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jeudi 18 juin 2015

Les Jeux de Bakou



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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Erdoğan voit filer entre ses doigts l’intransigeance de la Turquie envers sa voisine. La signature des protocoles arméno-turcs de normalisation des relations avec l’Arménie sans la condition préalable concernant le Karabakh, lui avait déjà donné un avant-goût des limites de sa politique. Avril 2015 en a rajouté une couche avec son cortège de reconnaissance du génocide par des Etats ou des parlements, un rappel à l’ordre par le Parlement européen une autre couche, et pour terminer le 7 juin avec l’arrivée des minorités à la grande assemblée nationale turque sous la bannière du HDP. Et même dans la société civile – ONG, médias, intellectuels -, il n’y a plus grand monde pour valider sa vision de l’histoire et ses relations avec l’Arménie.

L’ouverture des jeux européens à Bakou n’a pas eu l’effet escompté par les dirigeants azerbaidjanais. Certes il y a eu beaucoup de monde surtout des sportifs mais très peu de chefs d’Etat importants si l’on excepte les présidents russe et turc. Le premier était présent pour des raisons géostratégiques ne tient pas à voir l’Azerbaïdjan verser dans le giron occidental ; le second, pour des raisons pour partie économiques mais surtout diplomatico-anti-arméniennes avec un volet militaire.

Le rôle joué par la Russie a toujours été claire, surtout sous la direction de Vladimir Poutine. Autant Moscou a laissé « filer» les pays satellite de l’URSS, une Europe de l’Est que les Occidentaux se sont empressés d’accaparer par l’intermédiaire de l’UE (huit pays de l’Est intégrés en 2004 et deux de plus en 2007) ou par l’OTAN (trois pays de l’Est intégrés en 1999 et sept de plus en 2004). Et comme cela ne suffisait pas, l’UE s’est intéressée aux ex-républiques soviétiques par le biais de la Politique Européenne de Voisinage et le Partenariat oriental. Et lorsque des accords d’association ont été proposés, ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase russe et déclenchée la mise en œuvre de la crise ukrainienne et la création de l’Union Economique Eurasienne.

Le style Poutine consiste à souffler le chaud et le froid que ce soit en Ukraine ou au Sud-Caucase. Ce qui s’est traduit par sa présence à Erevan le 24 Avril pour les commémorations du centenaire du génocide et le 12 Juin à Bakou pour l’inauguration des Jeux européens. Moscou veut avoir le beurre et l’agent du beurre, c'est-à-dire garder l’Arménie sous sa coupe - réalisé en grande partie sur tous les plans : économique, politique et militaire -, mais également l’Azerbaïdjan pour des raisons essentiellement économiques (armement et énergie) et géostratégiques.

Donc attendre de Moscou qu’il veuille bien agir effectivement pour la résolution pacifique du conflit du Karabakh n’est pas pour demain. Comme disent les observateurs avertis, si les Etats-Unis la Russie et la France avaient réellement voulus régler le conflit, celui-ci ne continuerait pas de trainer depuis vingt-un ans.

Est-ce pour autant que la situation est définitivement bloquée ? Non, certainement pas. Comme en Turquie, il y a la société civile qui peut changer les choses, encore faudrait-il qu’elle puisse s’exprimer, il y a également la pression que peuvent exercer les Occidentaux sur le potentat Aliev plutôt que le caresser dans le sens du poil pour des raisons bassement matérielles. Reste bien évidemment l’influence prédominante de la Turquie, laquelle est liée indirectement à la politique de Washington. Une reconnaissance du génocide des Arméniens et/ou une prise de position de l’OTAN changerai totalement la donne dans la région.


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Traductions – revue de presse 

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Les dessous des Jeux européens de Bakou

Les première Jeux européens se sont ouverts Vendredi à Bakou, mais l'événement a été éclipsé par situation, dans l’ancienne république soviétique connue pour grande richesse pétrolière, de la tolérance zéro de la dissidence, du bafouage des droits de l’homme et des allégations de corruption gouvernementale.

L’Azerbaïdjan a dépensé près d’un milliard de dollars pour recevoir les 6000 athlètes de 50 pays, selon le ministre des Sports Azad Rahimov : "Ces Jeux européens devrait être une célébration de l'amitié. Nous disons toujours que les sports doivent signifier la paix et doivent


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Turquie and Co

Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré que des élections anticipées seraient «inévitables» si les deux partis, l’AKP au pouvoir et le principal parti d'opposition, échouent pour la formation d’un nouveau gouvernement dans la limite constitutionnelle de 45 jours.

«Vu que ni le premier parti [AKP] ni le second [CHP] ne sont capables de gouverner seuls ... la probabilité de refaire des élections sera inévitable conformément à la constitution. Je ne peux pas appeler cela un sondage de pression mais une


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Grande-Bretagne

Le 16 juin, la Chambre des Lords a débattu de la reconnaissance du génocide arménien.

«Le gouvernement de sa Majesté reconnaît les terribles souffrances infligées au peuple arménien et aux autres groupes vivant dans l'Empire Ottoman au début du XXe siècle. Tout en se souvenant et en honorant les victimes du passé, nous croyons que la priorité du Royaume-Uni se doit d’aider les peuples et les gouvernements de la Turquie et l'Arménie pour faire face ensemble à leur histoire commune», a déclaré le comte James Stopford,
 
Suite

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Le coin des analystes et des observateurs

Ilya Lozovsky - Tamara Grigoryeva : L'Azerbaïdjan et les droits de l'homme

Paul Goble : Le devenir du Karabakh


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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de Today.az

 


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