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lundi 24 octobre 2011

L’Azerbaïdjan se prépare à recevoir les médiateurs


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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

L’Azerbaïdjan fait de grands pas pour rejoindre le camp des Occidentaux. Ainsi il a fait sienne la démarche qui consiste à faire le contraire de ce qu’on déclare et surtout de défaire d’une main ce que l’autre construit. Un peu comme le discours du président Sarkozy en Arménie et les propos tenus par son ministre Claude Guéant et son conseiller Jean-David Levitte à Ankara.

Mais revenons à Bakou. On remarquera au passage que les arguments avancés par les dirigeants azerbaidjanais manquent singulièrement d’originalité. Tous les reproches fait par l’Arménie se retrouvent intégralement dans les propos des dirigeants azéris, mais à l’envers. Avec un petit plus toutefois, propre à l’administration azérie, celui de porter des jugements de valeur sur l’état mental de leur ennemi. S’il n’y avait pas la communauté internationale qui observe, probablement que les dirigeants arméniens seraient invectivés avec des noms d’oiseaux. C’est vrai que la langue turque est riche dans ce domaine.

Donc pendant que le sieur Novruz explique que la résolution du conflit du Karabakh ne peut qu’aboutir que par des voies pacifiques, le sieur Abiev confirme que l’armée se renforce pour reprendre les territoires occupés. Quel plus bel exemple pour la citation latine : ‘si vis pacem para bellum’ - Si tu veux la paix, prépare la guerre. Sinon pourquoi Bakou dépenserait-il l’équivalent du budget total de l’Arménie pour s’armer,  en ayant  multiplié celui-ci par vingt en cinq ans ?



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"La réaction destructrice de l'Arménie face à toute proposition constructive de l'Azerbaïdjan montre une fois de plus que les dirigeants arméniens ne s'intéressent pas à un règlement juste et pacifique du conflit du Haut-Karabakh par des négociations. Par ce geste l'Azerbaïdjan démontre une nouvelle fois la communauté internationale et aux pays coprésidents, sa volonté de résoudre le conflit uniquement par des moyens pacifiques et par voie de négociations. Donc, l'Azerbaïdjan est prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre rapidement ce conflit," a déclaré samedi le Chef du Département des Relations Extérieures du Bureau présidentiel, Mammadov Novruz.

Dans son entrevue avec les médias, le ministre des Affaires étrangères, Elmar Mammadyarov, a indiqué qu'il est nécessaire de laisser de côté les points en suspends pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh et de passer à des négociations sur un gros accord de paix. Son homologue arménien, Edouard Nalbandian, a rencontré les coprésidents et leur a déclaré que la position de l'Azerbaïdjan en contradiction avec l'essence des négociations.

"Vous savez que l'Azerbaïdjan a démontré sa volonté et sa détermination dans le processus de négociation durant ces dernières années, en proposant toutes les variantes possibles dans tous les domaines et secteurs. L'objectif principal de l'Arménie est de retarder le processus en faisant croire à des négociations, c’est à dire, pour gagner du temps. C'est la tragédie de l'Arménie. Ils ne peuvent pas comprendre que peu importe le temps que cela va prendre, mais cela ne fonctionnera et ne marchera jamais en faveur de l'Arménie. Aussi, ils pensent qu'ils gagneront parce qu'ils veulent gagner du temps tout en poursuivant leurs propres ambitions et intérêts pour rester au pouvoir. La partie arménienne a démontré à maintes reprises qu'elle n'est pas intéressée à résoudre le conflit."

Commentant la dernière déclaration du président Dimitri Medvedev sur le conflit du Haut-Karabakh,
- Moscou continuera de fournir un soutien en vue d’une résolution du conflit du Haut-Karabakh. Mais les deux peuples doivent tenter de parvenir à un accord. Le conflit du Haut-Karabakh est l'un des nombreux conflits gelés en Europe, qui peut être résolu. - Mammadov a déclaré que ces propos sont le résultat d’une l'analyse théorique et pragmatique. Ils montrent que ce conflit peut être résolu.

Il a indiqué qu'il est louable que le président Medvedev ait pris des mesures sérieuses pour résoudre le conflit au cours des deux dernières années. "Malgré cela, un certain nombre de mesures ont été prises, je pense que la partie russe est très consciente que la partie arménienne a violé à plusieurs reprises le processus, a renié sa promesse, ou a changé sa  position. Elle a fait des tentatives et a accusé l'Azerbaïdjan de retarder la résolution du conflit, et lui a imputé l’échec des négociations."

"Le président arménien a fait une déclaration écrite à la dernière réunion de Kazan indiquant que les négociations sont difficiles, mais qu’il y a des éléments positifs et qu’il est nécessaire de continuer à négocier. Mais deux heures plus tard, son ministre des Affaires étrangères a déclaré que les entretiens ont été torpillés et a blâmé l'Azerbaïdjan. Vous savez, ils ont un sentiment très étrange de la dignité. Ils sont toujours prêts à prendre des mesures similaires. Ils n'ont aucun principe. Je pense qu’après ces déclarations, les trois pays coprésidents doivent arrêter une position claire pour être en mesure d'arrêter ces actions arméniennes. Les Arméniens trouvent toujours de nouvelles raisons. Ils vont essayer de retarder les négociations pour une nouvelle période de 20 ans."

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Le ministre de la Défense azerbaïdjanais, le Colonel-Général Safar Abiev, a rencontré son homologue iranien, le général Ahmad Vahidi, à Bakou. La discussion a porté sur les liens entre les deux pays, la sécurité régionale et sur le conflit du Haut--Karabakh.
Abiev a déclaré que des négociations sont en cours pour résoudre le conflit, mais que parallèlement, il a souligné la nécessité de renforcer l'armée azerbaïdjanaise, afin que le pays soit prêt à tout moment à libérer ses terres de l'occupation.

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* Réaction arménienne suite à la tournée des médiateurs *

"Contrairement à l'Azerbaïdjan, nous n'avons jamais critiqué les coprésidents du Groupe Minsk de l'OSCE parce que nous devons valoriser les conditions de résolution pacifique du conflit du Karabakh proposées par les trois membres permanents du Conseil de sécurité," a déclaré le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian.

Ainsi, il importante de savoir comment les parties traitent les propositions des médiateurs. L’idée de l'Azerbaïdjan de parvenir directement à un accord définitif sans être "préalablement d'accord sur les principes", ne répond pas aux logiques du processus de règlement, d’après  les coprésidents. Sans accord sur les principes comment pouvons-nous préparer le texte de l'accord ? L'impression est que les Azéris ne veulent simplement pas parvenir à un accord sur la base proposée par les pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE," a souligné le ministre.

Il a également noté qu'en dépit du fait que la réunion présidentielle de Kazan n'a pas été une avancée, le processus continue. Il n'y a pas d'alternative au processus de négociation.

"Nous sommes prêts à accepter les propositions de Kazan, et aller de l'avant si l'Azerbaïdjan veut bien retirer ses dix nouvelles objections. Il est impossible de faire dix réunions d’un niveau présidentiel ou ministériel et constater qu’il faut revenir à la réglementation précédente. ‘Pacta sunt servanda’ -
les accords doivent être respectés - est l'un des principes fondamentaux des relations internationales. Sinon vous risquez de perdre la confiance non seulement d'une des parties, arménienne ou azerbaïdjanaise, mais aussi celle des médiateurs de la communauté internationale."

Commentant l'impossibilité de régler le conflit par la force, le ministre a ajouté :

"Considérant la rhétorique militaire de Bakou et les mesures spécifiques prises par l'Azerbaïdjan – multiplication par 20 du budget militaire, les provocations sur la ligne de contact prouvent que le problème du Karabakh se complexifie quand l'Azerbaïdjan déclare ouvertement se préparer pour une guerre. Il y a eu un message clair et fort des présidents Medvedev, Obama et Sarkozy à Deauville sur l'inéluctabilité d'un règlement pacifique du conflit du Karabakh. L’utilisation de la force est condamnée par la communauté internationale."

Il a également indiqué que toutes les mesures possibles seront prises pour un règlement pacifique du conflit.

Quant à modifier le format actuel des négociations, ou inclure la Turquie dans les négociations, le ministre arménien a déclaré qu'il n'y avait aucune nécessité à ce faire.

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* Brève allemande *

"Une nouvelle guerre n'est pas le moyen pour régler le conflit du Haut-Karabakh. Deux principes du droit international - l'intégrité territoriale et l’autodétermination des nations – sont proposés par les médiateurs et certes ils se contredisent," a indiqué l'ambassadeur allemand d'Azerbaïdjan, Herbert Quellen.

"Malheureusement, aucun progrès significatif n'a été obtenu par les négociations dans le cadre du groupe de Minsk de l'OSCE et je me rends compte de l'impatience qui augmente. Mais il est clair qu’une nouvelle guerre ne solutionnera pas le problème. C'est pourquoi je garde une attitude positive envers le processus de négociation," a-t-il ajouté.

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Extrait de PanArmenian.net, de Times.am et de Today.az

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