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vendredi 29 avril 2011

Génocide arménien : La Turquie distribue les mauvais points

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Si pendant des années les ambassades turques à travers le monde menaçaient les municipalités qui ‘osaient' ériger des stèles à la mémoire des 1,5 million de victimes de la barbarie turque, il semblerait maintenant qu'Ankara s'en prenne essentiellement aux gouvernements ou aux parlements qui ont l'outrecuidance de qualifier ces massacres de masse de premier génocide du XXème siècle. Même la dernière déclaration ‘très soft' du président Barack Obama ne les a pas satisfaits.

Le problème avec la Turquie c'est qu'à force de vouloir prouver qu'elle a raison, tout ce qui s'est dit ou écrit par les diplomates ou missionnaires étrangers durant la première guerre mondiale sur le comportement des Jeunes Turcs, ne signifient rien ou ne seraient que pure affabulation.

Le dernier documentaire (Aghed) réalisé par Eric Friedler à partir des archives de Berlin, allié de l'empire ottoman durant la première guerre mondiale, apporte une pierre supplémentaire dans le jardin, déjà bien rempli, des dirigeants turcs.

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* Ahmet Davutoglu *

La Turquie a condamné mercredi la déclaration du Premier ministre Stephen Harper sur les événements de 1915, disant qu'il était préférable de "s'occuper de ses avantages politiques et qu'une telle déclaration porte un coup aux efforts visant à améliorer les relations entre les deux pays."
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« Harper a exprimé un jugement fondé sur une information à sens unique, que nous trouvons très mauvais et injuste. Nous regrettons cette déclaration, le déplorons vivement et le rejetons. Depuis l'année dernière, la Turquie a déployé des efforts considérables pour élever ses relations avec le Canada à un niveau digne de deux alliés. Le détournement effectué par la Premier ministre, M. Harper, qui repose sur des calculs politiques étroits, vers un chemin inacceptable, a de nouveau porté un coup à ces efforts. Nous attendons du Canada qu'il s'abstienne de prendre des mesures qui pourraient nuire aux relations positives que la Turquie s'efforce de développer dans sa région et, dans le contexte présent, nous espérerons également que le Canada adoptera une approche fondée sur des principes dignes de notre confiance dans les relations bilatérales," a déclaré dans le communiqué le ministère turc des Affaires étrangères.

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* Ara Papian *

Prenant la parole lors de la commémoration du 96ème anniversaire du génocide arménien à Los Angeles, le directeur du Centre Modus Vivendi, l'historien Ara Papian, a déclaré :
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"Le génocide arménien pendant la Première Guerre mondiale est un exemple limpide de crime impuni qui s'est réinventé lui-même dans d'extermination des Juifs, des Tsiganes et des peuples slaves par les Nazis. L'anéantissement de toute une civilisation qui a eu lieu sous l'œil indifférent du monde au tournant du 20e siècle a ricoché tout droit dans notre vie avec le massacre d'innocents au Rwanda, en Bosnie et au Darfour. Le principe d'un crime ignoré revient comme un boomerang.

Tous les génocides ont un dénominateur commun – c'est le massacre brutal et prémédité de centaines de milliers ou de millions de personnes, les énormes pertes de valeurs culturelles et de biens. Malheureusement, le génocide arménien a quelque chose en particulier qui le rend différent et il convient de le distinguer de tous les autres génocides.

En plus des pertes humaines et de la destruction de notre patrimoine, nous avons perdu la chose la plus précieuse qu'une nation peut posséder- nous avons perdu notre patrie. Les massacres et les déportations arméniennes ont déracinés hommes, femmes et enfants qui vivaient sur leurs terres ancestrales depuis plusieurs millénaires, et ont réduit une région autrefois très florissante en des fosses ouvertes et des villes fantômes à travers l'Anatolie et l'Arménie occidentale. Il est triste de constater qu'il y a aujourd'hui moins de 60.000 Arméniens vivant en Turquie. Après que 1,5 million d'Arméniens ont été tués, les survivants et leurs descendants sont aujourd'hui dispersés à travers le monde."

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* Karabakh : Le Centre Stratfor pessimiste *

"Bien que la probabilité qu'une nouvelle guerre éclate dans un proche avenir reste faible, plusieurs facteurs sont à surveiller à l'approche de la date prévue pour le premier vol vers l'aéroport du Haut-Karabakh," écrit le Centre analytique Stratfor dans un article intitulé "l'Arménie, l'Azerbaïdjan et les tensions actuelles dans le Haut-Karabakh."
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« Le 22 avril dernier, les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan, de l'Arménie et de la Russie se sont réunis à Moscou pour discuter de plusieurs questions, mais surtout du conflit du Haut-Karabakh. Les tensions entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie sur cette région ont atteint un pic récemment, lorsque le président arménien a annoncé son intention de prendre le premier vol civil vers le nouvel aéroport du Haut-Karabakh, et l'Azerbaïdjan a menacé d'abattre tout survol civil sur ce territoire. Les tensions se sont apaisées depuis, mais la date fatidique approchant, les événements diplomatiques et militaires indiquent ce qui se pourraient se passer le jour J, » indique l'article.

Le Centre STRATFOR rappelle que l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont effectué plusieurs exercices militaires aux alentours du Haut-Karabakh. "Le 1er avril, les troupes arméniennes ont fait des exercices dans la région d'Aghdam, et le 14 avril, plusieurs avions de chasse et d'hélicoptères militaires azerbaïdjanais ont fait de même à proximité de la ligne de front. Le même jour, l'Arménie a commencé des exercices d'artillerie dans la région d'Aghdam. Ces exercices militaires et ces réunions indiquent que l'Arménie et l'Azerbaïdjan se préparent au combat, et que les deux pays sont à la recherche de signes de solidarité venant respectivement de la Russie et la Turquie. Plus important encore, les deux parties tentent de créer une perception de force utilisant l'approche de la réouverture de l'aéroport de Stepanakert comme levier."

"Toutefois, ces activités ne signifient pas qu'une guerre à grande échelle est imminente. L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont souvent procédé à des exercices militaires, et même si les réunions ont atteint des niveaux plus élevés ces dernières semaines, les parties se réunissent régulièrement dans des circonstances normales. Plus important encore, les contraintes fondamentales qui ont évité qu'une nouvelle guerre éclate jusqu'à présent, sont toujours en place ; l'Azerbaïdjan n'a pas encore un niveau militaire suffisant pour espérer vaincre l'Arménie, et notamment qu'en se lançant dans une telle action Bakou trouverait en face lui la Russie aux côtés de l'Arménie. En outre, la communauté internationale, y compris les États-Unis, condamnerait une telle action. Bref, en jouant de façon trop agressive, les risques seraient supérieurs aux avantages pour Bakou."

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



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