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samedi 17 mars 2012

Le ministre des Affaires étrangères arménien s'explique avec ses homologues


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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Toute visite - que ce soit les officiels arméniens qui se rendent à l’étranger, ou que ce soit des politiciens occidentaux qui se rendent en Arménie, se termine automatiquement sur une question : quid de la résolution du conflit du Karabakh ? Quand de surcroit les visiteurs sont Américains ou Suisses, s’ajoute la question du gel des relations arméno-turques. Mais que l’on se rassure, ces questions restent purement rhétoriques, car les Occidentaux n’ont nullement l’intention d’intervenir autrement qu’en paroles pour changer quoi que ce soit à la situation, sauf si on touche à leurs énergies fossiles. Il est tellement plus simple de renvoyer dos à dos les antagonistes.

Aux mêmes questions, les interlocuteurs obtiennent les mêmes réponses. Si blocage il y a, la faute en incombe à la partie adverse.
-      L’Azerbaïdjan ne fera rien tant que le Haut-Karabakh ne lui sera pas ‘restitué’.
-      La Turquie ne fera rien tant que le Haut-Karabakh ne sera pas ‘restitué’ à l’Azerbaïdjan.
En raisonnement simpliste, il suffirait donc de ‘restituer’ à Bakou le Haut-Karabakh, de préférence vidé de sa population, pour que tout rentre dans l’ordre.

Seulement voilà, aussi bien la Turquie que l’Azerbaïdjan ont du sang sur les mains : le premier depuis 97 ans, le second depuis 20 ans. Et comme il est difficile d’afficher cette tare, Ankara s’enfonce dans un négationnisme profond et Bakou invente un génocide monté de toute pièce pour cacher ses propres dérapages de politique intérieure.

Malgré les énormes efforts diplomatiques et financiers déployés par les gouvernements turcs, le résultat n’est pas toujours à la hauteur des espérances. Si les Ottomans réussissent tant bien que mal à faire valoir leur déni de l’histoire et de la justice à coup de menaces et de pression sur les gouvernements occidentaux, les Azéris sont beaucoup moins chanceux avec les mêmes Occidentaux malgré leur pétrole et leur gaz. Quel que soit le cas de figure, ils ne peuvent ni l’un ni l’autre envisager des actions militaires et encore moins une guerre dans la région.

Comme de plus, ils n’ont pas le vent en poupe sur le plan des droits de l’homme et des libertés en général,  et voyant que politiquement leurs actions ont des limites, le tandem Erdogan-Aliev se rabat sur sa population, et notamment leurs nationalistes, et la remonte contre les Arméniens à travers des manifestations haineuses et racistes, qui aboutissent comme à Istanbul à l’assassinat ciblé. Il ne fait aucun doute que cette situation ira en empirant, d’un côté le centenaire du génocide approchant et de l’autre, les faucons azéris piaffant d’impatience pour utiliser leurs nouvelles armes.

"Lorsque notre haine est trop vive, elle nous met au-dessous de ceux que nous haïssons." (La Rochefoucauld)



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En visite officielle en Suisse, le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, a décerné l'Ordre d'Honneur de la République d'Arménie à l'ancienne présidente suisse, Micheline Calmy-Rey. Etaient présents de nombreux fonctionnaires et politiciens suisses, dont le maire de Genève, ainsi que des représentants de la communauté arménienne.

Alors que de la remise de la médaille, Edouard Nalbandian a déclaré: "Les relations entre la Suisse et l'Arménie viennent d’atteindre un sommet au cours de ces vingt dernières années : les premières visites mutuelles des deux présidents et l'ouverture de l'ambassade suisse en Arménie le démontrent. Le développement dynamique des relations est marqué par des réunions régulières à un haut niveau, par l'intensité du dialogue politique, ainsi que leur qualité et leur profondeur. Nos efforts communs visant à approfondir la coopération ont donné de bons résultats et consolidé davantage l'amitié entre nos peuples. C'est un grand honneur pour moi de vous décerner la présente médaille, sur décision du président arménien, pour votre énorme contribution dans le développement des relations entre nos deux pays."

Le 14 Mars, il a rencontré le Conseiller fédéral et Chef du Département fédéral des Affaires étrangères, Didier Burkhalter. Les ministres ont réaffirmé l’importance de la coopération efficace établie entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays et ont convenu d'intensifier les consultations périodiques entre les deux organismes et la coopération au sein des organisations internationales. À cet égard, Didier Burkhalter a exprimé son soutien à la pleine adhésion de l’Arménie à l'Organisation internationale de la Francophonie.

Edouard Nalbandian et son homologue ont insisté sur les développements dans le Sud-Caucase. Le chef de la diplomatie arménienne l’a informé sur le processus de règlement du conflit du Haut-Karabakh. M. Burkhalter a souligné qu'il soutenait les efforts de médiation du Groupe de Minsk de l'OSCE et a souligné que le conflit doit être résolu d'une manière exclusivement pacifique. Les interlocuteurs ont également abordé les relations Arménie-UE, et des questions régionales et internationales.

Lors de la réunion avec les membres du groupe d'amitié parlementaire Suisse-Arménie, le ministre Nalbandian a présenté les principales orientations de la politique étrangère de l'Arménie, et les mesures ciblées en vue de résoudre les questions régionales.

Les membres du groupe d'amitié parlementaire ont informé le ministre arménien sur leurs activités visant à renforcer les relations bilatérales, exprimant également l'intention de visiter l'Arménie après les élections législatives.

Nalbandian, à son tour, a présenté les grandes tendances de la politique étrangère de l'Arménie et les actions menées en vue d’une résolution des conflits régionaux. Il a salué les efforts de médiation de la Suisse dans le processus de normalisation des relations arméno-turques. "Il est clair pour tout le monde que les résultats obtenus dans le processus n'ont pas été à la hauteur, ni en raison d’un manque d'efforts des médiateurs internationaux, ni de l'Arménie, qui est prête à ratifier les accords signés, mais à cause de la décision de la Turquie de ne pas respecter ses engagements," a déclaré le ministre arménien.

* Brève Arménie

"L’Azerbaïdjan bloque toutes les actions entreprises par l'Arménie et les médiateurs internationaux, tout d'abord au sein des activités de l'OSCE du Groupe de Minsk," a déclaré le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand, Guido Westerwelle, le 16 Mars à Erevan.

Interrogé par un journaliste allemand sur les mesures prises pour faciliter le processus de règlement du conflit du Karabakh, Nalbandian a déclaré que : "l'Azerbaïdjan refuse de se conformer à la plupart des accords conclus au plus haut niveau."

Et de citer l'exemple de la réunion des présidents à Sotchi, où l'Arménie et l'Azerbaïdjan, avec la médiation de la Russie, avaient convenu de créer un mécanisme pour faire cesser les violations régulières du cessez-le feu sur la ligne de contact. Cependant l'Azerbaïdjan a menacé de mettre son "veto" au budget de l'OSCE si des ressources étaient allouées pour la création de cet outil.

Autre exemple. Toujours à Sotchi, les deux parties ont confirmé l'efficacité des activités du Groupe de Minsk et ont exprimé leur engagement à poursuivre les négociations au sein de ce format. À son retour à Bakou, le président Aliev a fait un certain nombre de déclarations d’où il ressort que le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE est dépassé, et que la plate-forme des négociations doit être changée.

Le ministre a déclaré que ce ne sont là quelques-unes des nombreuses actions destructrices menées par partie azerbaïdjanaise, et d’ajouter que : "Le non-respect par l'Azerbaïdjan de ses engagements condamne le processus de négociation à l'échec."

Rappel ; A la réunion trilatérale du 23 Janvier de Sotchi, les présidents avaient souligné la nécessité de s'abstenir de mesures extrêmes, appelant à la poursuite d’un rapprochant des positions. "Considérant l'importance de passer à l'élaboration d’un accord de paix, les Présidents de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan se sont dits prêts à faciliter un accord sur les principes de base," avait déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ajoutant que les deux chefs d’Etats avaient demandé à la Russie de servir de médiateur pour promouvoir des liens humanitaires et sociétaux entre les deux pays.

* Brèves Etats-Unis

Les Etats-Unis ont exhorté les parties en conflit sur le Karabakh de rester fidèles à une résolution pacifique du différend.

"En tant que coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE, les États-Unis demeurent fermement résolus à aider les parties dans le conflit du Haut-Karabakh pour parvenir à un règlement durable et pacifique. Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit. Nous exhortons les parties à préparer leurs populations à la paix, pas à la guerre, et à s'abstenir de toute rhétorique provocatrice ou actions sur le terrain," a déclaré la porte-parole du Département d'Etat américain, Mme Victoria Nuland, lors de la conférence de presse quotidienne à Washington.

(…)

"Si les États-Unis, Israël, et l'Angleterre reconnaissent le génocide arménien, la Turquie devra faire des excuses aux Arméniens. Si déjà les États-Unis reconnaissaient le génocide arménien, nombre de choses changeraient. À l'heure actuelle, les États-Unis, l’Angleterre, et Israël ont besoin de la Turquie pour manœuvrer sur la scène internationale. Mais si ce trio reconnaît le génocide, la Turquie, avec sa position négationniste, va se trouver isolée. Ankara n’utilisera pas nécessairement le mot «génocide», mais il sera obligée de s'excuser et d'accepter que les événements de 1915 sont un crime contre l'humanité," a déclaré l’historien turc, Taner Akçam, dans une interview au quotidien turc Taraf.

Selon le professeur, il n'y aura pas de changement dans la position du président Barack Obama sur ce point. "Tout comme les années précédentes, la Turquie exerce une pression sur les États-Unis. Mais je suppose qu'en 2015 Obama pourrait utiliser le mot ‘génocide’".

* Brève OTAN

Le chef de la mission arménienne à l'OTAN, Armen Yedigarian, a eu une réunion avec le Secrétaire général de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, David Hopps.

Les questions liées à la coopération Arménie - AP-OTAN, au processus de mise en œuvre des réformes en Arménie, les préparations pour les élections parlementaires du 6 mai prochain, ainsi que la visite du président Serge Sarkissian au siège de l'OTAN ont été discutées. De même, les questions régionales ont fait partie des sujets abordés, dans ce contexte l'ambassadeur arménien a présenté les derniers développements dans le processus de négociations sur le Haut-Karabakh et les résultats de la réunion trilatérale de Sotchi du 23 Janvier dernier.

* Brève OSCE

La visite du Président de l'OSCE en exercice, Eamon Gilmore, dans le Caucase du Sud, prévu pour Avril, a été reporté en été, ont indiqué les médias azerbaidjanais. Toutefois, le service de presse de l'OSCE a déclaré qu'aucune information spécifique ne peut être fournie encore sur les modalités de la visite de M. Gilmore dans les trois pays caucasiens.

La présidence irlandaise avait défini la résolution des conflits dans le territoire de l'OSCE, tel celui du Haut-Karabakh, de la Géorgie et de la Transnistrie comme prioritaire en 2012.

* Brève APCE

Les questions liées à la situation en Géorgie, en Arménie ou en Azerbaïdjan ne sont pas inscrites dans l'ordre du jour de la session de printemps de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).

L’APCE est habilité à discuter de toutes les questions relevant de la compétence du Conseil de l'Europe, à se réunir quatre fois par an, en règle générale au cours de la dernière semaine de Janvier, d’Avril, de Juin et de Septembre,

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Extrait de Radiolour et de PanArmenian


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