 arménien déclare sans cesse que le statut n'est pas négociable, pourtant, il continue d'examiner cette question avec l'Azerbaïdjan, ce qui autorise l'Azerbaïdjan à décider de la question du statut. Aujourd'hui, l'Arménie ne lutte pas contre les Résolutions anti-arméniennes qui sont adoptées par les organisations internationales, et la politique internationale envers l'Arménie se concentre plus désormais sur l'incertitude actuelle concernant le statut de la RHK. Ce même argument est au cœur des convictions des personnes qui sont favorable à une reconnaissance immédiate de la RHK. Si reconnaissance il y a, le schéma des relations internationales, va changer radicalement, ce qui permettra à l'Arménie de défendre l'indépendance de la RHK, en tant que composante de sa politique de relations bilatérales et multilatérales."


Stepan-Safarian-et-Ruben-Ha
Pour le parti ‘Héritage' (Jarankoutioun), le chef du groupe parlementaire, Stépan Safarian, a rappelé que la question de la reconnaissance de l'Artsakh fait l'objet de discussions depuis 18 ans. Il n'est pas d'accord sur le fait que la reconnaissance du Haut-Karabakh par l'Arménie peut provoquer la reprise des hostilités. "Il a été dit à l'époque que ce n'était pas le bon moment pour une reconnaissance, et depuis 1992 cette position n'a pas changé. Aussi, je serai tenté de demander : quand le bon moment viendra-t-il ? Pour nous, la reconnaissance est devenue une nécessité," a-t-il souligné.

De son côté Ruben Hagopian, du Bureau National de ‘Héritage', a déclaré que le meilleur moyen de faire revenir l'Artsakh à la table des négociations, c'est de reconnaitre son indépendance. "Après l'occupation du Nord de Chypre, la Turquie a reconnu l'indépendance de la RTCN et l'a introduite comme participant aux négociations," a-t-il rappelé.

Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de Panarmenian.net



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