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vendredi 14 janvier 2011

La Russie et l'OSCE n'oublient pas le Haut-Karabakh

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Si les médiateurs internationaux à l'issue du Sommet de l'OSCE d'Astana, ont tracé la marche à suivre pour les parties en conflit, il devient clair qu'en s'écartant des recommandations l'intéressé se mettra en faute. Du moins telle devrait être la logique.

Hors, force est de constater que depuis un mois et demie que le document a été signé dans le format ‘3+2', c'est-à-dire les trois pays coprésidents du groupe de Minsk plus les deux pays en conflit, l'un des signataires a du mal à respecter ses engagements - l'Azerbaïdjan pour ne pas la citer.

En plus de bafouer les principes du droit à l'autodétermination des peuples et du non usage de la force ou de sa menace, Bakou se lance dans une campagne de dénigrements de l'Arménie et des Arméniens se trouvant au Karabakh, tout en essayant de porter la résolution du conflit sur d'autres organisations internationales.

Le laxisme face à ces dérapages des trois grandes puissances qui coprésident le groupe de Minsk – Russie, Etats-Unis et France – encourage le président Ilham Aliev à poursuivre ses errements non-constructifs.

Les hydrocarbures de la mer Caspienne y seraient-ils pour quelque chose ?

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** Lavrov et le conflit du Karabakh **


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"La chose la plus importante à ce stade est de ne pas interférer avec le processus, parce que dès que des organisations comme l'ONU ou l'OSCE entrent dans la mêlée, le problème se déplace dans l'arène de la polémique publique. À ce jour, nous avons été en mesure la plupart du temps de traiter de telles questions grâce aux efforts de notre président - et je l'ai personnellement constaté -, qui a aidé les présidents azéri et arménien en favorisant un climat propice à trouver des solutions," a déclaré le ministre des Affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, en parlant du règlement du conflit du Karabakh.

Et d'ajouter que la Russie avait l'intention de poursuivre ses efforts dans cette voie.

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** Audronius Ažubalis réitère les engagements de l'OSCE **


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Lors de son discours inaugural au Conseil permanent de l'OSCE à Vienne, le ministre lituanien des Affaires étrangères, Audronius Ažubalis, qui assure la présidence de l'OSCE, a exhorté les États membres à se concentrer sur la résolution des conflits existants, à réaliser des progrès concrets dans la lutte contre les menaces transnationales et à sauvegarder les libertés fondamentales. Ažubalis, s'exprimant sur le 20e anniversaire des événements de Vilnius, qui ont conduit à l'indépendance de la Lituanie vis-à-vis de l'Union soviétique, a déclaré :

"Notre courage a été étayé avec la solidarité des pays de l'OSCE. La Lituanie a été soutenue par des rassemblements pacifiques à Kiev, Varsovie, Moscou, Washington et Stockholm, par la société civile et les gouvernements de la plupart des États membres de l'OSCE.

Au cours des 20 dernières années, les Etats membres ont fait de grands progrès, individuellement et collectivement. Hélas, des problèmes demeurent, et nous avons encore à relever des défis, mais les progrès sont indéniables.

Ce que nous avons là, nous devons être en mesure de le faire maintenant sur les différends non résolus. Ce n'est pas juste une question pour la présidence mais pour nous tous. Résoudre les conflits existant dans l'espace de l'OSCE, d'une manière pacifique et négociée, doit être notre plus grand engagement," a-t-il ajouté.

Il a dit que la présidence appuiera à une reprise des négociations sur la Moldavie dans un format "5+2", à l'utilisation du processus de Genève pour rétablir la confiance et de travailler au rétablissement d'une présence significative de l'OSCE en Géorgie, et à un plus grand soutien aux engagements des coprésidents du Groupe de Minsk pour relancer les négociations politiques sur le Haut-Karabakh.

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** Alexander Markarov met en avant le droit à autodétermination **


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"Ce qui est important pour l'Arménie est l'application du droit à l'autodétermination dans la résolution de différents conflits plutôt que le référendum lui-même," a déclaré le directeur de la branche arménienne de l'Institut des pays de la CEI, Alexander Markarov, lors d'une conférence de presse aujourd'hui s'appuyant sur l'exemple du Soudan.

"Le référendum au Sud-Soudan a montré que le droit des peuples à l'autodétermination n'est pas un élément figé du droit international. Le peuple du Sud-Soudan a exercé son droit à l'autodétermination conformément à l'accord conclu avec l'Etat de tutelle. L'autodétermination du Haut-Karabakh a eu lieu sur la base des lois de 1990," a-t-il souligné.

Il a rappelé que le Haut-Karabakh a tenu un référendum il y a 20 ans et que les résultats sont très clairs : l'Artsakh n'a aucun fondement juridique et moral à être sous la juridiction azerbaïdjanaise.

Et d'ajouter que : "La tentative d'auto-détermination du Sud-Soudan sera un atout pour l'Arménie dans les négociations sur le Haut-Karabakh. Mais contrairement au gouvernement du Soudan, les autorités azerbaïdjanaises n'affichent aucune une volonté politique dans ce sens."

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** La RHK et les visiteurs étrangers **


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Dernièrement, des informations émanant du ministère polonais des Affaires étrangères sur la visite du député européen, Thomas Poreba, à la République du Haut-Karabakh en Décembre dernier, et placées sur le site de l'Ambassade de Pologne d'Azerbaïdjan, sont devenues un sujet de spéculations pour la machine de propagande de Bakou.

"Certes l'information sur la visite inopportune revêt un caractère de recommandation-information, sans plus de détails. Bakou à son habitude, a monté l'affaire en épingle. Il faut dire que la position des autorités polonaises semble étrange, car ce pays est l'un des initiateurs du programme européen du partenariat de l'Est sur la base des principes de la démocratie et du droit international. Est-ce que les autorités polonaises violent les droits et les libertés de leurs propres citoyens ? Surtout que personne n'a abrogé les conventions internationales sur le droit à la libre circulation et la réception/diffusion d'une information véridique. Il est tout à fait approprié de demander au ministre polonais des Affaires étrangères, Sir Radoslav Sikorsky, si cette restriction concerne également le citoyen polonais Andrzej Kasprzyk," a déclaré dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères de la RHK.

"Peu de gens sont impressionnés par les menaces des dirigeants azerbaidjanais. Malgré le fait que Bakou considère les visites de ressortissants étrangers en Artsakh comme un crime, des dizaines de milliers de citoyens étrangers - touristes, personnalités politiques, hommes d'affaires, artistes, journalistes, y compris des représentants des Etats qui entretiennent des relations plus amicales avec l'Azerbaïdjan, - notamment la Turquie – ont visité la RHK après la proclamation de son indépendance.

En outre, le nombre de touristes étrangers visitant l'Artsakh, y compris des Etats de l'UE, est en constante augmentation. Beaucoup d'étrangers ont visité notre pays à plusieurs reprises. Pour la première fois en 2010, nous avons même vu des citoyens gabonais et ivoiriens.

Ceci prouve que l'intérêt pour l'Artsakh est en augmentation dans le monde d'année en année, en dépit de l'opposition active de l'Azerbaïdjan et la déclaration des citoyens étrangers qui visitent la RHK comme personae non grata. Les touristes sont attirés entre autres par les monuments historiques, une nature riche, une bonne écologie. Mais, la principale richesse du pays, selon eux, est de la bienveillance de son peuple et son l'hospitalité.

Certes, la RHK accordera désormais une attention particulière aux citoyens polonais qui, sans tenir compte des interdictions artificielles, se rendront dans notre pays," conclu le ministère.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



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