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samedi 15 janvier 2011

Conflit du Karabakh : Le processus de paix se poursuit

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Conformément aux recommandations des médiateurs travaillant sous l'égide de l'OSCE, les pourparlers de paix sur le Karabakh se poursuivent entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Seule différence par rapport à la dernière rencontre : on est passé de 2010 à 2011.

Car les positions, elles, n'ont pas varié d'un pouce :

- L'Arménie est d'accord avec une grande partie des propositions, sous réserve que le Haut-Karabakh ne retourne jamais dans le giron azéri. Les négociations ne portant au mieux que sur les districts entourant l'Artsakh.

- L'Azerbaïdjan est d'accord avec une grande partie des propositions, sous réserve qu'elle récupère les sept districts perdus pendant la guerre et que le Haut-Karabakh retourne dans le giron azéri.

Effectivement les points de discordes sont peu nombreux, mais colossaux en taille.

Les grandes puissances ont décidé de ne pas mettre leur poids dans les négociations, en laissant Bakou piétiner ses engagements, et ce tant que les choses ne se sont pas envenimées. Mais si les incidents de frontière s'aggravent et se transforment en mini-guerre, elles protègeront, à n'en pas douter, d'une manière ou d'une autre, leurs intérêts énergétiques.

En attendant, Bakou ne se gêne pas pour violer le cessez-le-feu sur la ligne de contact et dépenser des milliards en armement. Et pour mieux isoler l'Arménie, elle négocie avec Tbilissi le rachat du gazoduc Russie-Arménie.

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** Sergueï Lavrov **


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Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, recevra ses homologues arménien et azerbaïdjanais à Moscou le 24 Janvier prochain dans le cadre de la poursuite des efforts internationaux pour mettre fin au conflit du Haut-Karabakh.

Lavrov a déclaré que les pourparlers seront centré sur les « deux ou trois » points de blocage qui empêchent la signature d'un accord-cadre de paix arméno-azerbaïdjanais. « Même si ils sont insignifiants en comparaison avec d'autres problèmes qui ont été résolus, ils sont considérés comme plus difficiles, » a-t-il souligné sans plus de précisions.

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** Edouard Nalbandian **


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Lors d'une conférence de presse, le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a déclaré de son côté qu'il pourrait tenir une autre réunion au début du mois prochain avec son homologue azéri, Elmar Mammediarov, en présence des trois diplomates - russe, américain et français - coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE.

Il n'a fait aucun commentaire sur les chances d'une percée dans le processus de négociation. Il a rappelé que les principes de base proposés [1]sont largement acceptables par la partie arménienne.

"L'Arménie a déclaré qu'elle acceptait ces principes de base dans les négociations sur la résolution du conflit du Karabakh et qu'elle les acceptait comme un seul et unique document. Nous croyons qu'un principe ne peut l'emporter sur un autre.

A ce jour, les Azerbaïdjanais n'acceptent qu'un seul de ces trois principes : celui de l'intégrité territoriale", a déclaré Nalbandian, qualifiant la position de Bakou de confuse. "Ils doivent dire clairement ‘oui' ou ‘non'", a-t-il ajouté.

Les dirigeants azerbaïdjanais ont déclaré à plusieurs reprises qu'ils ont largement accepté le règlement proposé et que ce sont les Arméniens qui traînent les pieds.

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Abordant l'entrée au Karabakh, Edouard Nalbandian a déclaré que le Haut-Karabakh a accueilli tous les citoyens étrangers qui désiraient visiter la région, en dépit de la menace qu'ils pourraient être déclarés persona non grata en Azerbaïdjan.

"En dépit de cette politique, les journalistes, politiciens et des personnalités de la culture visite du Haut-Karabakh pour tout voir de leurs yeux. L'approche azerbaidjanais n'est pas compréhensible, car Bakou essaie de couvrir ses mensonges à propos du Karabakh ainsi que ses crimes commis en Artsakh. Les étrangers ont visité le Karabakh et continueront de le visiter, sans demander la permission de Bakou. Une autre question se pose : pourquoi Bakou ne donne pas d'autorisations pour visiter le Nakhitchevan ? Très probablement parce que les autorités azerbaïdjanaises ne veulent pas que le monde entier puissent voir les monuments arméniens détruits. Je ne pense pas qu'il s'agit d'une politique clairvoyante, pas plus qu'elle rapportera à Bakou les résultats escomptés," a déclaré le ministre Nalbandian.

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Pour ce qui concerne les déclarations ("monstrueux … à démolir") du Premier ministre turc Recep Erdogan concernant la statue dédiée à l'amitié turco-arménienne située dans la province orientale de Kars, Edouard Nalbandian a déclaré :

"Ces déclarations ne peuvent qu'endommager les efforts de normalisation de nos relations bilatérales. La communauté internationale n'a pas encore oublié les déclarations similaires faites précédemment. Nous ne pouvons que regretter cette déclaration de M. Erdogan."

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"Quant à la normalisation des relations avec la Turquie, l'Arménie n'a pas modifié sa position : la ratification des protocoles doit se faire sans conditions préalables. La Turquie seule doit changer sa position.

La Turquie poursuit la même politique qu'avant 2008, avant la signature les documents en question. La communauté internationale attend de la Turquie qu'elle ratifie les documents sans conditions préalables et qu'elle respecte les accords, ce qui est essentiel pour faire des progrès. L'Arménie a fait de son mieux, c'est maintenant à la Turquie de franchir la prochaine étape," a souligné Nalbandian.

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** Le gaz azerbaidjanais toujours aussi convoité **

L'Azerbaïdjan et l'Union européenne ont signé un accord pour l'approvisionnement en gaz de l'UE à long terme. L'accord consiste à établir un corridor gazier Sud afin de réduire la dépendance européenne au gaz russe.
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"C'est une percée majeure. Cette nouvelle route de ravitaillement va renforcer la sécurité énergétique des consommateurs européens et des entreprises," a déclaré le Président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, dans un communiqué après la signature de l'accord avec le président Ilham Aliev. Et d'ajouter :

"Ce corridor est dans notre intérêt stratégique à tout deux. L'Azerbaïdjan veut diversifier ses exportations et l'UE, ses importations."

L'entente est une étape importante vers la réalisation de ce qui a été appelé le corridor gazier méridional, un système de plusieurs pipelines permettant d'acheminer vers l'Europe le gaz de la mer Caspienne et du Moyen-Orient, rapporte Deutsche Welle.

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Le Président de la Société pétrolière nationale de la République d'Azerbaïdjan (SOCAR), Rovnag Abdullayev, a indiqué son intention de poursuivre ses travaux en vue de la privatisation de la section géorgienne du gazoduc Russie-Arménie.

Les négociations avec le gouvernement géorgien et la société ‘Oil & Gas' sont actuellement en cours. "L'Azerbaïdjan compte utiliser le pipeline pour exporter son gaz vers la mer Noire," a-t-il précisé.

Selon l'agence APA, la Géorgie a déjà supprimé ce gazoduc de la liste de ses projets stratégiques.

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Extraits de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net




[1] Intégrité territoriale – Non recours à la force ou à sa menace – Droit à l'autodétermination du Haut-Karabakh.


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