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vendredi 4 février 2011

Haut-Karabakh : Les négociations ont du mal à repartir

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

L'Azerbaïdjan élargit son champ d'actions et critique tous ceux qui soutiennent de près ou de loin l'économie arménienne. Compte-tenu des relations tendues qu'il entretient avec sa voisine du Sud depuis que celle-ci commerce librement avec son ennemi juré, l'Arménie, le dernier Accord énergétique a fait déborder le vase.

Celle fait plus d'un an que Bakou négocie avec Tbilissi le rachat du tronçon du gazoduc Russie-Arménie qui traverse le territoire géorgien. Officiellement pour augmenter ses capacités d'exportation vers l'UE dans le contexte des projets Nabucco et South Stream. En fait devenir propriétaire de ce tronçon, va permettre à Bakou de couper, en partie, l'approvisionnement en gaz russe de l'Arménie, et renforcer ainsi le blocus actuel. Aussi, la construction de nouveaux pipelines arméno-iraniens est totalement contraire à sa stratégie.

Les Azéris devraient lire ou relire l'histoire officielle de la région, au lieu de se contenter de celle de leurs historiens, pour voir que les Arméniens durant ces deux ou trois derniers siècles ont toujours entretenu de bonnes relations avec les Iraniens et avec les Arabes, et notamment avec ces derniers, subissant le joug ottoman.

Pour Bakou, du moment que l'on fait partie de l'Organisation de la Conférence Islamique, on se doit d'être anti-Arméniens. C'est clair qu'avec un raisonnement aussi basique et simpliste vouloir jouer un rôle important dans la région, relève des doux rêves du sieur Aliev.

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** Les Azéris tancent vertement les Iraniens **


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Bakou a fait part à l'Iran de sa ferme désapprobation relatif à l'approfondissement des liens commerciaux avec l'Arménie. Les élus pro-gouvernementaux du Parlement azerbaïdjanais accusent Téhéran de poursuivre une politique ‘anti-azerbaïdjanaise' dans la région.

Dans une série de déclarations au Parlement en des termes vigoureux, ils ont exigé du gouvernement azerbaïdjanais de réexaminer et de réduire ses relations avec les Iraniens.

"L'Iran a toujours une politique dirigée contre l'Azerbaïdjan. Même l'annulation unilatérale par Téhéran du régime des visas est une composante de sa stratégie anti-azerbaïdjanaise. Il exporte illicitement des stupéfiants vers notre territoire et soutient l'Arménie par tous les moyens. J'appelle les Azerbaïdjanais à cesser les visites dans ce pays voisin en signe de protestation," a déclaré le député Zahid Oruj.

"La politique anti-azerbaïdjanaise mise en œuvre par les autorités iraniennes a été plus active ces derniers temps, et c'est une source de préoccupation pour Bakou," a déclaré un autre député fidèle au président Aliev.

Les députés ont particulièrement mal digéré la dernière visite à Téhéran du ministre arménien de l'Énergie, Armen Movsissian, où les deux gouvernements, arménien et iranien, ont réaffirmé la mise en œuvre de projets communs d'énergie.

Ainsi, le ministre iranien du Pétrole, Massoud Mirkazemi, a indiqué qu'ils allaient se lancer dans la construction d'un nouveau pipeline destiné à fournir de l'essence et d'autres produits pétroliers. Les deux parties ont également l'intention de lancer prochainement la construction de deux centrales hydro-électriques sur le fleuve Araxe, qui marque la frontière arméno-iranienne.

"Cet accord [de pipeline] entre l'Arménie et l'Iran menace directement les intérêts de l'Azerbaïdjan. La partie iranienne ne prend pas les intérêts de l'Azerbaïdjan en compte et considère l'Arménie comme faisant partie de ses amis," a déclaré Azay Guliev, un autre député pro-Aliev.

L'Iran a signé à plusieurs reprises des Résolutions de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), accusant l'Arménie d'avoir agressé et occupé l'Azerbaïdjan. Mais cela n'a pas empêché la République islamique de développer une relation chaleureuse avec son unique voisin chrétien.

Le président iranien Ahmadinejad a toujours encouragé la mise en œuvre des projets arméno-iraniens. En visite à Bakou en Novembre dernier, il a pris soin de ne pas prendre parti dans le conflit du Haut-Karabakh. Dans sa réponse, Ilham Aliev a considéré Ahmadinejad comme un ‘frère' et a affirmé que les relations irano-azerbaïdjanaises sont actuellement ‘au plus haut niveau.'

Les politiciens et les experts azerbaïdjanais accusent depuis longtemps les dirigeants iraniens d'hypocrisie. Le gouvernement azerbaïdjanais a évité jusqu'à présent de proférer de telles accusations, mais a demandé à l'Iran de se joindre à Azerbaïdjan et la Turquie pour renforcer le blocus de l'Arménie.

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** Audronius Ažubalis et Sergueï Lavrov **


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"Nous allons travailler pour reprendre les négociations officielles sur la Transnistrie, dans le format ‘5+2'. Nous soutenons les discussions internationales de Genève et les efforts des coprésidents du Groupe de Minsk pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh et promouvoir la confiance entre les deux parties. Dans ce contexte, nous appuyons les efforts de la Russie visant à faire progresser les négociations vers un règlement", a déclaré le ministre des Affaires étrangères lituanien, Audronius Ažubalis, présidant actuellement l'OSCE, lors d'une réunion avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.

"Il est nécessaire de prendre en compte la nécessité de résoudre pacifiquement les conflits et les positions des parties. Il ne faut pas permettre de créer des problèmes humanitaires à la population dans les zones de conflit. Chaque conflit a ses propres particularités, Aujourd'hui, nous avons discuté du conflit du Haut-Karabakh, dans lequel la Russie joue un rôle actif," a déclaré de son côté M. Lavrov.

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Extrait de Armenialiberty et de Radiolour



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