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dimanche 8 mars 2015

La Turquie et le génocide arménien (V)




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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Le président Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé pour la (n+1) ème fois les conditions pour l'ouverture de la frontière avec l'Arménie : «Ankara n’ouvrira pas la frontière avec l'Arménie jusqu'à ce que les derniers soldats se retirent des territoires occupés de l'Azerbaïdjan. () … Quant à la résolution du conflit du Haut-Karabakh, elle sera résolue très rapidement que si la Russie et les États-Unis décident de régler le conflit.»

Quelques jours auparavant, le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu avait tenu des propos identiques sur les conditions d’ouverture de la frontière avec l’Arménie et la restitution à l’Azerbaïdjan de tous les territoires occupés ; lesquels problèmes constituaient une des priorités de la Turquie. Il y a deux semaines c’est le premier ministre Ahmet Davutoglu qui abordait le sujet avec les mêmes arguments

Il est on ne peut plus clair que la Turquie ne compte absolument pas assouplir sa position surtout en cette année du centenaire du génocide arménien où nombre de pays risquent de modifier leur position sur le sujet. Le 24 Avril sera un test important pour la Turquie comme pour l’Arménie, où l’on pourra compter quels sont les hauts dignitaires qui participeront aux commémorations du génocide arménien en Arménie ou celles de Gallipoli en Turquie.

Maintenant, il est tout aussi clair
qu’il ne faut pas s’attendre à ce que les grandes puissances, Etats-Unis en tête, changent leur géostratégie régionale pour la vérité historique. Vérité historique qu’ils admettent d’ailleurs, mais laquelle n’est pas sensée chambouler le difficile équilibre de la région. Trop d’intérêts sont en jeu et l’Arménie ne pèse pas lourd vis à vis de la Turquie ; quant à l’Azerbaïdjan, il n’existe sur l’échiquier politique uniquement grâce à son énergie fossile.

Donc, deux conditions pour que les relations Arménie-Turquie deviennent normales : - Résolution du conflit du Karabakh conforme aux vœux de Bakou ; - Mise en place d’une commission mixte d’historiens qui qualifiera les événements de 1915. Deux conditions aussi pour que les relations Arménie-Azerbaïdjan deviennent normales : - Retrait total des soldats arméniens de tous les territoires occupés ; - Abandon définitif d’une quelconque indépendance du Haut-Karabakh.
Avantages pour l’Arménie : Non seulement nuls, mais totalement négatifs.

Certes il est difficile de vivre avec des frontières fermées à l’Ouest comme à l’Est, mais pour qu’elles s’ouvrent doit-on perdre pour autant son âme, ses revendications et faire fi de tous gens qui ont combattu, ont donné leur vie ou se sont fait massacrés ?

Il est peu probable de trouver des Arméniens, qu’ils soient nationaux ou diasporiques, susceptibles d’accepter un tel marché. Si tel est le cas, c’est que le stade de l’assimilation a été largement dépassé, et qu’ils n’ont plus d’Arménien que le nom, si tant est qu’ils ne l’ont pas changé.

Fort heureusement les Arméniens du monde entier ont réussi à se mettre d’accord pour cette année du centenaire et à sortir un communiqué commun.
 

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Traductions – revue de presse

Extrait de Radiolour, de PanArmenian et de News.am

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Arménie

Dans le cadre de la 28e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, en compagnie de ses homologues russe (Sergei Lavrov) et libanais (Gebran Bassil), a prononcé un discours lundi à Genève, lors de la table ronde intitulée «Soutenir les droits des chrétiens, en particulier au Moyen-Orient" ; dont voici quelques extraits :

«Cette région a été l’un des lieux uniques du monde où le multiculturalisme n’était pas une simple aspiration, mais la réalité. La civilisation contemporaine a été largement façonnée par les valeurs, les connaissances qui ont émergé dans le Proche et Moyen-Orient, qui ont été le berceau de nombreuses civilisations et religions, y compris le christianisme. Malheureusement, aujourd’hui, la survie du christianisme dans ces terres est sous une grave menace. Les titres alarmants touchant les minorités chrétiennes sont diffusés avec une terrible fréquence. (…) Qu’il suffise de dire que le pourcentage des chrétiens par rapport à la population totale de la région est passé de
 

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OSCE

Conformément à l'accord conclu avec les autorités de l’Artsakh, la Mission de l'OSCE a mené le 4 Mars une surveillance de la ligne de contact entre le Karabakh et les forces armées azerbaïdjanaises au Nord-Ouest du village de Talich dans la région Mardakert.

Côté RHK, la surveillance a été effectuée par Yevgeny Sharov (Ukraine), Peter Svedberg (Suède), ainsi que par le colonel Markus Widmer (Suisse).

Côté Azerbaïdjan, c’est
 
 
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PPE

Le Parti populaire européen (PPE) vient d’adopter une résolution concernant le 100e anniversaire du génocide arménien :

«Le génocide arménien, responsabilité de la Turquie, et les valeurs européennes

Le Parti populaire européen, conformément à sa propre plate-forme et aux normes, réaffirme sa reconnaissance et la condamnation du génocide et de la Grande Dépossession nationale du peuple arménien à la veille de son 100e anniversaire le 24 Avril 2015.

1-  Le génocide arménien, qui a été perpétré par le gouvernement Jeune-Turc dans les dernières années de l’Empire ottoman, est dûment documenté par des preuves irréfutables se trouvant dans les archives officielles de l’Allemagne, de la France, du Canada, des États-Unis, et d’autres pays à travers le monde. Il a non seulement entraîné la mort et la dépossession de plus de deux millions d’êtres humains, mais aussi dans la décimation du patrimoine arménien, de ses modes de vie, et dans ses contributions fondamentales à la culture occidentale et la civilisation mondiale. Le génocide a également été étendu aux Grecs pontiques, aux Assyro-Chaldéens, et aux peuples Yézidis.
 
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Institut international pour la Justice

«Ce sont les Allemands qui ont suggéré aux turcs ottomans que les Arméniens soient relocalisés pour régler la question arménienne, en se basant sur la pratique du nettoyage ethnique opéré par eux en Afrique du Sud-ouest en 1905. Les Allemands ont été complice des Turcs. N’oublions pas  que l'Empire Ottoman et l'Allemagne étaient alliés pendant la première guerre mondiale,» a déclaré, lors d'une conférence intitulée «l'héritage de génocide arménien : 100 ans», le juriste britannique Geoffrey Robertson, qui a également travaillé  comme juge d'appel auprès du Tribunal spécial des Nations Unies pour la Sierra Leone de 2002 à 2007.

La Conférence de deux jours, organisée avant la commémoration du centenaire de la réinstallation forcée des Arméniens -  citoyens Ottomans, s'est tenue à l’Institut international pour la Justice de la Haye.

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Union européenne

Le Haut représentant pour les Affaires étrangères et la sécurité politique et vice-présidente de la Commission, Federica Mogheriniand, et le Commissaire pour la politique européenne de voisinage et l'élargissement, Johannes Hahn, ont lancé aujourd'hui une consultation sur l'avenir de la politique européenne de voisinage (PEV), dont le dernier examen date de 2011. Compte tenu des développements importants dans la région depuis lors, il est devenu essentiel d'entreprendre un réexamen fondamental des principes sur lesquels la politique se fonde, ainsi que de son champ d'application et sur le comment ses instruments doivent être utilisés.

"L'UE a un intérêt vital dans la construction de solides partenariats avec ses voisins. Les récents développements dans la région ont augmenté les défis auxquels nous faisons face : de pressions économiques aux menaces irrégulières de migration et de sécurité. Il faut
 
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Russie

La Russie a appelé les parties en conflit sur le Karabakh à montrer de la retenue et à éviter toute action qui conduirait à une escalade.

"La situation dans la zone de conflit du Karabakh reste instable. L'escalade du début de l'année a été suivie d'un relatif statu quo dans la seconde moitié de février. Les représentants des parties ont accepté la surveillance de la ligne de contact, menée par le représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE Andrzej Kasprzyk le 20 février," a indiqué le représentant officiel du ministère russe des Affaires étrangères Alexander Lukashevich.

«Toutefois, les informations reçues sur les premiers jours de mars témoignent d'une escalade récurrente des violations du cessez-le-feu, qui, malheureusement, ont fait des victimes. Andrzej Kasprzyk s’est rendu hier à la ligne de contact pour sa mission de surveillance. Un rapport détaillé est en cours de préparation. Je pense que nous allons recevoir de plus amples informations par les participants de la surveillance.

Nous avons appelé les parties à faire preuve de retenue et à éviter toute action qui pourrait conduire à accroitre la tension, et de rester attachés à la résolution pacifique du conflit comme il a été convenu lors du sommet de Sotchi le 10 août dernier," a souligné Loukachevitch.

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Le coin des experts et des observateurs

Editorial du 1er mars du Washington Post

Le Président Ilham Aliev, montre des signes de despotisme effréné. Les journalistes, blogueurs, avocats, militants des droits de l'homme ou simples opposants qui défendent la liberté individuelle sont arbitrairement arrêtés et emprisonnés, indique l’article du Washington Post.

L’une des méthodes préférées d’Aliev pour faire taire les gens est la détention provisoire. La loi azérie déclare qu'elle doit être utilisée que dans des cas limités, et le code de procédure pénale azerbaïdjanais a mis ce pouvoir dans les mains des juges, et non des procureurs, il y a plus d'une décennie. Seulement dans la pratique,
 
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Extrait de Radiolour, de PanArmenian et de News.am

 

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