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dimanche 7 août 2011

Haut-Karabakh : Pas de répit dans les discussions

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Les réponses d'Erevan et de Bakou au courrier de Moscou n'ayant pas donné les résultats escomptés, ou plus exactement reprenant les positions bien connues de chacun, le président Medvedev a demandé aux deux dirigeants, arménien et azerbaidjanais, d'apporter un complément de précisions et d'éclaircissements de vive voix.

Sans être grand devin, on ne voit pas pourquoi Ilham Aliev accepterait du jour au lendemain de perdre définitivement le Haut-Karabakh, voire plus ; pas plus que Serge Sarkissian voir l'Artsakh et les sept districts mitoyens retourner sous administration azérie avec comme seule contrepartie une plus grande autonomie pour le Haut-Karabakh.

Les dirigeants azerbaidjanais refusent catégoriquement pour des raisons de fierté et de nationalisme mal placé, d'admettre que le Haut-Karabakh est définitivement perdu pour eux. Pendant toute la durée de l'époque soviétique, Bakou se fichait pas mal de cette région autonome, peuplée d'Arméniens, ne distribuant que chichement quelques subsides pour entretenir les infrastructures et fournir le minimum vital.

A noter, que ce n'est pas du fait que ce sont des Arméniens qui habitent ces régions, mais plus simplement une minorité dans un pays nationaliste. Le même comportement existe chez ses deux voisins, la Géorgie et la Turquie. Les Arméniens du Djavaghk ont subi le même sort durant la période soviétique et encore plus aujourd'hui, sans compter pour Tbilissi le cas des Ossètes et des Abkhazes. Quant à la Turquie, n'ayant plus d'Arméniens à se mettre sous la dent, elle s'est rabattue sur les Kurdes, transformant l'Anatolie en zone économiquement pauvre.

* Brève *


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Le futur chef de la délégation de l'UE en Arménie sera un diplomate roumain, Traian Hristea. Ex-ambassadeur de la Roumanie en Ukraine, il occupe actuellement le poste de directeur du Département pronostic et planification au ministère roumain des Affaires étrangères. M. Hristea - 41 ans, marié, parlant couramment l'anglais et le russe – n'arrivera qu'en fin d'année, sous réserve d'agrément par les autorités arméniennes et la confirmation officielle de sa date d'entrée en fonction. Il succèdera ainsi à M. Raul de Luzenberger, appelé à d'autres fonctions dans l'administration européenne.

Parmi les 25 nouvelles nominations, on notera celle du diplomate français Jean-Maurice Ripert, nommé à la tête de la Délégation de l'UE en Turquie.

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* Dmitri Medvedev poursuit ses rencontres *


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A la demande de Moscou, le président Dmitri Medvedev et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev se rencontreront mardi prochain à Sotchi pour discuter sur l'impasse actuelle du processus de paix du Haut-Karabakh. On ne sait pas si le président arménien, Serge Sarkissian, a également été invité. Le président russe tient à s'entretenir individuellement avec les deux présidents.

Quoi qu'il en soit, Medvedev s'entretiendra au plus tard avec le Président arménien, au sommet informel de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), qui se tiendra au Kazakhstan le 12 août prochain.

Medvedev, à l'occasion du troisième anniversaire de la guerre russo-géorgienne en Ossétie du Sud, a parlé du conflit du Karabakh. "La guerre de cinq jours aurait du enseigner à l'Arménie et l'Azerbaïdjan une ‘leçon très grave' : il est préférable de négocier de façon interminable sur le sort du Haut-Karabakh, sur le fait qu'il n'y aura jamais de référendum [sur le statut du territoire], ou sur la façon de préparer un accord de paix, que de passer par cinq jours de guerre."

Certains experts azerbaïdjanais ont critiqué les remarques du chef du Kremlin, les prenant comme un avertissement adressé à Bakou.

"Au lieu de demander à l'Arménie de libérer les territoires occupés de l'Azerbaïdjan ... Medvedev menace l'Azerbaïdjan avec une répétition des événements d'août [2008]," a déclaré Vafa Guluzadé, l'ancien collaborateur principal de Haydar Aliev, le père et le prédécesseur de l'actuel président.

Zarducht Alizadé, analyste éminent azerbaïdjanais, a également affirmé que Medvedev avertissait Bakou qu'il risque de faire face à "une répétition des événements géorgiens."

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* L'Artsakh ne doit plus rester à l'écart des négociations *


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"Il n'y a pas d'exemple en droit international, que le principe d'autodétermination cède le pas à la reconnaissance d'une région métropolitaine. Renoncer n'est pas une garantie de paix, au contraire, cela mène à la guerre. Ne pas reculer n'est pas du maximalisme, mais du réalisme," rappelle l'expert militaire David Jamalian au sujet du conflit du Karabakh.

Selon David Jamalian, l'Artsakh doit décider lui-même dans quels domaines s'autodéterminer et se réaliser en tant qu'Etat.

"Je n'excepte pas la possibilité de développer de nouveaux principes pour entrer dans la communauté internationale. Quelles que soient le document signé, le problème ne sera pas résolu tant que la Russie ne retirera pas ses positions maximalistes. Considérer le principe du compromis comme un règlement, susceptible de faire céder l'Azerbaïdjan, n'est pas clair jusqu'à aujourd'hui, au contraire, tous les dirigeants azerbaïdjanais ont déclaré clairement : aucun compromis," souligne l'expert.

"Je tiens à souligner que non seulement le gouvernement d'Aliev est intransigeant, mais également toute l'opposition du pays, sur le problème du Karabakh. Même les Azéris les plus libéraux n'ont jamais parlé d'une quelconque possibilité d'accepter les réalités existantes."

En conséquence, Jamalian est convaincu que la diplomatie de notre pays devrait proposer que l'Artsakh doive revenir à la table des négociations pour donner et argumenter son point de vue.

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* Relations Géorgie - Azerbaïdjan *


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"La Géorgie actuelle continue la même politique envers l'Arménie que la Géorgie menchevik utilisait dans les années 1918-1920. Elle cherche à profiter de difficultés de l'Arménie, en obtenant des concessions sur de nombreuses questions. C'est ce qui ressort de la récente déclaration du président géorgien, Mikhaïl Saakachvili," a déclaré le politologue Lévon Chirinian.

Il dénonce ainsi la politique de l'Arménie vis à vis de la Géorgie, et la passivité du ministère des Affaires étrangères concernant la déclaration de M. Saakachvili. Comme il fait remarquer que la situation actuelle témoigne de l'échec de la politique Arménie-Géorgie. L'expert rejette les suppositions suggérant que la déclaration est dirigée contre la Russie, et non vers l'Arménie, et que de plus, le président géorgien a également insulté les résidants Arméniens de Géorgie.

Le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a déclaré dans une interview au magazine ‘Business Year', dont le N° 20 est consacré au 20e anniversaire de l'Azerbaïdjan : "la Géorgie et l'Azerbaïdjan sous l'angle de la géographie et de l'histoire commune, doivent se tenir côte à côte. Nous partageons des points de vue communs et avons des liens étroits. Je suis sûr qu'en restant ensemble, nos pays vont créer un meilleur avenir. Nos pays sont confrontés à de sérieux problèmes de conflits non réglés et chaque adversaire de l'un est l'ennemi de l'autre. Notre puissance est dans l'unité et ce ne sont pas seulement des mots, mais la réalité."

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* Relations Azerbaïdjan – ONU *


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La correspondance à sens unique entre l'Azerbaïdjan et le Secrétaire général continue. Cette fois, le représentant permanent de l'Azerbaïdjan à l'ONU, Agshin Mehdiev a décidé d'impliquer autant de personnes que possible, en envoyant une copie de sa lettre au Secrétaire général à tous les membres de l'ONU.

Plutôt que de lister les nombreuses accusations contre l'Arménie, Mehdiev s'est focalisé cette fois-ci sur "l'assassinat d'une fillette azérie de 13 ans, par l'explosion un jouet piégé par les Arméniens."

La vraie raison de la mort de l'enfant, reste à découvrir. Quoi qu'il en soit, la soi-disant œuvre des Arméniens est devenue un prétexte pour lancer un autre épisode de la rhétorique anti-arménienne.

La tactique est la suivante : l'Azerbaïdjan accuse les Arméniens de violation du cessez-le-feu, avec comme conséquence la mort de soldats azéris. Ce qui est étonnant, c'est que le plus souvent ces soldats meurent sur le territoire de l'Arménie, ce qui amène à se demander pourquoi sur le territoire arménien ? À moins bien sûr d'être commandos ou saboteurs.

On se souvient que le 8 Mars dernier, les médias azéris avaient monté en épingle la mort d'un garçon azéri de 9 ans. L'Azerbaïdjan avait tenté de jeter le blâme sur l'Arménie, en dépit des preuves indiquant qu'un tireur arménien ne pouvait atteindre le garçon à cet endroit et à cette distance.

Comme le notent les dirigeants d'Artsakh, Bakou semble se réjouir de la mort de l'enfant aussi longtemps que cela lui donne un prétexte pour accuser les Arméniens. Le ministère arménien de la Défense a refusé de commenter cet événement, notant que la désinformation azérie ne mérite pas de l'être.

Il est également à noter que les enfants azéris périssent à des moments appropriés pour les autorités de Bakou, qui en font des kamikazes en leur dispensant dans les écoles des cours de ‘sniper'. Les enfants, qui ne seront pas utilisés comme chair à canon dans le futur, sont actuellement sacrifiés à la politique azerbaidjanaise. Les Arméniens n'ont rien à voir avec cela.

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Extrait de armenialiberty et de PanArmenian.net



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