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mercredi 30 septembre 2015

Azerbaïdjan : «Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre»



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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Pour ce qui est des positions des uns et des autres, elles sont connues à 99%. Ce qui peut se résumer en une idée maitresse pour chacune des parties en conflit :
-      Soit : Il n’est pas question de céder un pouce de terrain aux Arméniens, que ce soit le Haut-Karabakh et encore moins les sept districts occupés. L’intégrité territoriale et l’intangibilité des frontières priment sur tout.
-      Soit : Il n’est pas question de revenir à la situation d’avant-guerre avec un Haut-Karabakh ayant au mieux un statut de grande autonomie. Le droit à l’autodétermination des peuples est un droit inaliénable.

Probablement comme bon nombre de personnes je serai curieux de savoir ce que disent réellement les coprésidents aux dirigeants lors des rencontres officielles arméno-azerbaidjanais. J’emploie sciemment le mot «réellement», car pour ce qui est des propositions officielles(1), elles sont connues de tout à chacun, mais sont inacceptables en l’état ni par les uns ni par les autres, et évidemment, pas pour les mêmes raisons.

La première réflexion qui me vient à l’esprit est : «Pourquoi voulez-vous qu’un potentat local, fort de ses pétrodollars, méprisant les valeurs démocratiques et les libertés, décrié par les organisations internationales, décide de «lâcher» le Haut-Karabakh ? Quand on sait de surcroit que Bakou pendant des décennies se fichait royalement de la région autonome du Nagorny-Karabakh, rattaché d’autorité par Staline à l’Azerbaïdjan, peuplé de paysans et ne présentant aucun intérêt stratégique et encore moins économique. Il n’y a aucune raison, si ce n’est perdre la face, c’est à dire son amour-propre, et très probablement continuer ce petit jeu sur les conseils avisés de son grand frère ottoman.

La seconde est liée au non usage de la force. «Qui réclame à corps et à cri auprès des organisations internationales des territoires lui appartenant et menaçant du pire s’il n’obtient pas satisfaction ?». Dans la réponse, se trouve également l’auteur des violations du cessez-le-feu.

Partant du constat que quoi qu’il fasse d’illégal et de répréhensible, les Etats coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE – c'est-à-dire la Russie, les Etats-Unis et la France, ne lèveront pas le petit doigt, sauf bien sur s’il déclenchait une guerre à grande échelle, le dictateur azéri aurait tort de se priver. Si seulement ces «chers» pays coprésidents se contentaient de réciter en boucle les règles et les normes en vigueur, pire, ils fournissent en armements offensifs les belligérants. Bel exemple de médiation !

Il existe très certainement d’autres méthodes pour faire pression, mais encore faut-il que le jeu en vaille la chandelle.

C’est vrai que pour leur excuse, qu’ils doivent s’occuper des crises du Moyen-Orient, des groupes terroristes, du problème Ukrainien, et maintenant des réfugiés, dont eux-mêmes sont la cause par leurs actions inconsidérées dictées par des sentiments nobles.
 

 

(1) Trois principes de base :
-      intégrité territoriale ;
-      non usage de la force ou de la menace d’usage de la force ;
-      égalité des droits et autodétermination des peuples.

Et six éléments principaux :
- Retour des territoires entourant le Haut-Karabakh sous contrôle azerbaïdjanais ;
- Un statut pour le Haut-Karabakh en prévoyant des garanties pour la sécurité et l'auto-gouvernance ;
- Un couloir reliant l'Arménie au Haut-Karabakh ;
- Une détermination dans le futur du statut juridique définitif du Haut-Karabakh par le biais d'une expression juridiquement contraignante d’un referendum ;
- Le droit pour les toutes les personnes déplacées et/ou des réfugiés à retourner dans leurs anciens lieux de résidence ;
- Une garantie de sécurité internationale incluant une opération de maintien de la paix.
 

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Traductions – revue de presse

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Arménie

Trois civils arméniens viennent d’être tués et deux autres blessés, à la suite d’une violation du cessez-le-feu par la partie azerbaïdjanaise le 24 Septembre, suivi le 25 par la mort de quatre soldats, et de quatre autres blessés le surlendemain. Pour ce faire, l’ennemi a utilisé de l'artillerie lourde et ses mortiers de calibres différents.

«Nous ne pouvons pas exclure des tirs en direction de villages frontaliers. Nous devons tous réaliser que la situation à la frontière ne tend pas vers une accalmie des tirs en direction des villages. Les tirs ennemis

 
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OSCE

Le coprésident américain, l’ambassadeur James Warlick a déclaré : «Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE espèrent amener les ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan à poursuivre les préparatifs pour le prochain sommet des présidents.

Les coprésidents ont progressé dans les négociations avec l'Azerbaïdjan et l'Arménie sur les éléments d'un accord global sur le conflit du Karabakh, ils ont contribué à réduire les tensions le long de la ligne de contact, suite à la violence


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Allemagne

«Le Bundestag va adopter la résolution sur le génocide arménien cet automne. Il y a des processus au sein du parlement, mais je ne peux pas donner une date précise. Le génocide arménien a été un sujet de vives discussions en Allemagne,» a déclaré l’ambassadeur d'Allemagne en Arménie, Matthias Kiesler.

L’Ambassadeur a rappelé les discours prononcés par le président de l'Allemagne Joachim Gauck et le président du Bundestag Norbert Lammert ; et a parlé de
 

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Etats-Unis

La sous-secrétaire adjoint à la Défense chargée du Département  Russie/Ukraine/Eurasie, Evelyn Farkas, a déclaré qu'un plan pour déployer des soldats de la paix russes dans le Haut-Karabakh doit être élaboré, et que cela doit être pris en considération par les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE.

En réponse à cette déclaration, le député Vahan Badassian a réagi indiquant : «Les gens doivent être à l'unanimité contre le déploiement de forces de maintien de la paix dans le Haut-Karabakh. La Russie n’a certainement pas le droit, en tant que coprésident du groupe de Minsk de


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Artsakh

Les Observateurs de l'OSCE ont effectué le suivi régulier de la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan aux environs du village d’Aygepar dans la région de Tavouch.

Du côté arménien la surveillance a été menée par Yevgeny Sharov (Ukraine) et Peter Svedberg (Suède). Les maires de Movses et de Verine Karmir Aghbyur ont exprimé leur inquiétude au sujet du bombardement de civils.

Les assistants de terrain du Représentant spécial du Président en exercice de l'OSCE ont pris des notes concernant les doléances des maires qu'ils incluront dans leurs rapports.

Du côté de l'Azerbaïdjan, le suivi a été effectué dans la même région aux environs du village d'Alibeyli, par Simon Tiller (Grande Bretagne) et Khristo Khristov (Bulgarie).

Comme à l’accoutumé, aucun incident n’a été relevé au moment de la visite.

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Russie

Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a discuté avec les coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE concernant le Haut-Karabakh, la situation actuelle à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et à la ligne de contact.

"Les coprésidents du groupe de Minsk se sont engagés à rechercher des solutions nouvelles en vue d’un règlement du conflit du Karabakh. Je suis très heureux de cette occasion pour comparer leurs observations et voir ce que nous pouvons faire de plus pour

 
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Le coin des analystes et des observateurs

Le président de l'Institut arménien des Affaires internationales et de la sécurité, le politologue Stiopa Safarian a indiqué, que compte tenu de la menace militaire implacable de l'Azerbaïdjan sur les frontières de l'Arménie, cette région est extrêmement importante.

«L'Arménie ne doit pas seulement compter faire taire l'adversaire par ses propres moyens, mais compter sur l’Alliance (OTSC) dans cette affaire. Si nous manquons l'occasion maintenant, l'Azerbaïdjan va en tirer des conclusions au sujet de la sécurité de l'Arménie".

De l'avis de l'analyste, si l'Azerbaïdjan est fait usage de véhicules blindés lors du lancement d'attaques, cette question doit être soulevée immédiatement à l'OTSC.

"L'Arménie a besoin d'obliger ses alliés pour lutter conjointement contre l'Azerbaïdjan. Ils doivent remplir leurs engagements de l'Alliance."

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de News.az

 


 

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