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vendredi 10 juin 2011

Haut-Karabakh : Les médiateurs ont terminé leurs rencontres

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Tant que le Haut-Karabakh sera considéré par la communauté internationale comme faisant partie intégrante de l'Azerbaïdjan, il n'y a aucune raison pour que Bakou change de position.

Le périple des médiateurs pourrait se résumer à cette locution :
Venimus, expositae, non credimus [1]

Ou dit autrement : Chacun a parlé de ses problèmes et a donné sa compréhension de la déclaration de Deauville, tout en rejetant la faute sur l'autre. Seul changement depuis 2011, Stépanaguerd fait partie de la tournée des médiateurs, sous réserve qu'ils traversent la ligne de contact Azerbaïdjan-Karabakh.

* Brève *


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Edouard Nalbandian a reçu M. Philippe Lefort, chef du département Europe continentale au ministère français des Affaires étrangères et européennes, qui est arrivé en Arménie pour participer à des consultations politiques entre les ministères des Affaires étrangères de l'Arménie et de la France.

Le ministre a salué le haut niveau des relations bilatérales et les contacts intensifs entre l'Arménie et la France, soulignant qu'ils sont une bonne base pour le renforcement et l'extension des liens entre les deux pays.

Au cours de la réunion, les interlocuteurs ont abordé un certain nombre de questions régionales et internationales d'intérêt réciproque. Les parties ont discuté des relations UE-Arménie, et notamment de l'état actuel des négociations en cours sur l'accord d'association.

Le ministre arménien a souligné l'implication positive de la France dans le processus de règlement du conflit du Karabakh en tant que coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE.

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Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - Bernard Fassier (France), Robert Bradtke (Etats-Unis), et Igor Popov (Russie) - ont publié la déclaration suivante :

"Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE (les ambassadeurs Bernard Fassier de la France, Robert Bradtke des États-Unis, et Igor Popov de la Fédération de Russie) se sont rendus du 6 au 9 Juin à Bakou, au Haut-Karabakh, et à Erevan. Accompagnés par l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk, Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice, les coprésidents ont rencontré séparément le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, le président arménien Serge Sarkissian, et les autorités de facto du Haut-Karabakh. En prévision de la prochaine réunion des présidents Medvedev, Aliev et Sarkissian, les coprésidents se sont entretenus des étapes afin d'approuver et de finaliser les principes de base en tant que cadre pour un règlement de paix global, comme l'ont demandé les présidents Medvedev, Obama, Sarkozy dans leur déclaration commune du 26 mai à Deauville (France).

Le 7 Juin, les coprésidents ont franchi la ligne de contact à pied dans le secteur d'Aghdam. Il s'agit de la troisième traversée de la sorte effectuée par les coprésidents en dix mois - un plus grand nombre avait été réalisé dans les seize années précédentes - démontrant ainsi que les parties peuvent coopérer pour mettre en œuvre et respecter pleinement le cessez-le-feu de 1994. À cet égard, les coprésidents ont appelé les parties à éviter tout acte de provocation ou de déclarations qui pourraient saper le processus de négociation au cours de cette période critique."

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Le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a reçu hier les coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE ainsi que le Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice.

Au cours de la réunion, les coprésidents ont présenté les résultats de leurs rencontres de Bakou et de Stepanakert, exprimant l'espoir que des progrès sur les principes de base du règlement seront réalisés au cours de la prochaine réunion de Kazan.

Le ministre a souligné que l'Arménie a donné une réponse claire sur la dernière version des principes de base proposés par les médiateurs : "Il sera possible de réaliser les progrès escomptés si l'Azerbaïdjan donne également son accord."

L'Azerbaïdjan avait indiquait qu'il ne voyait aucune chance de faire une percée lors du prochain sommet arméno-azerbaïdjanais de Kazan, contrairement aux attentes des médiateurs ; aussi le ministre a demandé :

"Les déclarations des responsables azerbaïdjanais sur les forces de paix ou sur d'autres questions sont-elles une preuve de la volonté de Bakou d'accepter les propositions sans aucune modification, ce dont les coprésidents avaient appelé les parties à faire ?"

Les préparatifs de la prochaine réunion présidentielle à Kazan ont été discutés. Aucun commentaire supplémentaire n'a été fait par les médiateurs.

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Dans une interview avec l'agence Reuters, le Vice-ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Araz Azimov, n'a pas évalué positivement la proposition d'accord dans son ensemble. Et qu'en conséquence, il n'était pas optimiste quant à l'issue du sommet de Kazan.

"Je ne m'attends pas à un accord sur les principes de base à Kazan, mais je m'attends à plus de clarté sur les questions les plus critiques. L'Azerbaïdjan est prêt à montrer une certaine souplesse. Ce que nous voulons est clair, et nous ne transcenderont pas les principes du droit international, mais en même temps nous ne pouvons accepter de faire moins."

Azimov avait également insisté sur le fait que Bakou ne se prépare pas à essayer de regagner le Karabakh et les territoires sous contrôle arménien qui l'entoure par la force, en dépit d'une militarisation accrue. "Nous ne sommes pas intéressés par la guerre. Quand nous voyons des possibilités diplomatiques, pourquoi devrions-nous penser à la guerre ?"

"Qui a dit que l'Azerbaïdjan doit avoir une armée faible ? Il est préférable d'avoir une bonne armée et ne pas avoir à l'utiliser. C'est le principe que nous avons adopté," a ajouté le Vice-ministre.

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Commentaires :

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"Les approches des médiateurs contiennent des contradictions notoires. Il est impossible de parvenir à une paix durable dans la région en s'appuyant sur leurs propositions. L'adoption des propositions peuvent conduire à la déstabilisation voire même à la guerre si leurs mise en œuvre est effective," a déclaré le président du Conseil de politique étrangère et de Sécurité, et ancien Vice-ministre des Affaires étrangères de la RHK, Massis Mayïlian.

"Si les médiateurs sont vraiment intéressés par le développement régional durable, tel qu'il a été dit dans la déclaration de Deauville lors du dernier G8, ils doivent recourir à des mécanismes techniques et politiques, et notamment la reconnaissance internationale de la République d'Artsakh, qui est la meilleure façon de prévenir la reprise des hostilités," a souligné Massis Mayïlian.

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Extraits de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net




[1] Nous sommes venus, nous avons parlé, nous n'avons pas convaincu


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