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vendredi 25 mars 2011

Haut-Karabakh : Rapport de la Mission d'observation internationale

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Premièrement : A l'inverse de l'Azerbaïdjan qui a toujours refuser de faire visiter : - les sites où vivaient des Arméniens (Chaoumian), - le cimetière arménien multiséculaire du Nakhitchevan (Djougha) comportant plusieurs milliers de Khatchkar détruit de fond en comble par l'armée azerbaidjanaise, - et plus récemment les positions avancées azéries sur la ligne de contact au Karabakh ; les autorités de la RHK ont accompagnés les Observateurs internationaux où bon leur semblaient dans la zone tampon.

Deuxièmement : La mission s'est essentiellement occupée de l'état des villes et des villages habités essentiellement par les Azéris avant la guerre, laissant de côté des lieux restaurés comme Latchine ou Chouchi.

Cette situation « d'abandon » signifie plusieurs choses.

1- Que les Arméniens d'Arménie n'ont pas colonisé les territoires pris à l'ennemi, et que les quelques colons qui y résident sont des réfugiés ayant abandonné leurs biens suite aux pogroms orchestrés par Bakou. De plus, n'étant plus citoyen azerbaidjanais, ni citoyen d'Arménie, et ne pouvant être citoyen de la RHK, ils sont sans-papiers.
2- Que la majorité des villes conquises (Aghdam, Fizuli, Djebraïl, …) sont inhabitées et laissées en l'état, d'où leurs dégradations. Ceci est aussi valable pour les mosquées et les cimetières musulmans.
3- Là où vivaient de nombreux Arméniens (Chouchi, Kelbadjar, …), les bâtiments ont été restaurés, y compris les mosquées et les cimetières musulmans.

Si du temps de Haydar Aliev, il avait été envisagé de céder certains parties de la zone de sécurité entourant le Haut-Karabakh moyennant des assurances de la communauté internationale et la reconnaissance de la RHK par Bakou ; les revenus des hydrocarbures ont transformé le visage du clan Aliev, et ont déclenché le comportement haineux et anti-arménien de son fils Ilham qui lui a succédé à la tête de l'Etat.

Comme le dit très clairement le rapport : « les coprésidents ont constaté les conséquences désastreuses du conflit du Haut-Karabakh et l'impossibilité de parvenir à un règlement pacifique. »

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Rapport de la Mission d'évaluation sur le terrain des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE dans les territoires occupés de l'Azerbaïdjan entourant le Haut-Karabakh

Extraits


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Du 7 au 12 Octobre 2010, les coprésidents du Groupe de Minsk ont mené une mission d'évaluation dans les sept districts azerbaïdjanais occupés entourant le Haut-Karabakh. L'évaluation a porté sur la situation globale, tant sur les aspects humanitaires qu'autres. Les coprésidents étaient accompagnés par le Représentant personnel du Président de l'OSCE et de son équipe, qui ont fourni un soutien logistique, de deux experts de l'UNHCR et d'un membre de la Mission de l'OSCE de 2005. C'est la première mission dépêchée par la communauté internationale dans ces territoires depuis 2005, et la première visite par le personnel de l'ONU en 18 ans.

En parcourant plus de 1.000 km, les coprésidents ont constaté les conséquences désastreuses du conflit du Haut-Karabakh et l'impossibilité de parvenir à un règlement pacifique. Les villes et les villages qui existaient avant le conflit sont abandonnés et presque entièrement en ruines. Même s'il n'existe aucun chiffre fiable, la population totale est estimée à environ 14.000 personnes, vivant dans des petites localités et dans les villes comme Latchine ou Kelbadjar. Les coprésidents ont constaté qu'il n'y a pas eu de croissance significative de la population depuis 2005. Les colons, pour la plupart d'origine arménienne, sont des réfugiés ayant fui l'Azerbaïdjan, ils vivent dans des conditions précaires, avec des infrastructures insuffisantes, il y a peu d'activité économique et l'accès aux services publics est limité ; notamment concernant les papiers d'identité. Pour des raisons administratives, les sept districts, l'ancienne Région Autonome du Haut-Karabakh et quelques autres zones, ont été redécoupés en huit nouveaux districts.

La dure réalité de la situation dans les territoires a renforcé l'opinion des coprésidents que le statu quo est inacceptable, et que seul un règlement pacifique et négocié peut apporter la perspective d'un avenir meilleur et plus sûr pour les gens qui ont vécu dans ces territoires et ceux qui y vivent maintenant.

Les coprésidents prient instamment les dirigeants de toutes les parties à éviter toute activité dans les territoires et dans les autres zones en litige qui pourrait nuire à un règlement définitif ou changer le caractère de ces zones. Ils recommandent également que des mesures soient prises pour préserver les cimetières et les lieux de culte dans ces territoires et clarifier le statut des colons qui n'ont pas de pièces d'identité. Les coprésidents ont l'intention d'entreprendre des missions dans d'autres régions touchées par le conflit du Haut-Karabakh, et d'inclure dans ces missions des experts des Agences internationales ad hoc impliquées dans la mise en œuvre d'un règlement de paix.

(…)

Les coprésidents comptent réitérer leur mission d'évaluation afin que toutes les parties aient une vision de la façon dont ces observations pourraient contribuer à la paix et la prospérité, plutôt que d'être une source de tensions et de conflits.

D'ici là, les médiateurs vont entamer un nouveau périple dans la région dans un proche avenir, et poursuivre les discussions sur les principes de base, en s'appuyant sur la dynamique positive du Sommet de Sotchi du 5 Mars. Ils comptent également élaborer avec leurs interlocuteurs des mesures concrètes pour respecter les engagements pris à Sotchi, et plus particulièrement concernant les enquêtes sur les violations du cessez-le-feu - avec la participation de tous les côtés.

Notant l'importance permanente des contraintes subis par les deux côtés tant sur le terrain que dans les déclarations publiques, les coprésidents considèrent comme inacceptable toute utilisation de la force ou de la menace de la force, y compris contre des vols civils. À cet égard, ils condamnent fermement le cycle insensé des tirs meurtriers et des représailles le long de la ligne de front. Ils réitèrent leur position de longue date, que toutes les parties doivent préparer leurs populations à la paix, et non à la guerre.

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Commentaires d'officiels arméniens

Le document ne fait aucune mention au développement des infrastructures de l'Artsakh, au développement des sphères économique, sociale et culturelle dans la république. Seuls sont décrits les détails horribles de la dévastation et de la pauvreté qui règne dans ces territoires.

Quel est le but de ce rapport ? Deux explications viennent à l'esprit.

La première : l'OSCE pousse l'Arménie à céder les territoires à l'Azerbaïdjan. Cependant, les médiateurs ne parviennent pas à prendre en compte que Stepanakert ne cédera pas un pouce de terrain, libéré par le sang des soldats arméniens. Toute pression de ce genre ne peut que conduire les Karabakhis à interdire les visites afin de protéger les régions libérées. Si la situation venait à se dégrader fortement, il n'est pas impossible que des morceaux du Haut-Karabakh, actuellement occupés par les Azéris, par exemple Chaoumian, soient récupérés.

La deuxième : Le rapport est destiné à apaiser l'Azerbaïdjan, qui menace constamment de reprendre les hostilités. Les menaces de Bakou d'abattre des avions civiles à destination de l'aéroport de Stepanakert, semblent avoir également joué un rôle important. Mais combien de temps les médiateurs parviendront-ils à maintenir l'espoir des Azerbaïdjanais que ces territoires seront libérés un jour ? En attendant, Bakou s'arme activement et annonce sa volonté de reprendre par la force ce qui tarde à venir par la paix, ils ne croient plus aux évaluations théoriques des médiateurs parlant d'un long délai de résolution, et tôt ou tard ils essayeront de mettre leurs paroles en actes.

Ainsi, le rapport des médiateurs, qui avait comme objectif principal d'aider au règlement pacifique du conflit du Karabakh, risque de jeter grâce à eux de l'huile sur le feu, avec comme seul résultat possible - une guerre.

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



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