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vendredi 13 janvier 2017

Conflit du Haut-Karabakh



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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L’année 2016 s’est achevée sur une triste note, Bakou a clôturé l’année avec un nouvelle attaque ayant entraîné la mort de trois militaires arméniens, plus celle d’un membre du commando azéri, resté sur le territoire arménien.

Attaque dont l’ampleur n’a rien à voir avec celle d’Avril qui a fait plusieurs centaines de morts de part et d’autre, et malheureusement parmi la population civile, suite aux tirs à l’arme lourde sur les villages arméniens.

Malgré de nombreuses preuves, la réaction des pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE a été de renvoyer dos à dos les belligérants, se contentant comme à l’accoutumé de sortir des déclarations génériques reprenant les trois principes de base et les six éléments principaux, élaborés à Madrid en Novembre 2008 et basés sur l’Acte final d’Helsinki (1975) et les normes internationales.

Ce type de déclaration dure depuis des années et n’est pas prêt de se terminer.

L’Arménie a accepté les propositions des médiateurs partant du constat qu’en 1988 la région autonome du Haut-Karabakh a demandé officiellement son détachement de la RSS d’Azerbaïdjan et son rattachement à la RSS d’Arménie conformément aux lois en vigueur en URSS. Ce qui signifie que le Haut-Karabakh, quel que soit l’issue des négociations de paix, ne peut retourner sous administration azérie ; et ce d’autant qu’un référendum en Novembre 1991 conforte la déclaration d’indépendance proclamée en septembre 1991. Faits dont les pays médiateurs ne tiennent absolument pas compte, se contentant d’essayer de régler les conséquences.

Pour Bakou, il en va tout autrement. Le Haut-Karabakh fait partie de l’Azerbaïdjan (intégrité territoriale) et il n’est pas question d’indépendance. Les dirigeants azéris n’ont que faire des propositions des médiateurs internationaux, pas plus que des Sommets entre Présidents, organisés ou pas par eux. Seuls comptent pour les Azéris la restitution des territoires perdus en 1994, ce qui sous-entend le départ des militaires arméniens et tant qu’à faire de la population civile arménienne non-satisfaite de cet arrangement. A partir de là, tous les moyens sont bons pour inciter les Arméniens à quitter la région à commencer par les tenailler militairement à longueur de jour.

Ça, c’est pour la partie urbi.

Mais le clan Aliev n’en reste pas là, il mène aussi une bataille sur la partie orbi. Que ce soit dans les organisations internationales – ONU, OSCE, UE, PE, Conseil européen, Conseil de l’Europe, APCE,- ou auprès des gouvernements et/ou des parlementaires nationaux, tout est fait pour dénigrer l’Arménie, notamment en usant de la diplomatie du caviar. Et comme cela ne suffit pas, les ambassadeurs azerbaidjanais ont pour mission de s’immiscer dans les Affaires intérieurs des Etats en écrivant directement aux élus.

Tenant compte de toutes ces actions, les possibilités de l’Arménie sont limitées. Certes, elle peut soutenir de nouvelles attaques, bien qu’elle soit moins équipée que l’ennemi ; mais cela ne fera que renforcer les velléités du clan Aliev. Reste le comportement de la communauté internationale et plus particulièrement des pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE.

Le groupe de Minsk de l’OSCE existe depuis 1992 et les trois coprésidents depuis décembre 1996. Au bout de 20 ans, force est de constater qu’à part éviter que la guerre reprenne – ce qui est déjà pas mal, pas grand-chose ne permet de faire progresser les négociations de paix. Il serait peut-être temps de revoir leur stratégie et de ne plus se contenter de rabâcher les mêmes généralités en appliquant la méthode Coué. Mettre les points sur les ‘i’ et ‘appeler un chat, un chat’ changerait peut-être le comportement de certains. Espérons que les médiateurs nouvellement nommés s’y emploieront.




Rappels :

Propositions des médiateurs :
Trois principes de base :
-      intégrité territoriale ;
-      non usage de la force ou de la menace d’usage de la force ;
-      égalité des droits et autodétermination des peuples.
Six éléments principaux :
- Retour des territoires entourant le Haut-Karabakh sous contrôle azerbaïdjanais ;
- Un statut pour le Haut-Karabakh en prévoyant des garanties pour la sécurité et l'auto-gouvernance ;
- Un couloir reliant l'Arménie au Haut-Karabakh ;
- Une détermination dans le futur du statut juridique définitif du Haut-Karabakh par le biais d'une expression juridiquement contraignante d’un referendum ;
- Le droit pour les toutes les personnes déplacées et/ou des réfugiés à retourner dans leurs anciens lieux de résidence ;
- Une garantie de sécurité internationale incluant une opération de maintien de la paix.

Mandat des coprésidents du Groupe de Minsk
Suite à la décision du Sommet de Budapest, le 23 Mars 1995, le Président en exercice a chargé les coprésidents du Groupe de Minsk (Etats-Unis, Fédération de Russie et France) de fournir un cadre approprié pour la résolution des conflits de manière à assurer le processus de négociation; pour obtenir la conclusion par les parties d'un accord sur la cessation du conflit armé afin de permettre la tenue de la Conférence de Minsk; et de promouvoir le processus de paix en déployant les forces de maintien de la paix multinationale de l'OSCE. Le processus de Minsk peut être considéré comme conclu avec succès si ces objectifs sont pleinement satisfaits.



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Traductions – revue de presse

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Arménie

«Les événements d'Avril ont confirmé l'incapacité de la partie azerbaïdjanaise comme partenaire de négociations,» indique dans le périodique Analyticon, le politologue Massis Maïlian.

«En lançant une nouvelle attaque en Avril, l'Azerbaïdjan a non seulement rompu le processus de négociations et violé ses obligations internationales, mais aussi a dénoncé l'accord tripartite de cessez-le-feu de 1994 et l'accord de renforcement du cessez-le-feu de 1995, signés par les représentants du Haut-Karabakh, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie. Les notes concernant la dénonciation des documents adoptés antérieurement ont été diffusées par la Mission permanente de l'Azerbaïdjan auprès de l'OSCE le 11 avril 2016 et par la Mission permanente de l'Azerbaïdjan auprès de l'ONU le 14 avril 2016. Ainsi, les autorités de Bakou ont 


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Russie

«Toute tentative de trouver une solution au conflit du Karabakh sans la participation des autorités de la République du Haut-Karabakh et de la société civile, sera bloquée par Stepanakert,» a déclaré le politologue russe Alexandre Skakov.

 "Il est exact de dire que lorsque les parties du conflit et les intermédiaires seront prêts à une résolution réelle fondée sur un compromis, ils commenceront immédiatement à impliquer la RHK dans le processus de paix. C'est comme résoudre le conflit du Kosovo sans la participation des Kosovars, de l'Abkhazie sans la participation des résidents de cette république, ou de la Crimée sans la participation du peuple de Crimée. Toutefois, ces trois problèmes ont déjà été résolus, résolus par la volonté des habitants de ces régions et non sur leur dos, que cela vous plaise ou non", a souligné l'expert.

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Suisse

«L'arrêt de la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH) dans l'affaire Perinçek vs Suisse n'est pas convaincant à la fois dans son raisonnement et dans sa conclusion,» a déclaré le professeur suisse de droit de l'Université de Fribourg, Gerhard Fiolka.

«Avec cette décision, la CEDH a sérieusement entravé la marge de discrétion des États. En Europe, la liberté d'expression n'est nullement considérée comme illimitée, mais le verdict juridique contient diverses interventions dans la liberté d'expression.


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OSCE

Le mandat du Représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE, l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk, a été prolongé d'un an.

La décision a été annoncée lors d'une réunion extraordinaire du Conseil permanent de l'OSCE, tenue en présence du Président en exercice de l'OSCE, le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz.


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Artsakh

«La résolution du conflit du Karabakh sera impossible sans la présence de l'Artsakh dans les pourparlers,» a déclaré le porte-parole du président de la RHK, David Babayan.

"L’accent sera mis sur le maintien de la stabilité, car il n'y a aucune autre option à ce stade.

Il est impossible de 


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Relations Israël-Azerbaïdjan

Alexander Lapshin, un blogueur israélien âgé de 40 ans de nationalité russe qui réside à Haïfa, a récemment visité le Haut-Karabagh et a plus tard soutenu ouvertement son indépendance. Peu après, l'Azerbaïdjan a délivré un mandat d'arrêt pour suspicion d'espionnage et des motifs liés à la "sécurité intérieure".

Après avoir atteint la Biélorussie, Lapshin a été arrêté à la demande de l'Azerbaïdjan, qui cherche à le faire extrader. Les responsables israéliens craignent que si Lapshin est transféré en Azerbaïdjan, il sera jugé pour espionnage et sera condamné à une lourde peine d'emprisonnement.

Ndlt : «Chasser le naturel, il revient au galop»




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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de News.azet de swissinfo


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