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samedi 10 septembre 2011

Erdogan lance le grand bazar

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Après la ‘turquicité' (ou identité turque) ciblant plus particulièrement les épris de liberté de parole, qu'il a réussi à museler avec l'article 301 du code pénal, Erdogan lance maintenant la ‘turquitude' (ou turque attitude) en réponse aux pays qui ne se plient à ses demandes. C'est le cas d'Israël et de l'Arménie qui n'ont pas demandé pardon, le premier pour ses actes, le second pour ses propos.
Israël ne s'étant pas exécuté, les accords militaires ont été dénoncés et l'ambassadeur israélien renvoyé dans ses foyers dans une première étape. La deuxième étape va consister à faire escorter par des bâtiments turcs une nouvelle flottille vers Gaza, dans l'espoir de briser le blocus.
Si l'on tient compte que les Palestiniens se préparent à demander la reconnaissance internationale de leur indépendance, tous les regards se tournent vers les Etats-Unis. Jusqu'à il a y a deux ans, Ankara et Jérusalem étaient au coude à coude dans la géopolitique américaine. Il serait fort étonnant que Washington laisse son bras droit dans la région s'engager dans un bras de fer avec son bras gauche et en venir aux mains. L'un des deux demandera pouce et sera mis à l'index, ce qui serait un tournant majeur dans l'équilibre régional.
Pareil schéma ne peut pas s'appliquer à l'Arménie, vu que la Turquie joue depuis une vingtaine d'année le rôle d'Israël envers les Arméniens. Avant même d'être nommé, l'ambassadeur d'Arménie a été prié de ne jamais mettre les pieds à Ankara, et la Turquie applique depuis 1994 un blocus hermétique du territoire arménien. Quant à attaquer l'Arménie, Erdogan risque de trouver en face de lui l'armée russe et non les Arméniens. Ce n'est vraiment pas le moment.
Tout cela bien sûr n'empêche pas le grand Vizir de la Turquie ‘moderne' de faire la danse du ventre devant les Occidentaux pour s'attirer leur bonne grâce. Danse dans laquelle il excelle d'ailleurs.
* Brève à confirmer *
Vendredi, dans une annonce sans précédent, le ministre des Affaires étrangères de l'Uruguay, Luis Almagro, a déclaré que son gouvernement a entamé un processus pour faire une annonce officielle concernant le statut du Haut-Karabakh ; rapporte le quotidien Asbarez.
"Aujourd'hui, nous étudions la question [du Haut-Karabakh], afin de présenter la position officielle du gouvernement sur le sujet. Je suis personnellement convaincu que le Haut-Karabakh fait partie de l'Arménie historique et qu'il doit être indépendant, et peu de temps après être unifié avec l'Arménie. Ceci est la seule résolution de la question."
Almagro parlait dans le cadre d'une conférence à l'occasion du 20e anniversaire de l'Indépendance de l'Arménie, organisée à Montevideo par le Comité National Arménien d'Amérique du Sud et le groupe d'amitié parlementaire Uruguay-Arménie marquant les relations arméno-uruguayenne.
[Ndlt] : Une fois n'est pas coutume, l'Uruguay a été le premier pays au monde à reconnaître le génocide arménien en 1970.

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Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a décidé d'adopter une série de mesures sévères en réponse aux dernières déclarations anti-israéliennes de la Turquie.
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Selon Ynetnews, de Hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères ont été convoqués pour le samedi 10 Septembre pour discuter avec Lieberman de ce sujet. La réunion examinera la réponse à apporter par Israël aux récentes menaces du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, de dégrader les relations diplomatiques avec Jérusalem.
Après la réunion, les responsables pensent que la Turquie n'est pas intéressée en ce moment par les excuses d'Israël et préfère exploiter le différend avec Jérusalem pour promouvoir le statut d'Ankara dans le monde musulman. Lieberman a donc décidé qu'il était inutile de chercher des formules créatives pour s'excuser, et de concentrer les efforts d'Israël pour contrer la Turquie.
D'où la création d'une mission diplomatique et d'une "boîte à outils" sécurité à utiliser contre les Turcs. Dans un premier temps, on demandera à tous les anciens combattants de l'armée israélienne de s'abstenir de voyager en Turquie. La recommandation sera également diffusée aux touristes Israéliens voulant s'embarquer vers la Turquie.
Selon le rapport, un autre geste est envisagé : "faciliter la coopération avec les rivaux historiques de la Turquie : les Arméniens." Lors de la visite de Lieberman aux Etats-Unis ce mois-ci, le ministre devrait rencontrer les dirigeants du lobby arménien et leur proposer des actions antiturques au sein du Congrès. Ce qui pourrait se traduire par la promotion de la reconnaissance internationale du génocide arménien, une mesure qui porterait gravement atteinte à l'image de la Turquie. Israël peut également soutenir l'Arménie dans son conflit avec la Turquie pour le contrôle du mont Ararat," indique le rapport.
Si cela s'avère nécessaire, Lieberman envisage également de rencontrer les chefs des rebelles kurdes du PKK en Europe afin de "coopérer avec eux et les stimuler dans tous les domaines possibles." Lors de ces réunions, les Kurdes peuvent demander à Israël une aide militaire sous la forme de formation ou de fournitures d'armes, un geste qui constituerait une importante mesure antiturc si cela devait se confirmer.
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* Groupe de Minsk *
Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE ont publié la déclaration suivante :
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"Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - les Ambassadeurs Bernard Fassier (France), Robert Bradtke ( (Etats-Unis), et Igor Popov (Fédération de Russie) - et l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk (Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice) se sont réunis le 7 septembre à Vienne pour discuter et coordonner leur programme d'activités, aux fins d'une présentation au Conseil ministériel de l'OSCE, à Vilnius en Décembre.
Les coprésidents ont également informé le Groupe de Minsk de l'OSCE sur la poursuite par les trois gouvernements coprésidents sur un engagement fort avec les parties, ainsi que sur les efforts concrets pour renforcer le cessez-le-feu et obtenir l'adoption des Principes de base comme cadre en vue d'un accord de paix global. Le 8 Septembre, les coprésidents ont rencontré le Secrétaire général de l'OSCE, Zannier Lamberto, pour détailler et/ou compléter les divers aspects du processus de paix."
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* APCE *

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"Les résultats de la dernière amnistie générale en Arménie, le nouvel élan pour enquêter sur les 10 décès durant les événements de Mars 2008, et le début d'un dialogue constructif entre l'opposition et la coalition gouvernementale, signifient que le chapitre sur les événements de Mars 2008 peut enfin être considéré comme clos," a déclaré le Comité de suivi de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).
Dans un projet de résolution, à partir du rapport établi par Axel Fischer (Allemagne, PPE/DC) et John Prescott (Royaume-Uni, SOC), le Comité s'est félicité de la volonté politique manifestée par "les autorités et de toutes les forces politiques pour résoudre cette question conformément aux normes et aux recommandations du Conseil."
Selon le Comité, les événements de 2008 et leurs conséquences ont établi des priorités claires pour le développement démocratique du pays : "la conduite d'élections législatives véritablement démocratiques ; la création d'un environnement politique robuste démocratique et pluraliste qui a la pleine confiance de la population de l'Arménie ; la création d'un environnement ouvert et pluraliste des médias ; la réformes de la police ; et la réforme du système judiciaire en vue de garantir son indépendance à la fois en droit et en pratique."
Le texte adopté se félicite de la "coopération étroite et constructive" entre l'APCE et les autorités arméniennes, qu'il considère être "un exemple" pour le développement de la coopération dans le cadre de la procédure de suivi de l'APCE.
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* Wikileaks et le génocide arménien *

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Selon une dépêche datée du 12 Juillet 2004, récemment publiée par le site de Wikileaks, émanant du Consulat général américain d'Istanbul, le professeur Halil Berktay de l'Université Sabanci a indiqué au Consul David Arnett, que "les archives [ottomanes] ont été ‘purgées' de tous les documents compromettants sur la question arménienne et d'en citer deux importants" ; rapporte le quotidien Asbarez.
"Le premier se déroule en 1918, vraisemblablement avant que les forces alliées occupent Istanbul. Berktay et d'autres témoignages prouvent qu'en 1919 les Tribunaux militaires turcs indiquent que des documents importants avaient été ‘volés' des archives."
"Berktay pense qu'une deuxième purge a été réalisée en rapport avec les efforts d'Ozal de faire ouvrir les archives par un groupe de diplomates et de généraux à la retraite, dirigé par l'ancien ambassadeur Muharrem Birgi Nuri (Nuri Birgi a était ambassadeur à Londres et à l'OTAN, ainsi que secrétaire général du ministère des Affaires étrangères)," écrit Arnett dans la dépêche.
"Berktay indique qu'à l'époque où il étudiait les archives, Nuri Birgi se réunissait régulièrement avec un ami commun, et se référant aux Arméniens, il a tristement avoué : ‘Nous les avons vraiment massacrés'."
"Tony Greenwood, le Directeur de l'Institut américain de Recherche en Turquie, a déclaré que quand il travaillait aux archives pendant cette même période, il était bien connu qu'un groupe d'officiers à la retraite avait un accès privilégié aux documents et a passé des mois à trier des archives . Un autre chercheur turc qui a étudié les questions arméniennes, affirme que le processus ‘de purge' des archives est toujours en cours," a déclaré Arnett dans la dépêche.
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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net


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