A la Une

samedi 19 mai 2012

Haut-Karabakh : Les effets secondaires de l’Eurovision


***

Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Une fois n’est pas coutume, toutes les occasions sont bonnes pour le calife de Bakou, surtout quand plus de 43 pays auront les yeux rivés sur l’Azerbaïdjan pour regarder le concours de l’Eurovision, de fustiger l’Arménie et les Arméniens. Six pays n’y participeront pas cette année dont l’Arménie pour des raisons politiques auxquelles s’ajoute une forte incertitude sur la sécurité physique de la délégation.

Laurent Leylekian (1) explicite le pourquoi du comportement d’Ilham Aliev sur les plans politique et médiatique, l’expert David Jamalian, les risques sur un plan militaire.




*

La fête de l'Eurovision ternie par le régime azerbaïdjanais

Shooté aux pétrodollars, le régime autoritaire de Bakou compte sur l'Eurovision pour redorer son blason. La presse européenne a cependant dépeint l'état d'oppression de la société azérie. Mais pour détourner l'attention, l'Azerbaïdjan a un bouc-émissaire tout trouvé : les Arméniens.
Cette année, le kitschissime mais très populaire concours de l'Eurovision organisé par l'Union Européenne de Radiotélévision se déroulera du 22 au 26 mai, à Bakou en Azerbaïdjan. Le choix de ce lieu découle de la tradition de l'Eurovision qui veut que le pays-hôte soit celui du vainqueur de l'année précédente, en l'occurrence le duo azerbaidjanais d'Ell et Nikki, lauréat 2011.

Mais le pays fait controverse : l'Azerbaïdjan est dirigé par un régime autoritaire qui est régulièrement épinglé pour ses violations des droits de l'Homme. Reporters Sans Frontières a classé l'Azerbaïdjan 162ème sur 179 et range le président Ilham Aliev parmi les prédateurs de la liberté de la presse.

Menaces, tortures et sex-tapes

La presse européenne s'est faite l'écho de l'oppression vécue par les Azerbaïdjanais et de la gêne de pays occidentaux - tels l'Irlande, la France ou les Pays-Bas - à participer cette édition de l'Eurovision. Ainsi le 4 février, Der Spiegel Online a rapporté l'expérience vécue par Khadijah Ismailova, une journaliste qui avait investigué les origines de la fortune du clan Aliev. Menaces, sex-tapes, et harcèlement constituent depuis lors son lot quotidien. Mais ceci n'a pas entamé sa détermination : Mme Ismailova a récemment révélé l'intérêt pécuniaire de la famille Aliev dans la construction du "Crystal Hall" destiné à accueillir la cérémonie de l'Eurovision.
Son expérience n'est pas unique : Die Zeit (20 mars 2012) fait état de l'expropriation abusive de familles ou de l'oppression de a communauté homosexuelle de ce pays tandis que The Independent (10 mai 2012) rapporte le cas de musiciens torturés pour avoir critiqué le Président. Et que dire de la quarantaine d'Azéris qui avaient eu l'idée incongrue de voter pour le duo arménien d'Inga et Anouche lors d'une précédente édition de l'Eurovision et convoqués en raison de ce choix "antipatriotique" par le Ministère de la sécurité nationale (Reuters, 18 août 2009) ?

La création et l'instrumentalisation du nationalisme

Car le régime de Bakou dispose d'un bouc-émissaire parfait pour détourner l'attention de la population de la privation de ses libertés et de l'enrichissement de la famille Aliev : les Arméniens. Depuis la perte en 1994 de sa colonie du Haut-Karabagh, il entretient une véritable hystérie anti-arménienne dans le pays. Ainsi, l'Azerbaïdjan a longtemps maintenu ses "Pieds-Noirs" - quelques 700 000 colons du Haut-Karabagh et des régions environnantes - dans un état de précarité et de misère quand ses considérables moyens financiers lui auraient permis de les intégrer dans la société. Si les derniers camps de réfugiés ont été fermés en 2008, ils existent toujours dans une rhétorique nationaliste qui permet de prévenir toute agitation sociale.
Parallèlement, ceux qui enquêtent sur le conflit sont inquiétés : Le journaliste Eynulla Fatullayev a été emprisonné de 2007 à 2011 pour avoir révélé que le massacre de Khojalou, lors de la guerre, fut mis en œuvre par le clan de Gueïdar Aliev - le père de l'actuel président - pour faire tomber le président Mutalibov. Sans surprise, le pouvoir a accusé Fatullayev d'être "un agent arménien" de même qu'il impute aux Arméniens les exactions de Khodjalou. Soutenu la communauté internationale, Eynulla Fatullayev a été libéré le 29 mai 2011, avant de recevoir le prix mondial de la liberté de la presse le 4 mai dernier. Depuis, il a repris ses charges sur le rôle du régime Aliev dans la chute de Khodjalou.

Il faut dire que la préoccupation identitaire prend une dimension pathologique pour une jeune nation qui ne peut se prévaloir de la tradition millénaire des voisins arménien et géorgien : On ne compte plus les initiatives du régime pour "découvrir" de douteuses origines azéries à des vestiges albaniens, pour ne rien dire de la destruction du joyau médiéval de Djoulfa, afin de "purifier" le territoire des traces de son passé arménien. Une destruction sur laquelle l'Unesco a gardé un silence pudique : il faut dire que Mme Alieva, la première dame du pays, se montre généreuse avec l'organisation chargée - ailleurs - de la protection du patrimoine. Devenue par la magie des pétrodollars "ambassadrice de bonne volonté" de l'Unesco, elle pratique une habile diplomatie culturelle qui permet à l'Azerbaïdjan de s'acheter une respectabilité.

Les Arméniens, "ennemis de l'Azerbaïdjan", interdits d'Eurovision

Mais la culture ne saurait justifier une réconciliation avec l'Arménie. Depuis peu, c'est même tous les Arméniens du monde qui ont été érigés par le président lui-même en "ennemis de l'Azerbaïdjan".

Ainsi, le 22 février dernier, le président Ilham Aliev a déclaré "Nos principaux ennemis sont tous les Arméniens du monde et les politiciens hypocrites et corrompus en leur contrôle. Les politiciens qui ne veulent pas voir la vérité et qui sont impliqués dans le dénigrement de l'Azerbaïdjan en différents points du globe. Des parlementaires, certaines personnalités politiques qui tirent leurs revenus du lobby arménien".

Cette vision raciale qui discrimine un groupe pour en faire l'agent d'un invraisemblable complot international rappelle les heures sombres de notre histoire. C'est suite à cette déclaration que, le 7 mars dernier, la Télévision Publique arménienne a annoncé son retrait de l'édition 2012 de l'Eurovision. Si Erevan n'a pas encore publié de communiqué justifiant sa décision, des officiels arméniens ont déclaré sous couvert d'anonymat qu'elle est due à ce que "l'intégrité physique des membres de la délégation arménienne n'est pas assurée en Azerbaïdjan". Une information que l'Eurovision n'a pas dû avoir puisqu'elle a, ce 11 mai, annoncé des sanctions envers l'Arménie pour son refus de participation !

La déclaration du 22 février n'est pourtant pas un fait isolé. Le président Aliev a récidivé ce 16 avril en affirmant que "ces tentatives pour discréditer l'Azerbaïdjan, nier sa réalité, le dépeindre à travers le monde comme un pays arriéré et non démocratique constituent le sale boulot du lobby arménien. Sa sphère d'influence est assez large. Ils sont représentés dans les principaux médias imprimés de divers pays. Parfois, ils avancent sous différents noms et cachent leur origine. [...]Je le répète, le lobby arménien est l'ennemi numéro un. [...] Le lobby arménien opère en Europe et dans les grands pays depuis des décennies, peut-être même des siècles."

Un tel endoctrinement à la haine raciale professé au plus niveau d'un Etat du Conseil de l'Europe apparaît comme extrêmement préoccupant et ne devrait pas concerner que l'Arménie. Qu'en serait-il si un Français, un Tchèque ou un Polonais d'origine arménienne souhaitait visiter l'Azerbaïdjan ? Pour n'évoquer que la France, la sécurité de Charles Aznavour, d'André Manoukian ou d'Hélène Ségara serait-elle assurée s'ils assistaient à l'Eurovision à Bakou ? Au-delà de ces personnalités, la mansuétude de la communauté internationale semble bien choquante face à de telles violations des principes de la Charte des Nations Unies.

Laurent Leylekian  - Extrait de Huffington Post

*

"L’Azerbaïdjan va probablement essayer de déstabiliser la frontière arméno-azerbaïdjanais pendant le concours Eurovision de la chanson. Les Azéris chercheront à mettre en exergue les mesures de rétorsion de la partie arménienne, et notamment dans la partie Nord-est de la ligne de contact, où les établissements sont nombreux et proches des positions militaires, démontrant ainsi la ‘barbarie’ de l'armée arménienne," a déclaré l’expert militaire David Jamalian.

Par ces moyens, l'Azerbaïdjan va essayer de prouver que l'Arménie est «l'agresseur», ouvrant ainsi la voie à un possible embargo sur le Haut-Karabakh. Que doit-on faire dans cette situation ? L'expert estime que cela ne peut être laissé sans réponse. "Des mesures de rétorsion doivent être prises au cas où l’Azerbaïdjan ouvrirait le feu en direction des positions arméniennes voire même sur des civils. C'est une vérité axiomatique et  une agression contre le territoire de la République d'Arménie et de sa population. Toutefois, les cibles doivent être exclusivement militaires et l’on ne doit jamais ouvrir le feu sur des villages azerbaïdjanais. Nous ne l’avons jamais fait jusqu’à présent. Cependant, les positions militaires azerbaïdjanaises sont situées non seulement près des villages mais très souvent collées aux villages. Aussi, nous devons être extrêmement précis dans nos répliques. La partie azerbaïdjanaise va déstabiliser la situation durant tout le déroulement de l'Eurovision, et nous devons être prêts à cela," a souligné l’expert.

"Fort heureusement, l’Armée de défense du Haut Karabakh occupe actuellement les postes qui offrent l'avantage sur l'ennemi. La ligne de contact entre l'Artsakh et forces azerbaïdjanaise est très proche des cibles stratégiques, ce qui préoccupe le côté azéri. Les scénarios de contre-attaque et les changements brusques sur le territoire ennemi ont été étudiés lors des manœuvres de l'armée du Karabakh. Les Azerbaïdjanais seront obligés de surmonter les obstacles naturels - les montagnes au Nord et au Sud de l'Artsakh d'une part, et l'Araxe d'autre part-,  ce qui complique l'utilisation des avantages. Comme pour les plaines orientales de la ligne de contact, une ligne défensive solide a été construite lors de l'armistice, ce qui permettra de repousser les attaques ennemies et de continuer si besoin est, l'offensive jusqu'à la rivière Kura," a-t-il poursuivi.

David Jamalian a en outre indiqué que l’armée de défense du Karabakh a réalisé des progrès tangibles depuis sa création, et continue de faire progresser les points imparfaits pour mettre tous les avantages de son côté. "Les réformes de l'armée de l'Artsakh, et notamment l’arrivée de Commandants courageux et compétents est aussi à mentionner. Les gradés sont essentiels pour stimuler le moral des troupes et les capacités de défense de l'armée."

Pour Jamalian, la décision de l'Arménie de se retirer du concours  de l’Eurovision 2012 de la chanson a été une bonne chose.

***

* Brève OSCE *

Le 16 mai, conformément aux Accords passés, la Mission de l'OSCE s’est rendue sur la ligne de contact entre le Haut-Karabakh et des forces armées azerbaïdjanaises près du village de Kouropatkine, dans la région de Mardouni.

Côté Karabakh, le groupe était composé de Hristo Hristov (Bulgarie), d’Irjie Aberle (République tchèque), et du Major Vitaly Belokon (Russie).

Côté opposé, la surveillance était conduite par l’ambassadeur Andrzey Kasprzyk (Pologne), accompagné d’Antal Herdich (Hongrie), de William Prior (Grande-Bretagne), et du colonel Andrey Barashkin (Russie).

Comme d’habitude aucune violation du cessez le feu n’a été enregistrée au cours du suivi ; Et comme souvent, les Azerbaïdjanais n'ont pas conduit la mission de l’OSCE aux premières lignes, mais sur des positions arrières.

* Brève UE *

En mai 2011, au milieu des changements dramatiques qui secouent les Voisins du Sud, l'UE a mené un examen approfondi de sa politique européenne de voisinage (PEV). (Cf Communication Conjointe). Selon la politique de "plus pour plus", les réformes engagées dans les parties méridionales et orientale de l'UE nécessitent un soutien plus grand et plus large de l'UE.

Le ‘paquet’ PEV présenté le 15 mai par Catherine Ashton, Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, et vice-président de la Commission, et par Štefan Füle, Commissaire européen à l'Elargissement et de la Politique de voisinage, évalue la première année de mise en œuvre de la nouvelle approche. Il propose également une feuille de route pour donner un nouvel élan à la mise en œuvre du Partenariat oriental.

Lors de la finalisation de l'évaluation, Mme Catherine Ashton a déclaré : "L'année dernière, nous avons relancé notre politique de voisinage afin de refléter les changements historiques en cours autour de nous. Nous voyons maintenant les premiers résultats de cette action, cherchant à intensifier l'aide pour ceux qui sont allés plus loin dans les réformes démocratiques et économiques. Nous avons vu de grands progrès dans certains pays. Dans d'autres, nous devons encourager les dirigeants politiques à prendre des mesures audacieuses sur la voie des réformes. J'ai toujours dit que nous serons jugés sur notre travail avec nos voisins immédiats, et je suis convaincue que nous nous dirigeons dans la bonne direction. Nous allons continuer d’aider nos partenaires dans leurs efforts pour intégrer les valeurs fondamentales et renforcer les réformes économiques qui sont nécessaires pour créer ce que j'appelle ‘la démocratie profonde'."

De son côté, Štefan Füle a ajouté: "Bien que nous ne devons pas nous adonner à l'autocongratulation et que devons toujours faire une vérification de la réalité sur l'efficacité de notre politique, nous avons mis la nouvelle politique sur des bases solides et avons développé de nombreuses initiatives qui, j’en suis convaincu, portent déjà leurs fruits".

Il y a des progrès substantiels sur l'association politique avec les pays partenaires. Les négociations sur un accord d'association (AA) ont été lancées avec les Républiques de Moldavie, de Géorgie, d'Arménie et d'Azerbaïdjan. Des progrès ont été réalisés sur l'intégration économique (dite approfondie et globale de zones de libre-échange en tant que partie intégrante de l'AA); des négociations ont été lancées avec la Moldavie et la Géorgie, et prochainement avec l'Arménie.

Pour plus de détails, Cf. :


* Brève Roumanie *

La commission d’'organisation des manifestations consacrées au 100e anniversaire du génocide arménien a eu lieu à l'Union arménienne de Bucarest. Le Directeur du Musée-Institut du génocide arménien (AGMI), Haïg Demoyan, et le secrétaire de la Commission d'État, ont discuté des questions d'organisation avec ; - l'ambassadeur arménien de Roumanie, Hamlet Gasparian, - le Primat du Diocèse de l’Église apostolique arménienne de Roumanie, Mgr Tatev Hagopian, - le Président de l'Union des Arméniens de Roumanie, - le sénateur Varoujan Voskanian et nombre d'intellectuels arméniens du pays. Des accords ont été conclus sur l'organisation de manifestations conjointes pour les trois prochaines années.

Le même jour, Haïg Demoyan a pris la parole à l'Université de Bucarest : "Le génocide arménien n'est pas une histoire du passé, il est plus que présent, puisque les autorités turques continuent d'exercer une pression politique, économique et diplomatique sur l'Arménie. Ils terrorisent et persécutent ceux qui parlent de justice historique, poursuivent une politique négationniste sur le plan international, offensent et calomnient les descendants des survivants du génocide arménien."

Le 13 mai, le directeur de l’AGMI et l’envoyé spécial arménien ont assisté à l’inauguration du nouveau bâtiment du Centre culturel arménien.

* Brève Turquie *

Le Croissant-Rouge turc (Kızılay) va financer les dépenses d'une école primaire arménienne pour lui permettre de survivre. L'école primaire Levon Vertuhian, qui appartient à la communauté arménienne, est sur le point de fermer en raison de difficultés financières.

Le président de Kızılay, Ahmet Lütfi Akar, et le directeur général Ömer Taşlı, ont visité l'école de 85 élèves. A la sortie, le président Akar a déclaré :

"Nous sommes ouverts à toutes sortes de bienveillance. Nous avons appris que cette école peut difficilement survivre en tant qu'institution éducative et nous avons décidé de les aider. Kızılay ne fait pas de discrimination religieuse, ni de langue ou de race quand il s'agit d'aider. Nous allons répondre aux besoins alimentaires de l'école et aider les familles d’élèves dans le besoin. Pour les prochaines années scolaires, Kızılay financera les besoins annuels de l'école, y compris pour les vêtements des enfants."

* Brève Russie *

L'Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) a publié une déclaration lors de sa réunion à Moscou, confirmant son adhésion au règlement pacifique du conflit du Haut Karabakh.

L’OTSC a exhorté les parties à finaliser rapidement les principes fondamentaux du règlement du conflit avec la médiation du groupe de Minsk de l'OSCE et basé sur les normes du droit international. Le document souligne les trois points - non-utilisation de la force, intégrité territoriale et droit à l'autodétermination du peuple, comme les grands principes à observer.

* Brève Canada *

Une cinquantaine de chercheurs internationaux sur les génocides et des universitaires diasporiques ont publié une déclaration officielle, qui a paru dans le dernier numéro de la revue Etudes et Prévention des Génocides (Vol.6, n°3), concernant le travail de l'Institut Zorian dans sa lutte contre la politique de déni systématique de l'Etat turc et pour le maintient de la vérité sur le génocide arménien vis-à-vis des chercheurs, des éducateurs, des leaders d’opinion, des décideurs politiques, et du grand public.

"Nous tenons à exprimer publiquement notre gratitude à l'Institut international du génocide et des Etudes des Droits de l’homme ainsi qu’à l’Organisation mère, l'Institut Zorian, pour leurs trente années de travaux universitaires dans le domaine du génocide et des études sur les droits de l’homme. Face à la persistance du problème du génocide au XXIe siècle, l'Institut doit être félicité pour son service rendu à la communauté universitaire, qui est reconnu par les chercheurs pour son leadership dans ce domaine et comme une structure de soutien dans la promotion de la cause des droits universels de l’homme et sur la prévention des génocides. Nous demandons instamment à toutes les Fondations et Organisations du monde entier qui s'intéressent à ces questions, ainsi qu’aux personnes engagées dans la prévention de ce crime odieux, de fournir un soutien financier à cette institution de classe académique mondiale. Si l’on veut que l'Institut poursuive ses inestimables travaux scolaires et éducatifs, il faut assurer son assise financière en levant des fonds pour créer un Fond de dotation pour ses activités annuelles," indique la déclaration.

"Durant les trente dernières années, l'Institut a maintenu un programme ambitieux visant à recueillir de la documentation archivistique, à mener une recherche originale, et à publier des ouvrages et des périodiques. Il a mené également des programmes de niveau universitaire d'enseignement dans le domaine des Génocides et des Etudes de Droit, en adoptant une approche comparative et interdisciplinaire, en examinant l'Holocauste juif, le génocide cambodgien, et le génocide rwandais, entre autres, à l'aide du génocide arménien en tant que point de référence. Dans le processus, en utilisant les plus hauts standards académiques, l'Institut s'est efforcé de comprendre le phénomène du génocide, d'établir l'incontestable, la vérité historique du génocide arménien et la sensibilisation de celui-ci parmi les universitaires et les leaders d'opinion."

"Nous lançons un appel à la communauté internationale, aux fondations, aux organisations, aux dirigeants d'entreprise, et aux institutions nationales et internationales pour apporter leur soutien tangible et généreux à cette institution académique hautement respectée," dit le document signé par Varoujan Aïvazian (Université de Toronto), Israël W. Charny (Institut sur la Shoah et du génocide de Jérusalem), Vahakn N. Dadrian (Institut Zorian Conesus, New York), John Evans (ancien ambassadeur américain en Arménie, Washington-DC) et d'autres.

* Le coin des experts *

* Innokenti Adyasov

"Le format d'un Sommet informel permet de rapprocher les positions des présidents de l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Serge Sarkissian et Ilham Aliev se tiennent prêts pour la mission de médiation de Vladimir Poutine," a déclaré Innokenti Adyasov, expert de la CEI (Communauté des Etats Indépendants)  à la Commission des Affaires étrangères de la Douma.

***
  *

Extrait  de Radiolour et de PanArmenian

(1) : Membre de l’Observatoire arménien, ancien directeur de la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et le Progrès.

Partager

Twitter Delicious Facebook Digg Stumbleupon Favorites More