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mardi 27 septembre 2011

Le président Serge Sarkissian met les points sur les ‘i'

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Après l'échec de la réunion trilatérale de Kazan du 25 juin, la rencontre Aliev-Medvedev de Sotchi du 9 Aout, les réunions avec des ministres, arménien et azerbaidjanais, des Affaires étrangères avec le Groupe de Minsk de l'OSCE en marge de l'Assemblée générale de l'ONU la semaine dernière, il devient clair qu'une solution satisfaisante pour les antagonistes n'est pas pour cette année. Ni d'ailleurs pour l'année prochaine avec les élections présidentielles dans les pays médiateurs, et pas plus en 2013 avec celles prévues en Arménie et en Azerbaïdjan.

Cette situation de ni-paix ni-guerre va devoir perdurer, au dam de tout le monde, entrecoupée de violations du cessez-le-feu sur la ligne de contact Karabakh-Azerbaïdjan. Bakou essayant ses nouvelles ‘armes' achetés en masse, Stépanaguerd répliquant avec les siennes, et Moscou ‘jouant' les arbitres pour éviter que les échauffourées ne se transforment en guerre.

Y a-t-il une solution ? Oui, probablement. Mais elle passe par la prise de conscience d'un certain nombre de pays (Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie) que nous ne sommes plus à l'ère soviétique, que le découpage des frontières ou les rattachements administratifs ne sont plus de mise, et que le droit des peuples à s'autodéterminer n'est pas un vain mot. En clair, ce que les bolcheviks ont fait ou défait dans les années 20 à l'abri des regards extérieurs, n'est pas figé dans le marbre pour l'éternité.

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Le président Serge Sarkissian a réitéré son avertissement à l'Azerbaïdjan que tout ‘aventurisme' de la part de Bakou entrainerait la reconnaissance officielle par Erevan du Haut-Karabakh comme entité indépendante.


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Le leader arménien a fait ces remarques en fin de semaine dernière lors d'une réception solennelle à New York organisée par la représentation arménienne permanente auprès des Nations Unies, l'ambassade d'Arménie aux Etats-Unis et les organisations arméno-américaines.

"Une résolution pacifique du conflit du Haut-Karabakh demeure la priorité pour l'Etat arménien ainsi que pour son peuple, c'est-à-dire pour toute la nation arménienne. La seule raison pour l'Arménie de ne pas avoir encore reconnu la République du Haut-Karabakh, est que l'Arménie essaye de trouver une solution par la négociation. En même temps, il faut comprendre que tout aventurisme déclenché par l'Azerbaïdjan, toute action au-delà du cadre du Groupe de Minsk travaillant sous l'égide de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, se traduira par une reconnaissance par nous de la République du Haut-Karabakh," a déclaré le président.

Alors que l'Arménie entretient des liens étroits, politiques, économiques et militaires avec la région séparatiste et un soutient sans réserve aux Arméniens du Karabakh ‘autodéterminé', elle n'a pas encore formellement reconnu l'indépendance du territoire. Le groupe parlementaire pro-gouvernemental avait bloqué à la fin de l'année dernière une résolution de l'opposition proposant de respecter la souveraineté de Stepanakert, au motif qu'un tel vote pourrait potentiellement compliquer le bon déroulement du processus de paix.

À plusieurs reprises dans le passé, M. Sarkissian avait déjà prévenu Bakou qu'Erevan pourrait reconnaître l'indépendance du Haut-Karabakh en ‘dernier recours' si les négociations sur le statut final échouent.

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* Brève : Turquie-Israël-Azerbaïdjan *


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L'ambassadeur turc de Bakou a invité l'Azerbaïdjan à suivre Ankara dans sa lutte diplomatique contre Israël et de ‘reconsidérer' ses relations avec l'état juif, selon un site iranophone basé aux Etats-Unis.

L'Ambassadeur Hulusi Kilic aurait déclaré qu'Israël devrait tenir compte ‘de problèmes possibles' sur l'oléoduc Azerbaïdjan-Turquie, qui fournit également du pétrole à Israël. Sans rentrer toutefois dans les détails.

En réponse aux observations de l'ambassadeur turc, le site a cité l'ambassadeur d'Israël de Bakou, Michael Lotem Lavon, qui a déclaré que : ‘les problèmes d'un tiers n'ont pas à affecter les relations stratégiques entre Jérusalem et Bakou'.

L'Azerbaïdjan est devenu un atout stratégique important pour la sécurité d'Israël et pour les affaires étrangères. En 2010, le commerce entre les deux pays a totalisé plus de 2 milliards de dollars - soit le double de celui entre l'Azerbaïdjan et la Turquie.

Israël fournit aussi à l'Azerbaïdjan du matériel militaire de pointe et l'aide à former son armée. Dans le cadre de la coopération entre les deux Etats, le fabricant israélien de systèmes de défense, Elbit Systems, a récemment ouvert un bureau dans l'ancienne république soviétique, et envisage de construire une usine pour la production conjointe de drones.

Bakou n'a pas encore répondu aux remarques de l'ambassadeur turc, mais l'attaché de presse azéri a déclaré à la station locale de radio que l'Azerbaïdjan espère que la "crise entre Israël et la Turquie se terminera bientôt."

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Extrait de Armenialiberty et de Radiolour



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