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vendredi 22 octobre 2010

Thorbjorn Jagland en Arménie

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Les 47 pays membres du Conseil de l'Europe par l'intermédiaire de l'APCE, ont à plusieurs reprises fustigé l'Arménie suite aux événements tragiques du 1er Mars 2008 qui ont suivi à l'élection présidentielle de Serge Sarkissian. Les quatre résolutions (1609 du 17/04/2008, 1620 du 25/06/2008, 1643 du 27/01/2009 et 1677 du 24/06/2009) ont incité l'Arménie à revoir certains textes de loi et à relâcher des prisonniers politiques. Il n'en demeure pas moins qu'il existe encore des zones d'ombre sur les forces de l'ordre incriminées et les donneurs d'ordre. Comme l'indique le Président Sarkissian, le chemin est encore long concernant les Droits de l'homme et les Libertés.

Lorsque l'on voit comment le pays voisin, puissance régionale, membre du G20 et qui négocie depuis des années pour rejoindre l'UE, fait sienne les valeurs européennes sur les Droits de l'homme et les Libertés, l'on se dit que pour un pays issu de l'ex-URSS, l'Arménie n'a pas à rougir de sa lenteur.

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Le Président Serge Sarkissian a reçu le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, M. Thorbjorn Jagland, et la délégation des participants au Forum 2010 du Conseil de l'Europe sur l'Avenir de la Démocratie.

Le Président Sarkissian s'est félicité du déroulement du forum du CoE en Arménie. Il a salué son rôle dans la protection des droits de l'homme, dans le renforcement des institutions démocratiques et de la démocratie, soulignant l'engagement de l'Arménie aux valeurs européennes.

"Les droits fondamentaux de l'homme et des libertés, la défense des valeurs démocratiques sont parmi les pierres angulaires de notre État. Nous avons parcouru un long chemin dans cette direction depuis l'indépendance. Néanmoins, nous nous rendons compte que nous avons encore beaucoup à faire et nous sommes résolus à poursuivre sur cette route, même si l'on dit qu'elle n'a pas de fin."


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Evaluant le forum d'Erevan comme un événement important tant pour le Conseil de l'Europe que pour l'Arménie, Thorbjorn Jagland a indiqué qu'il était heureux de voir que l'Arménie a été un bon partenaire du Conseil de l'Europe et a salué l'activité du Représentant permanent de l'Arménie au CoE.

"Nous suivons de près les développements en Arménie. Je suis d'accord avec vous que vous avez déjà parcouru un long chemin. La fonction principale du CoE est d'aider les pays à passer par là, ou par cette route, comme je l'appelle. Je partage votre avis que cette route n'a pas de fin, et qu'il y a des obstacles à la démocratie des deux côtés de la route. Plus nous avançons, plus les défis apparaissent."

En réponse à une question sur les personnes arrêtées après les événements du 1er Mars 2008, M. Jagland a déclaré : "Le Commissaire du Conseil de l'Europe aux droits de l'homme a un mandat fort et suit de près ce processus depuis 2008."

Thorbjorn Jagland a indiqué en même temps que le CoE ne peut pas immédiatement interférer sur cette question : "Nous ne pouvons pas interférer avec vos affaires intérieures. Elles doivent être résolues dans le cadre de vos institutions internes. Il serait très difficile pour le Conseil de l'Europe d'assumer la solution des problèmes internes nationaux."

Concernant le conflit du Karabakh, M. Jagland a déclaré : « Le Conseil de l'Europe est engagée dans la défense des droits de l'homme et l'établissement de la démocratie. Il y a un processus en cours et tout le monde déclare que cette question doit être résolue dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE."

Selon Jagland, le CoE a toujours déclaré qu'il contribuera au règlement pacifique du conflit, en organisant des réunions entre les représentants de la société civile des parties en conflit. "Le Conseil de l'Europe peut aider le processus de négociation juste en suivant les parties qui mettent en œuvre leur engagement à bâtir la société civile."

Le Secrétaire général du Conseil de l'Europe lie les relations arméno-turques à la question du Karabakh. Il a indiqué que le CoE a appuyé la signature des protocoles arméno-turcs depuis le début, car ils peuvent faire avancer le dialogue entre l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Turquie.

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"Les actions sur le changement climatique doivent aller au-delà de l'adaptation de nos sociétés face aux risques. Il faut par exemple mettre en œuvre une bonne gouvernance démocratique, car les réponses au changement climatique ne peuvent être séparées de la démocratie et de son futur," a souligné Emin Yeritsian, Vice-président du Congrès, le 20 octobre 2010, durant l'atelier sur ‘des communautés durables pour une démocratie vivante', organisé dans le cadre du Forum pour l'avenir de la démocratie, à Erevan (Arménie). "La bonne gouvernance est au cœur du développement durable des territoires et collectivités, et de leur résilience face aux catastrophes naturelles," a-t-il déclaré.

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Le Forum 2010 du Conseil de l'Europe sur l'Avenir de la Démocratie a achevé ses travaux d'Erevan.

Son Secrétaire général, Thorbjørn Jagland, et le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, ont pris la parole lors de la cérémonie de clôture.


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"Les liens entre l'Arménie et l'Europe sont aussi vieux que le continent européen. Ils datent de l'époque, quand les fils éclairés de notre nation ont contribué à la formation du système de valeurs appelé les valeurs européennes.

L'Arménie va bientôt fêter le 20e anniversaire de l'indépendance. Les 20 dernières années ont été une période de transformations essentielles pour l'Arménie et l'Europe, en général, nous avons essayé d'avancer la main dans la main.

La démocratie est un organisme vivant avec des particularités nationales, régionales et universelles, qui sont constamment en développement. La démocratie doit être continue, sinon elle cessera d'être la démocratie," a souligné le chef de la diplomatie arménienne.

(…)

"Les décisions du Conseil de Sécurité de l'ONU doivent être respectées par tous les Etats membres de l'ONU, comme l'exige la Charte des Nations Unies. Je pense, cependant, qu'il est impossible de trouver des solutions par la force et par des sanctions. Nous espérons que des accords et des solutions aux programmes nucléaires de l'Iran seront trouvés par la négociation et par les efforts conjoints de l'Iran et de la communauté internationale," a poursuivi Edouard Nalbandian, en réponse à la question de savoir si l'Arménie se joindrait aux sanctions contre l'Iran.

Selon le ministre arménien, l'Arménie a un développement dynamique des relations avec l'Iran. "Nous avons de bonnes relations économiques et continuons la mise en œuvre de différents programmes conjoints, particulièrement dans les domaines des transports et de l'énergie. Nos relations sont mutuellement bénéfiques et nous avons l'intention de les développer," a conclu Edouard Nalbandian.

Radio Publique d'Arménie

Pour de plus amples informations voir le site du CoE



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