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samedi 26 décembre 2015

Sarkissian-Aliev : Timide arbitrage des médiateurs




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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Surtout ne brusquer personne et certainement pas le fauteur de troubles. Le plus important pour les coprésidents du groupe de Minsk, c’est qu’Ilham Aliev participe à des rencontres au sommet et qu’il se retienne de lancer ses troupes contre les Arméniens. Il n’est pas question de contrarier le potentat azéri, pourvoyeur d’énergie et de diverses mannes aux européens. Et surtout on n’ira pas vérifier sur le terrain si Bakou respecte ses engagements sur la non-violation du cessez-le-feu. Quant aux civils tués, quelques larmes de crocodile suffisent, histoire de passer du baume sur le cœur des Arméniens.

Quant à trouver un début de commencement de solution au conflit du Karabakh, c’est peine perdue. Le despote azéri a fait sienne la devise : Ce que Staline a généreusement donné [morceler pour régner] à l’Azerbaïdjan, les Arméniens ne peuvent le reprendre, même si le territoire en question faisait partie de la république d’Arménie. C’est ce que lİlham Heydər oğlu Əliyev appelle l’intangibilité des frontières.

Partant de là, il est clair que la position du rejeton d’Heydar a peu de chance de changer.
1-   Bakou a accepté le cessez-le-feu de 1994 car il ne pouvait faire autrement. les troupes arméniennes auraient gagné encore plus de terrain, l’armée azérie étant en quasi déroute. D’où le gout amer de la défaite, et une idée bien ancrée de vengeance.
2-   Bakou ne veut pas tenir compte des propositions des coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE car elles comportent des points inacceptables comme par exemple : le droit à l’autodétermination des peuples.
3-   Bakou s’appuie essentiellement sur les quatre résolutions prises en 1993 par le Conseil de sécurité de l’ONU, c’est-à-dire au plus fort de la guerre arméno-azerbaidjanaise, et donc bien avant le cessez-le-feu en mai 1994 et la nomination du groupe de Minsk et des trois coprésidents pour résoudre le conflit par voie diplomatique. Par cette acceptation d’arbitrage, la mise en œuvre des résolutions onusiennes devient caduque, ce qui est confirmée par le Secrétaire général de l’ONU et les membres permanents du Conseil de sécurité.
4-   Bakou considère les troupes arméniennes qui se trouvent dans les districts entourant le Haut-Karabakh comme étant une troupe d’occupation, qui de surcroit mitraillent les azerbaidjanais se trouvant à la ligne de contact. Ainsi par leur présence, les violeurs du cessez-le-feu sont les Arméniens et donc les militaires azéris ne font que répliquer aux tirs des «occupants».
5-   Bakou ne compte pas changer de stratégie sachant pertinemment que ni les Occidentaux ni les Russes ne s’immisceront militairement dans le conflit.  

Mais alors pourquoi l’Arménie ne se retire-t-elle pas des districts entourant le Haut-Karabakh pour faire avancer le processus de négociateur comme le réclame l’Azerbaïdjan ?

La réponse se trouve dans les déclarations du mégalomane azéri : «tout Arménien, où qu'il se trouve, doit être considéré comme l'ennemi public numéro un des Azéris. () Les Arméniens et la Diaspora arménienne sont nos pires ennemis. () L'Arménie est ...un pays négligeable...une colonie, un poste avancé géré depuis l'étranger, un territoire artificiel créé sur d'anciennes terres azerbaïdjanaises. Etc. etc.»

Et surtout que l’on ne vienne pas dire que c’est un discours destiné à la population azerbaidjanaise voire électoraliste, alors qu’il est prononcé en permanente et appuyé par des actes belliqueux.

Ce que bon nombre d’Occidentaux ne veulent pas comprendre, c’est que l’Azerbaïdjan comme bon nombre de pays islamiques ou islamistes, ne partage pas les valeurs occidentales. Alors essayer de mettre en œuvre des mesures s’appuyant sur ces valeurs est une vision idyllique et angélique de la politique. Sauf peut-être Poutine qui ne s’embarrasse pas dans des salamalecs obséquieux.
 

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Traductions – revue de presse

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Arménie

«Nous condamnons fermement l'aggravation sans précédent de la situation à la ligne de contact, qui a conduit à un certain nombre de pertes humaines à la veille de la réunion des Présidents arménien et azerbaïdjanais prévue le 19 Décembre,» a déclaré le ministre arménien des Affaires Etrangères Edouard Nalbandian.

"Nous exprimons nos profondes condoléances aux familles des soldats tués de l'Armée de défense de la RHK.

La montée de tensions à la veille de chaque réunion de haut niveau est devenue habituelle. Bakou chérit


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OTAN

Le représentant spécial du Secrétaire général de l'OTAN pour le Caucase et l'Asie centrale James Appathurai a discuté sur un éventuel déploiement de forces de maintien de la paix au Haut-Karabakh, lequel était totalement prématuré, précisant :

"Le déploiement d'unités de maintien de la paix au Haut-Karabakh est une possibilité d'un règlement politique, mais aucune entente n'a encore été entamée à ce jour.

Donc il est très prématuré de
 

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Etats-Unis

«La proposition du Département d'État des États-Unis, qui a été faite en vue de la réunion de samedi à Berne entre les présidents arménien et azerbaïdjanais, concernant la proposition sur de dispositifs sensibles à installer sur la frontière et qui enregistre les incidents et les fusillades, n'a pas été faite à l'improviste,» a déclaré un haut fonctionnaire.

"C’est un carton jaune à l'Azerbaïdjan. En outre, le côté américain est bien conscient que l'Azerbaïdjan ne sera pas d'accord avec cela. Mais ceci est un mouvement tactique pour attirer l'Azerbaïdjan loin de la Russie, de faire comprendre que le plan de M. Lavrov, à savoir que «les promesses russes» dont les Azerbaïdjanais se gargarisent, sont une illusion.

Les Etats-Unis savent très bien que les relations Azerbaïdjan-Turquie sont très tendues en ce moment, et ils tentent de prendre le contrôle du processus Karabakh, en attendant un changement sérieux dans le comportement d’Ilham Aliev, et un virage vers l'Ouest.

Est-ce que ces attentes occidentales arriveront à terme lors de la prochaine réunion des présidents ? Je ne le pense pas,» a conclut le haut-fonctionnaire.

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Azerbaïdjan

En vertu de la décision du gouvernement arménien, la Mosquée bleue d'Erevan sera concédée aux iraniens avec un bail de 99 ans.

A la suite de quoi, un dignitaire religieux azéri, qui s’est levé du pied gauche, a décidé de déclarer l'Arménie : "ennemie de l'Islam."

Se référant aux discussions du gouvernement arménien avec l'Iran concernant la Mosquée Bleue, le président du Comité d'Etat pour le travail avec les organisations religieuses Mubariz Gurbanli, a fait valoir des droits sur toutes les mosquées située sur le territoire arménien au motif que "les anciennes mosquées en Arménie sont des mosquées azerbaïdjanaises" et d’ajouter :

«L'Arménie est dans l'ensemble l'ennemie des Turcs et des musulmans. Les pourparlers de l'Arménie avec l'Iran sur le sort de la Mosquée Bleue sont menés pour le spectacle. Le but est de détourner les monuments culturels iraniens.»

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Rencontre Sarkissian-Aliev

Les négociations entre les présidents arménien et azerbaïdjanais, Serge Sarkissian et Ilham Aliev ont eu lieu dans la capitale suisse, Berne.

Les pourparlers de médiation ont ​​commencé par la rencontre des ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan, Edouard Nalbandian et Elmar Mammadyarov, en présence des coprésidents du Groupe de Minsk, Igor Popov (Russie), James Warlick (USA), Pierre Andrieu (France) ainsi que du Représentant personnel du Président en exercice de l’OSCE, Andrzej Kasprzyk. Puis, les présidents sont intervenus.

Les négociations ont

 
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Le coin des experts et des observateurs

Ruben Safrastian : La politique de l'Azerbaïdjan

Gagik Haroutounian : Les Etats-Unis et l'Azerbaïdjan
 
Fikret Sadigov : Les propositions de l'Azerbaïdjan pour résoudre le conflit

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de Today.az

 

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