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vendredi 3 décembre 2010

Le conflit du Karabakh suite au Sommet de l'OSCE

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Les médiateurs du Groupe de Minsk sont loin d'avoir terminé leur mission. Le souhait de voir un jour un Accord-cadre général englobant un début de solution intégrant tous les principes de bases, reste toujours d'actualité. Mais aucun délai n'est fixé pour ce faire.

Les premières réactions de la presse azérie ne laissent pas présager une quelconque modification dans le comportement des dirigeants azerbaidjanais, et de d'autant que la déclaration finale de l'OSCE ne prend pas fait et cause pour Bakou ; pas plus pour l'Arménie d'ailleurs. Elle garde toujours la même trajectoire édictée il y a trois ans.

Le seul qui peut infléchir quelque peu l'entêtement d'Ilham Aliev, est son mentor, à savoir, la Turquie. Seulement voilà, les dirigeants turcs malgré leurs belles paroles, n'ont aucune envie de normaliser leurs relations avec l'Arménie, et ce depuis "l'événement tragique" perpétrés par eux en 1915.

Les questions que l'on peut alors se poser, sont les suivantes : Qu'est-ce qui est le plus important pour Ankara ? Que la situation actuelle au Sud-Caucase perdure, et donc que la Turquie ne puisse pas jouer le rôle qu'elle veut dans la région, avec de plus les ‘casseroles' qu'elle traine vis-à-vis de sa voisine ; ou que cette situation se débloque ?

Si c'est le second cas, alors l'Azerbaïdjan devra abandonner certaines de ses prétentions et se plier aux propositions des Organisations internationales, en clair faire une croix sur un Haut-Karabakh autonome. Mais revers de la médaille, une percée dans le processus arméno-azerbaidjanais impliquera un geste identique de la Turquie dans le processus turco-arménien ; et ça, c'est insupportable.

Ceci explique peut-être cela.

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Réactions arméniennes

** Ruben Safrastian **


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Le directeur de l'Institut d'Etudes Orientales de l'Académie nationale des sciences d'Arménie, Ruben Safrastian, a indiqué que la déclaration conjointe des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, montre que le règlement du conflit du Karabakh a dépassé les limites de la discussion des autres conflits, en tant que document général utilisable sur les principes de résolution d'autres conflits.

"Rien que de très ordinaire s'est passé à Astana. Comme prévu, les pays coprésidents du groupe Minsk de l'OSCE ont adopté un document qui a été le résultat d'un travail continu du groupe de Minsk. Le document ne se rapporte pas uniquement à un principe international spécifique, ce qui est important compte-tenu des tentatives désespérées de Bakou d'imposer la priorité du principe de l'intégrité territoriale à la communauté internationale. Cependant, l'OSCE n'a pas cédé à la pression de l'Azerbaïdjan sur ce point," a explicité l'expert.

Selon lui, l'OSCE estime que la résolution du conflit du Karabakh devra être fondée sur les principes internationaux, qui ont servi de base pour les activités du Groupe de Minsk et où le principe de l'intégrité territoriale n'est plus une priorité.

Safrastian a également relevé que la déclaration attachait une grande importance au maintien du cessez-le feu. Le document indique clairement que le règlement du conflit n'a pas d'autres alternatives que pacifique. De plus, il peut faciliter l'approfondissement du processus de négociation.

Il espère également que : "Le document servira de base aux médiateurs, afin qu'ils deviennent plus attentifs à l'avenir et réagissent de manière adéquate à tous les cas de violation du cessez-le-feu par l'Azerbaïdjan."

** Artak Tavtian **


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"La déclaration cosignée par les trois chefs de délégation des pays coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE et les deux présidents arménien et azerbaïdjanais, a répondu aux attentes et a permis de tirer le cadre pour un règlement pacifique du conflit," a déclaré le député du Parti Républicain, Artak Tavtian.

Selon lui, la nouveauté dans le document est la référence aux Statuts de l'ONU, ce qui était important du point de vue de la consolidation des principes du droit des peuples à l'autodétermination.

Concernant la non rencontre des présidents Sarkissian et Aliev durant le Sommet, le député a ajouté : "Ce n'est pas la première fois que le Président azerbaïdjanais évite une réunion dans une situation difficile. Il ne réussit pas à se débarrasser du syndrome de la désertion.

** Hovsep Kourchoudian **


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Pour le représentant du groupe ‘Héritage', Hovsep Kourchoudian, les attentes négatives l'emportent devant une telle réunion, et l'absence d'étape négative est enregistrée dans le document récurrent, ce qui peut être considérée de manière positive. Selon lui, il n'y a ni régression ni progrès.

** Chavarche Kotcharian **


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"L'isolement de l'Azerbaïdjan dans sa politique destructrice a été encore une fois démontré à Astana. Ce fut une autre tentative par la communauté internationale d'amener l'Azerbaïdjan dans un domaine constructif. Si Bakou veut vraiment résoudre le problème au lieu de maintenir le statut-quo, il faudrait qu'il mette un terme à sa politique destructrice," a déclaré le Vice-ministre arménien des Affaires étrangères, Chavarche Kotcharian. Trois facteurs importants ont été clairement soulignés :

"Premièrement, il n'est pas permis de donner la préférence à l'un des grands principes du droit international, au détriment des autres.

Deuxièmement, l'utilisation de la force est catégoriquement rejetée dans le règlement des conflits.

Troisièmement, il est nécessaire de renforcer le régime de cessez-le feu et de retirer les tireurs d'élite de la ligne de contact."

** Gagik Haroutiounian **


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"L'atmosphère générale était plutôt pro-arménienne, et ce fut la raison pour laquelle le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a refusé de rencontrer son homologue Serge Sarkissian," a déclaré le directeur de la ‘Fondation Noravank', Gagik Haroutiounian. Et de considérer que la référence au Statut de l'ONU était importante.

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Point de vue de la Turquie

** Abdullah Gül **

Le président turc, Abdullah Gül, a indiqué qu'il a discuté avec le président russe Dmitri Medvedev lors du Sommet d'Astana.

"Les liens plus étroits entre Ankara et Moscou ont conduit à des progrès dans la résolution du conflit du Haut Karabakh. Avec la Russie, la Turquie joue un rôle de premier plan en essayant de régler le conflit du Karabakh. Même s'il n'y a pas de point de rupture pour le moment, il y a des mesures positives qui tiennent lieu. Nous menons également une diplomatie silencieuse, mais très déterminée.
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Je crois sincèrement que la situation de facto dans le Caucase n'est dans l'intérêt d'aucun d'entre nous. Chacun devrait avoir la perspective couvrant l'ensemble," a indiqué Abdullah Gül.

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À un groupe de journalistes turcs à Astana, présents au Sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le chef de l'Etat turc a indiqué que le processus de normalisation entamé il y a deux ans avec l'Arménie pour enterrer les animosités pluriséculaires, "n'est pas mort."

"Nous sommes déterminés. Des travaux sont nécessaires pour déterminer de quelle manière et comment cela pourra se faire. Des questions difficiles ne peuvent pas se résoudre en une fois. Un travail persistant est nécessaire et nous y travaillons," a-t-il souligné.

Les remarques de Gül sont intervenues quelques heures après un échange d'invectives sévères lors du Sommet entre le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et son homologue arménien, Serge Sarkissian, sur le conflit du Haut-Karabakh. Selon les observateurs, le mécontentement de l'Azerbaïdjan sur le processus de réconciliation a été l'une des principales raisons de vouloir mettre un terme au processus de négociations. L'Azerbaïdjan prétend que le conflit du Haut-Karabakh est une menace majeure pour la sécurité dans la région et que sa résolution devrait être une priorité, alors que la Turquie propose une progression simultanée des deux processus. Un petit signe de progrès toutefois, les présidents arménien et azerbaïdjanais ont déclaré qu'ils poursuivaient les négociations en vue d'un règlement final.

Gül a également indiqué qu'il avait brièvement parlé à Sarkissian pendant le Sommet et qu'il lui avait confirmé le maintient ferme de la Turquie dans le processus de normalisation et l'importance qu'elle attache au règlement de ces problèmes, au bénéfice de tous, bien évidemment.

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Extraits de

La Radio Publique d'Arménie

PanArmenian.net

Today's Zaman



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