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mercredi 10 décembre 2014

Turquie : «une hirondelle ne fait pas le printemps»


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

Quand on fournit aide et assistance aux Djihadistes du Daesh au nez et à la barbe de la communauté internationale, il faut être Américain ou Européen pour croire que la Turquie ‘moderne’ est pro-occidentale, qu’elle désire vraiment rejoindre l’UE et adhérer à ses valeurs démocratiques. Les milliards dépensés par l’UE pour transformer les institutions turques conformément aux normes européennes, n’ont servi qu’à appliquer une couche de verni superficielle. Que ce soit dans le code civil ou dans le code pénal, il ne fait pas bon critiquer ou s’opposer au gouvernement, quant à appartenir à une minorité c’est aller au-devant de gros ennuis.

Un pays qui pratique le blocus de son voisin depuis 1993 pour un problème qui ne le concerne pas, qui occupe militairement 37% d’un autre pays voisin depuis 1974, qui pratique le négationnisme d’Etat depuis 1915, mérite-t-il vraiment de rentrer dans l’UE ? Faut croire que si puisque les 28 pays membres de l’UE continuent les négociations d’adhésion émettant quelques critiques du bout des lèvres.

Les dirigeants turcs ont toujours joué sur la position géographique de leur pays, en jetant de la poudre aux yeux des Occidentaux, lesquels pourtant ne sont pas aussi naïfs quand il s’agit de la Russie. 

Croire que la Turquie va faire un geste significatif en vue du centenaire génocide arménien serait très mal connaître des dirigeants turcs qu’ils soient laïcs ou religieux - islamistes ‘modérés’.

Aussi, quand on voit les dirigeants occidentaux, y compris même le pape, s’emballer parce qu’Erdogan a présenté ses «condoléances» aux descendants des victimes de 1915, on se demande jusqu’à quel point la diplomatie peut-elle être poussée avant de devenir de la langue de bois ou pire de l’hypocrisie ? ‘Condoléances’ ne signifie pas ‘excuses’ et encore moins ‘réparations’. Comme l’a souvent répété Recep Tayyip : «La Turquie n'a pas pu commettre un génocide puisque ce n'est pas dans notre culture. ()… Par conséquent nous n'accepterons jamais le mot génocide. ()… Ce n’est pas possible car s’il s’agissait d’un génocide, pourrait-il encore y avoir des Arméniens dans ce pays [la Turquie]. Nous sommes un peuple qui pense qu’un génocide est un crime contre l’humanité et jamais nous ne fermerions les yeux face à un tel acte». Plus cynique, tu meurs.

Quant aux protocoles de normalisation des relations arméno-turques, ils sont là pour amuser la galerie et permettre aux chancelleries occidentales de se donner bonne conscience.
 

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Traductions – revue de presse

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Relations Arménie-Bolivie

L'Assemblée législative de la Bolivie a adopté à l'unanimité une résolution en solidarité avec le peuple arménien pour condamner "la politique négationniste concernant le génocide et les crimes contre l'humanité subis par la nation arménienne."

Selon Prensa Arménie, la présidente du Sénat bolivien, Zonia Guardia Melgar, a indiqué que :

"Le document a été adopté à l'unanimité à la fois par le Sénat et la Chambre des députés, avec l'approbation du ministère des Affaires étrangères".

Nous apportons tout notre soutien, de solidarité et de camaraderie au peuple arménien, conformément à notre Constitution d’État, qui dit ‘non’ à la discrimination, la violation des droits de l'homme et les génocides," a-t-elle souligné.

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Relations Arménie-Grande-Bretagne

«Le conflit du Karabakh est une source de grande préoccupation, vu le nombre de morts à la ligne de contact au cours des dernières années. La communauté internationale doit doubler son aide aux coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE pour la réalisation de progrès dans le règlement du conflit,» a déclaré le ministre anglais chargé de l'Europe, David Lidington, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre arménien des Affaires étrangères Edouard Nalbandian.

Edouard Nalbandian a de nouveau précisé la position de l'Arménie, notant que l'application du droit à l'autodétermination du peuple ne peut pas constituer un motif de conflit. "Au contraire, c’est de la négation de ce droit qu’éclate un conflit. Nous avons toujours souligné que
 

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OSCE

Le ministre arménien des Affaires Etrangères Edouard Nalbandian a participé à la 21e séance du Conseil des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'OSCE qui s’est tenu à Bâle les 4 et 5 Décembre.

Auparavant, Edouard Nalbandian a rencontré les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - Igor Popov, James Warlick et Pierre Andrieu, et le Représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE, Andrzej Kasprzyk.

Le ministre a attiré l'attention des médiateurs sur la rhétorique militaire accrue en Azerbaïdjan, sur les déclarations distordant l'essence et le contenu des négociations, sur les violations permanentes du cessez-le-feu à la frontière arménienne et à la ligne de contact avec le Haut-Karabakh, ce qui entraîne des pertes humaines, et sur


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Groupe de Minsk

«En tant que coprésident du Groupe de Minsk, j’apprécie mes discussions avec toutes les parties au conflit du Haut-Karabakh.

Nous avons discuté de l'importance de réduire les tensions à la suite de l'incident du 12 Novembre le long de la ligne de contact, et la nécessité pour les parties de faire des progrès dans les négociations sur un règlement durable," a déclaré le coprésident James Warlick, commentant sa rencontre avec le Président de l'Assemblée nationale du Karabakh, Ashot Ghoulian.

(…)

"Nous regrettons que les ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan ne se soient pas rencontrés en marge de la réunion ministérielle de l’OSCE. Le dialogue est un élément nécessaire du processus de paix," a twitté James Warlick.

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Etats-Unis

«La position du gouvernement américain sur le Haut-Karabakh n'a pas changé,» a déclaré au briefing quotidien la porte-parole adjoint du Département d'Etat, Marie Harf.

Les commentaires viennent après l’organisation d’une réception au Rayburn House Office Building par l'ambassade arménienne des Etats-Unis et les congressistes pro-arméniens pour marquer l'anniversaire de l'indépendance du Haut-Karabakh, en présence des dirigeants de l’Artsakh.

"Le Congrès est tout à fait libre d'organiser les événements qu’il veut, nous n’avons pas à porter un jugement, cela ne signifie pas que notre position a changé. Nous sommes déterminés à aider toutes les parties pour parvenir à un accord durable du conflit, et ce est ce que nous répétons depuis très longtemps", a-t-elle ajouté.

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Israël

Le Président de la Knesset, Reuven Rivlin, autrefois ardent défenseur de la reconnaissance par Israël du génocide arménien, a décidé de ne pas renouveler sa signature sur la pétition annuelle appelant Israël à qualifier officiellement de génocide les massacres d’Arméniens. Rivlin est apparemment soucieux de ne pas nuire davantage aux relations tendues entre Israël et la Turquie ; suivant en cela la position du gouvernement israélien, malgré les coups de canif portés par Recep Tayyip Erdoğan.

Dans les années passées, Rivlin à maintes reprises a encouragé les législateurs israéliens à rejeter le discours politisé qui a dominé la discussion de la question. «Je suis conscient de la sensibilité, mais je ne peux blâmer la Turquie moderne," avait déclaré l'an dernier Rivlin aux membres de la Knesset, quand il était lui-même qu’un simple membre. «Le gouvernement qui a commis ces actes a été renversé par la Turquie elle-même. Je suis sûr que


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Azerbaïdjan

Le président Ilham Aliev a téléphoné à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Il l’a félicité pour sa prochaine présidence du G20 en Novembre prochain à Antalya, considérant cela comme un indicateur de la croissance internationale du rôle et de l'influence de la Turquie.

Les présidents ont discuté des relations bilatérales entre l'Azerbaïdjan et la Turquie, sans oublier les actions à mener pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh.


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Le coin des analystes et des observateurs

La Russie et la Turquie ont signé huit accords dans le cadre d'une visite d'Etat du président russe Vladimir Poutine à Ankara.

La Russie est le deuxième partenaire commercial important de la Turquie après l'Allemagne. La Turquie n’occupe que le septième rang des partenaires commerciaux de la Russie. Le non passage par l’Arménie pose toutefois des problèmes.

Naira Hayroumian : Poutine va-t-il faire ouvrir la frontière arméno-turque?

Haikazn Ghahrian : Poutine et Erdogan vont s’entendre sur l'Arménie

Hagop Badalian : Le plan russe pour débloquer le blocus de l’Arménie

Igor Mouradian : OTAN: Possibilité de fourniture d’armes à l'Arménie


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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de Lragir.am, de News.az et de Today.az

 

 

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