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jeudi 24 février 2011

La Turquie mécontente de la France

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Traduction Gérard Merdjanian -commentaires

Les gestes de bonnes volontés de la France envers la Turquie, en bloquant par exemple la pénalisation du déni du génocide des Arméniens ou en lançant l'année de la Turquie, ne suffisent pas à calmer Ankara. Monsieur Erdogan désire absolument rentrer dans l'UE et ce par la grande porte.

Le problème c'est que l'UE a eu les yeux plus gros que le ventre. La digestion des dix derniers venus en 2004 n'est toujours pas terminée, et la crise monétaire n'a rien arrangé du tout. C'est avant tout une Europe économique, comme la définissait très bien son ancienne dénomination, CEE. Il suffit d'écouter les déc larations des grands dirigeants européens dès qu'on aborde les problèmes politiques et/ou militaires. Alors passer à 28 voire à 29 risque fort de prendre du temps.

Il n'y a que l'agglomération d'Istanbul qui peut se targuer d'être à l'heure européenne, les 96% du territoire sont à l'heure anatolienne, où l'on est à mille lieux des Valeurs de l'Europe.

Aussi, insister par les temps qui courent à vouloir absolument rentrer dans le ‘Club', n'est pas très rationnel, sauf si l'on a d'autres visées derrière la tête.

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* Des relations France-Turquie *

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a tancé le président Nicolas Sarkozy disant que la Turquie méritait mieux, avant sa courte visite à Ankara en tant que président du G20.
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"Sarkozy a insisté sur le fait que la visite sera ‘très courte' d'à peine ‘cinq ou six heures'," a déclaré un haut diplomate turc la semaine dernière, en exprimant l'espoir que les deux côtés trouveront le temps de discuter de questions autres que celles liées au G20, dont la France assure actuellement la présidence.

Dans un entretien avec l'AFP, M. Erdogan a déclaré que la nature de la visite éclair ne reflète pas ‘le niveau de l'amitié' entre les deux Etats, compte-tenu des obstacles dressés devant Ankara, relatifs aux négociations d'adhésion à l'UE.

"Je le dis franchement : nous aurions aimé lui [Sarkozy] souhaiter la bienvenue en tant que président de la France, mais vendredi il vient ... en tant que président du G20. Je pense donc que ce n'est pas une visite qui se situe au niveau de l'amitié entre nos deux pays ... la Turquie et les liens turco-français méritent mieux que cela.

Nous regrettons également que Nicolas Sarkozy n'ait pas encore visité la Turquie en qualité de Président de la France depuis son arrivée au pouvoir il y a quatre ans. Le président de la Turquie s'est rendu en France et j'ai fait de même, en tant que Premier ministre", a-t-il ajouté.

Rappelons que Sarkozy a toujours déclaré que la Turquie n'appartient pas à l'Europe, et que de concert avec la chancelière allemand, Angela Merkel, ils préconisent un partenariat privilégié plutôt qu'une adhésion complète d'un pays musulman de près de 73 millions d'habitants ; idée qu'Ankara rejette catégoriquement.

La France a bloqué l'ouverture de plusieurs chapitres sur les 35 prévus avant l'adhésion complète, contribuant ainsi à un ralentissement qui menace de mener le processus dans une impasse.

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* Commentaires de la FRA *


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Pourquoi l'Europe ne désire pas voir la Turquie adhérer à l'Union européenne, et confier différents postes de direction dans différentes structures européennes et internationales aux autorités turques ?

"En fait, l'Europe ne souhaite pas rompre ses liens avec la Turquie. Elle veut qu'Ankara serve de pont entre l'Occident et le monde islamique", a déclaré le directeur du Bureau Hay Dat et des Affaires politiques de la Fédération Révolutionnaire arménienne (FRA-Dachnaktsoutioun), Kiro Manoyan.

Quant aux relations Arménie-Turquie,

Malgré qu'elles soient gelés, elles sont toujours dans la tourmente, et ce pour deux raisons.

"Premièrement, l'émissaire de la Turquie va arriver en Arménie pour parler de sa candidature au poste de Secrétaire général de l'OSCE. Deuxièmement, le Conseil National de Sécurité turc a demandé à ses diplomates à l'étranger de participer aux commémorations du 24 avril pour les victimes du génocide arménien."

Selon Manoyan, la Turquie essaie d'influer sur l'Arménie pour qu'elle s'abstienne de dénoncer les protocoles. Ce qui aidera la Turquie à faire pression sur Erevan par des pays tiers.

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



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