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lundi 19 septembre 2011

Les Etats-Unis soupèsent la communauté Américano-arménienne

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Le site de Wikileaks fourmille toujours d'informations qu'il convient de recouper avec d'autres sources.
Dans le cas des diverses questions liées à la défense de la Cause arménienne, on remarque que concernant la Turquie, un grand nombre des propos tenus par des responsables ou des analystes politiques arméniens, de la diaspora ou d'Arménie, est confirmé par les diplomates américains en poste dans la région. Toutefois, cela entraine rarement la prise en compte par Washington des dites informations, qui priorise systématiquement la realpolitik américaine dans la région, c'est-à-dire ne pas se mettre à dos la Turquie. Les informations en question servent avant tout aux élus du groupe d'amitié USA-Arménie du Congrès pour défense la Cause arménienne.
Et quand le sujet ne porte pas directement sur les massacres de masses commis dans les derniers de l'empire ottoman, il arrive qu'Ankara cède aux pressions des Occidentaux comme ce fut le cas récemment pour la restitution à leur propriétaire des biens religieux confisqués après 1936.
La question n'est pas de savoir si Washington est au courant du génocide et des exactions commis envers les Arméniens, ce qui ne fait aucun doute, mais de l'usage qu'il en fait.

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Le site Wikileaks publie de nouvelles dépêches de l'ex-ambassadeur américain en Arménie, Marie Yovanovitch, où elle mentionne la possibilité d'utiliser les organisations de la diaspora arménienne, en particulier la communauté arméno-américaine, dans l'intérêt des Etats-Unis
Yovanovitch souligne dans sa dépêche du 17 novembre 2009, intitulée ‘Expérience entre la diaspora et l'Arménie', l'état "bien organisée et bien-financée" de la communauté. Elle fait remarquer que la communauté avait changé de tactique sur la préservation de son identité en investissant dans le développement de l'Arménie, en se proposant dans les domaines humanitaire, de développement et d'assistance technique, et "plaidant pour l'indépendance des médias."
Yovanovitch a discuté avec les diverses organisations arméno-américaines : l'Eglise apostolique arménienne (prélature et diocèse), les Catholiques arméniens, les Protestants arméniens, la FRA-Dachnaktsoutioun, l'UGAB, la SD-Hentchag, etc. Elle indique que bien que l'ambassade fait un travail de sensibilisation à travers ces organisations, beaucoup d'entre elles ont leur propre agenda politique, ‘exprimé ou non', et des liens avec les partis politiques ou des dirigeants qui pourraient entrer en conflit avec les intérêts américains en Arménie.
Selon l'ambassadeur, la diaspora américano-arménienne a tendance à être ‘de nature nationaliste', et que "ils sont prompts à mobiliser leurs partisans contre le gouvernement arménien si les organisations de la diaspora pensent que le gouvernement arménien n'agit pas au mieux des intérêts de l'Arménie."
Beaucoup de ces organisations sont opposées aux efforts de réconciliation [arméno-turque], pense-t-elle, parce qu'ils n'incluent pas la résolution du conflit du Karabakh ou la reconnaissance du génocide arménien. "D'autres, comme l'Assemblée Arménienne d'Amérique (AAA) ou l'UGAB, ont publiquement soutenu la politique du gouvernement arménien pour une coopération régionale et pour la fin de l'isolement de l'Arménie dans le Caucase", écrit-elle.
L'ambassadeur observe également que : "La diaspora a montré un intérêt limité à promouvoir la démocratie, à la réforme électorale, ou au développement de la société civile en Arménie, et que de plus, les organisations diasporiques ne financent pas les ONG d'Arménie."
"‘La plus importante caractéristique distinctive' de la communauté américano-arménienne, selon le ministère arménien de la diaspora, est sa ‘structure très organisationnelle," écrivait l'ambassadeur américain John Ordway dans sa dépêche du 1er juin 2004.
"Le gouvernement arménien distingue la communauté arméno-américaine des autres car elle est la plus riche (revenu par habitant et pour l'ensemble) et la plus diversifiée en termes de modèles d'émigration. C'est également celle qui transfert les plus grosses sommes vers l'Arménie que ce soit à titre privé ou publique," soulignait Ordway.
On estime à 1,5 million les Arméniens vivant aux Etats-Unis sur les 6 millions dispersés à travers le monde. La diaspora des Etats-Unis est la seconde en nombre après celle résidant dans l'ex-URSS.
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* Brève UE *

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Le Commissaire européen à l'Elargissement et de la Politique Européenne de Voisinage, Stefan Füle, a déclaré que l'UE va augmenter progressivement son rôle dans la résolution des conflits régionaux, tels ceux du Haut-Karabakh ou de la Transnistrie.
"Nous lançons un programme de restauration de la confiance dans ces régions, et qui nous engagera plus sérieusement pour régler ces problèmes. Mais, bien sûr, nous ne changerons pas totalement la portée des solutions à ces problèmes en un jour," a-t-il déclaré à la 8e conférence annuelle intitulée « L'Ukraine et le monde : des défis communs, un futur commun », qui se déroulait à Yalta samedi dernier.
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* Brève Karabakh *

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Selon le Major Général Arcady Ter-Tadéossian (Commandos), vétéran de la guerre du Karabakh, la rhétorique azérie sur une reprise de la guerre n'est que du bluff.
"Le triangle unitaire - société, armée, gouvernement - est une condition essentielle au déclenchement d'une guerre. L'Azerbaïdjan ne satisfait aucunement à cette condition. Contrairement à l'Arménie, l'Azerbaïdjan a une population multiethnique, et très peu sont disposés à se sacrifier pour le clan Aliev. Bakou perdra la guerre du Karabakh car le moral de la population est très bas, à l'inverse de notre armée qui a un moral de gagnant," a souligné le Général.
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Extrait de
PanArmenian.net


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