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lundi 14 mars 2011

Haut-Karabakh : Un projet turco-azéri pour résoudre le conflit

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Ceux qui s'attendent à un scoop en seront pour leurs frais. C'est le plan proposé depuis des années par Bakou lors des réunions bipartites d'abord, et tripartites maintenant. Plan refusé par l'Arménie, car basé uniquement sur l'intégrité territoriale, faisant fi du principe d'autodétermination des peuples.

En quelques mots. Les troupes arméniennes se retirent en totalité non seulement de la zone tampon mais également du Haut-Karabakh. Un ‘million' d'Azéris se réimplantent dans la région aux côtés des 155.000 Arméniens présents, le tout sous administration azérie. A une date indéterminée, cette population votera pour préciser le degré d'autonomie qu'elle désire au sein de la république d'Azerbaïdjan.

On revient exactement à la situation du Haut-Karabakh d'avant les événements quand elle s'appelait : Région Autonome du Haut-Karabakh de la RSS d'Azerbaïdjan. A croire qu'il ne s'est rien passé durant ces douze dernières années.

Strictement rien n'est lâché côté azéri. Ce n'est plus une négociation mais un diktat !

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Le journal turc Hurriyet Daily (voir le détail ci-après) a publié un entretien avec le Vice-ministre des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan, Araz Azimov, où il parle d'un plan Ankara-Bakou pour le règlement du conflit du Haut-Karabakh partagé avec les médiateurs internationaux.


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"Le scénario de règlement présenté par M. Azimov est un fantasme. Il a été dit à maintes reprises que la Turquie n'a rien à voir dans le processus de règlement et ferait mieux s'abstenir de toute ingérence, si elle veut vraiment ne pas nuire à ce processus," a déclaré en substance le porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères, Tigrane Balayan, en réponse à la publication du quotidien Hurriyet.

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Le projet est basé sur une compréhension mutuelle normalisant les relations de l'Arménie avec la Turquie et l'Azerbaïdjan. Le projet par étapes prévoit le retrait progressif des Arméniens des territoires azerbaïdjanais, ainsi que l'ouverture de la frontière turco-arménienne.

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"Le statut du Karabakh, un territoire azerbaïdjanais occupé par les forces arméniennes, sera défini dans la phase finale du plan. C'est la seule approche pratique pour quelqu'un qui est vraiment intéressé à résoudre la question du Karabakh", a déclaré le vice-ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Araz Azimov, au quotidien ‘Hürriyet Daily - Revue Economique' lors d'un voyage à Ankara la semaine dernière.

Les entretiens du dirigeant azerbaïdjanais dans la capitale turque, ont porté sur les détails d'un nouveau projet de coopération entre les deux pays, ainsi que sur les négociations sur le Karabakh. Cet entretien précède le prochain voyage du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Moscou.

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Projet


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"Cette proposition d'une approche par étapes pour résoudre le conflit du Karabakh a été, dans une certaine mesure, une ossature pour les coprésidents. Vous avez des Arméniens dans ces territoires. Mais ces territoires appartiennent à l'Azerbaïdjan. Les Azerbaidjanais doivent aussi y vivre. Vous devez donc avoir une combinaison avec ces deux populations dans le cadre d'un processus par étapes garantissant une non-inversion," a déclaré Azimov, vice-ministre depuis 1994, ayant participé au processus de Minsk depuis 1992 et travaillant activement avec les ambassadeurs turcs Candan Azer, Deryal Batibay et Ünal Çeviköz.

Le projet commun, partagé avec les acteurs internationaux du Groupe de Minsk – américain, russe et français -, outre la normalisation des relations de l'Arménie avec ses deux voisins, cherche aussi à ramener les Arméniens du Karabakh à une vie normale au sein de l'intégrité territoriale d'Azerbaïdjan.

"La légalité doit être établie, la normalité doit être ramenée et c'est seulement après que l'on peut décider du statut définitif avec la participation des deux communautés azerbaïdjanaise et arméniennes."

"Aujourd'hui, nous avons 65.000 à 70.000 Azéris expulsés du Haut-Karabakh qui voudraient revenir dans leur foyer. Nous avons également 750.000 Azerbaïdjanais qui habitaient dans les sept autres districts entourant le Haut-Karabakh. Il s'agit d'une approche par étapes où chaque étape est basée sur la précédente. Nous ne pouvons pas commencer à coopérer sans la restitution des territoires, nous ne pouvons pas retourner dans nos foyers sans le retrait arménien des territoires," a-t-il précisé.

Selon ce projet, l'Arménie doit retirer ses troupes de tous les districts à savoir : Aghdam, Fizuli, Djebraïl, Zengilan, Kubatli, Latchine, Kelbadjar et bien sûr du Haut-Karabakh. La dernière étape sera le retour des Azerbaïdjanais dans le Haut-Karabakh.

La première étape consiste à ce que l'Arménie retire ses troupes de cinq districts, Aghdam, Fuzuli, Djebraïl, Zengilan et Kubatli. Phase qui comprend en outre l'ouverture de la frontière arméno-azerbaïdjanaise. Cette étape doit être consolidée par les forces internationales, garantissant ainsi le retour des réfugiés. L'ouverture de la frontière entre la Turquie et l'Arménie fait également partie de la première étape.

Cinq ans après cette étape, l'Arménie se retirera de toutes les autres régions, la population arménienne du Karabakh aura des garanties de sécurité, et les préparatifs pour le retour des Azerbaïdjanais dans le Haut-Karabakh commenceront.

Lorsque les parties jugeront le moment possible et abordable, ils se pencheront sur le problème du statut. Interrogé sur le calendrier pour les discussions sur le statut du Karabakh, Azimov a répondu : "Dieu seul le sait." Et d'ajouter :

"Seuls quelques pays sont vraiment intéressés à régler la question. Je pense que la Turquie et l'Azerbaïdjan sont parmi ceux-là."

Extraits de la Radio Publique d'Arménie



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