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jeudi 2 décembre 2010

Discours du Président arménien Serge Sarkissian au Sommet de l'OSCE

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Alors que la déclaration finale était prête avant même que ne commence le Sommet d'Astana, vu que les positions de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan n'ont pas évolué sur l'essentiel, il était utile, voire nécessaire, pour le Président arménien de rappeler les causes du conflit du Karabakh, le comportement des dirigeants azerbaidjanais depuis ces dernières années et les buts réels poursuivis par Bakou.

Dans son allocution du Mardi 30 Novembre devant le parlement azerbaidjanais, Ilham Aliev a déclaré : "L'Etat d'Azerbaïdjan n'accordera jamais l'indépendance au Haut-Karabakh, sa terre originelle. C'est impossible. L'autre partie le sait très bien." Cela devrait donner à réfléchir aux pays coprésidents du Groupe de Minsk sur la sincérité des propos du chef de l'Etat azéri lors des rencontres officielles.

Que les médiateurs internationaux du Groupe de Minsk cherchent à rapprocher deux visions diamétralement opposées et qu'ils veuillent éviter à tout prix une reprise de la guerre, est tout à leur honneur. Là où le bât blesse, c'est qu'à force d'utiliser un langage diplomatique en voulant vexer personne, les déclarations officielles édulcorées perdent de leur sens, et n'ont plus aucun effet.

Ce ne sont pas les conseils avisés des médiateurs qui retiennent Ilham Aliev d'attaquer, mais la réaction de l'Arménie sur les gazoducs et oléoducs azerbaidjanais.

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Deux autres prises de paroles avant le discours de Serge Sarkissian

** Dimitri Medvedev **


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"L'utilisation de la force pour résoudre les conflits est absolument inacceptable. L'OSCE devrait élaborer des principes communs pour régler les conflits afin qu'ils puissent être appliqués de façon permanente et sans sélection," a déclaré le président russe Dimitri Medvedev au Sommet de l'OSCE.

Selon le chef de l'Etat russe, ces principes universels doivent comprendre : "un désaveu de l'usage de la force, le respect des formats de négociation existants et les habitants des zones de conflit."

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** Carl Bildt **


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"Nous devons appuyer pleinement les efforts du Groupe de Minsk pour trouver une solution au conflit du Haut-Karabakh, fondée sur les principes de Madrid. Le réengagement récent de la Géorgie à la non-utilisation de la force pourrait constituer un exemple important. Nous devrions nous réjouir de la l'intensification des négociations de cette année et appeler de nouveau l'Arménie et l'Azerbaïdjan à prendre les décisions nécessaires pour réaliser une percée, et nous encourageons vivement d'autres mesures," a déclaré le ministre des Affaires étrangères de Suède, Carl Bildt, lors du Sommet.

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** Discours du Président Serge Sarkissian **


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Mr le Président Nazarbaiev, Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs,

Cette réunion des chefs d'États participant à l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe est, en quelque sorte, unique. Ce premier sommet de l'OSCE du 21e siècle est la première à se tenir dans l'espace postsoviétique. Je tiens à féliciter les partenaires kazakhs et personnellement le président Noursoultan Nazarbaïev de la présidence active et l'excellente organisation du Sommet.

Les peuples vivant dans la région de l'OSCE ont suivi avec espoir et anticipation la mise en œuvre globale des principes énoncés dans l'Acte final d'Helsinki. Le peuple du Haut-Karabakh qui est l'un d'eux, est en droit d'attendre la mise en œuvre de ces principes et de ses engagements qui sont universels, indépendamment de la taille d'un pays, de sa population, ou des ressources naturelles. Le Haut-Karabakh a proclamé son indépendance en Septembre 1991, suivi par un référendum sur l'indépendance en Décembre, en pleine conformité avec les normes du droit international, et de la législation soviétique qui était en vigueur à l'époque. Avec la désagrégation de l'URSS, deux entités étatiques égales en droit ont émergé : la République d'Azerbaïdjan et la République du Haut-Karabakh.

En réponse à la politique de nettoyage ethnique et à une agression militaire généralisée, déclenchées par l'Azerbaïdjan en 1992 contre le Karabakh, non-reconnu, cependant Etat légitimé du Haut-Karabakh, et face à l'extinction imminente de sa population, la RHK a été contrainte de recourir à son droit de s'auto-défendre dans le plein respect des normes du droit international. Ne pouvant vider le Haut-Karabakh de sa population arménienne par l'action militaire, l'Azerbaïdjan a été contraint en mai 1994 de signer un accord de cessez-le-feu tripartite avec le Haut-Karabakh et l'Arménie. Ce cessez-le feu aurait pu devenir une base pour établir une paix durable dans l'intérêt de la population de la région.

Les 16 années suivantes ont été utilisées par l'Azerbaïdjan, sous couvert de négociations et en contradiction avec les efforts du Groupe de Minsk, pour faire des préparatifs en vue d'une nouvelle aventure militaire. A Bakou, ils pensent que la relation de cause à effet du conflit du Karabakh a été oubliée. En évoquant aujourd'hui la nécessité de récupérer les territoires actuellement sous le contrôle de l'armée d'auto-défense du Haut-Karabakh, l'Azerbaïdjan oublie qu'il est impossible d'éliminer les conséquences de l'agression, sans s'attaquer à la racine du conflit.

Mesdames et Messieurs,

À ma connaissance, l'Azerbaïdjan est le seul pays sur le continent européen qui revendique une augmentation substantielle de ses dépenses militaires. Toutefois, aucune action n'a été prise à l'égard de l'Azerbaïdjan qui dépasse de façon flagrante la limite maximale de possession de matériel militaire, indiquée par le Traité sur les Forces Conventionnelles en Europe, à noter que du matériel offensif lui a été vendu, et notamment par des Etats participants de l'OSCE. Tout cela est accompagné de déclarations belliqueuses et arménophobes par les dirigeants azerbaïdjanais, avec des appels incitant l'animosité, l'agression et la violence. Elles ont atteint un point tel que les responsables azerbaïdjanais ne manquent jamais une occasion de prétendre que la capitale de l'Arménie, Erevan, est située, je cite : « sur les terres historiques azéries ».

Récemment, à l'UNESCO, il a contesté les droits intellectuels au Khatchkar, les pierre-croix chef-d'œuvre de l'art chrétien arménien, insistant sur le fait que le Khatchkar n'est rien d'autre sinon un exemple de l'art azéri. Si cela avait été le cas, on peut se demander quelle était la raison d'être il y a cinq ans, de la destruction barbare de l'un des plus grands monuments de cet art, le cimetière médiéval arménien de Juga avec ses milliers de Khatchkars, et la construction à sa place d'un champs de tir militaire. Incidemment, cela est devenu l'incarnation actuelle d'une politique lancée de longue date et persistante pour l'éradication totale de l'héritage culturel arménien au Nakhitchevan, une région qui bénéficie du degré d'autonomie le plus élevé au sein de l'Azerbaïdjan.


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Chers collègues,

Les tentatives de l'Azerbaïdjan pour extorquer des concessions unilatérales par la menace de l'usage de la force sont vouées à l'échec dès le départ. Ils demeurent le principal obstacle sur la voie d'un compromis et du règlement de ce problème. Et la semaine dernière, j'ai une fois de plus constaté que l'Azerbaïdjan à ce stade n'a aucun intérêt à la résolution du problème du Karabakh. Son seul objectif est d'infliger autant de dégâts que possible à l'Arménie.

L'Arménie refuse catégoriquement d'accepter comme option la reprise des hostilités militaires dans le Haut-Karabakh. En cas d'agression militaire de l'Azerbaïdjan, l'Arménie n'aurait pas d'autre choix que de reconnaître la République de droit du Haut-Karabakh et d'investir toutes ses capacités pour assurer la sécurité de la population de l'Artsakh.

Le Haut-Karabakh n'a pas d'avenir au sein de l'Azerbaïdjan et, quelle que soit la solution, le choix doit émaner de la volonté du peuple du Karabakh. C'est la signification du droit des peuples à l'autodétermination. L'Azerbaïdjan n'a ni fondement juridique, ni politique, ni morale concernant ses revendications sur le Haut-Karabakh.

Chers collègues,

Ce sommet de l'OSCE est d'une importance primordiale pour les activités futures de l'Organisation. Je tiens à souligner la grande contribution du Kazakhstan, le pays assurant la présidence tournante de l'OSCE, à l'organisation de cette réunion tant attendue, et je remercie les hôtes pour leur accueil chaleureux.

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie



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