vendredi 18 janvier 2019

Arménie-Azerbaïdjan : vingt ans de négociations.




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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Une fois n’est pas coutume les ministres des Affaires étrangères de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan se sont rencontrés à Paris sous l’égide des coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE.

On ne compte plus le nombre de réunions entre les deux pays depuis 1999. Quand on sait que rien qu’au niveau présidentiel quarante-cinq rencontres se sont déjà déroulées, au niveau ministériel on dépasse la centaine de réunions.

Vingt ans après, y a-t-il eu beaucoup de changements ?

Malheureusement non. On en est toujours au statu quo, instauré lors de la signature de l’Accord trilatéral de cessez-le-feu signé à Bichkek le 17 mai 1994, entre les présidents du Parlement du Haut-Karabakh, de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan. Ce qui explique pourquoi Stépanaguerd tient à participer aux négociations de paix au même titre qu’Erevan et Bakou.

Les tentatives de l’Azerbaïdjan de vouloir régler le problème par les armes ont échoués à chaque fois, avec un pic dangereux en Avril 2016 qui a fait plusieurs centaines de morts. Même les discours martiaux, haineux, voire xénophobes, n’ont mené à rien, sinon s’attirer des remarques très généralistes des coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE.

Si l’arrivée au pouvoir du fils de l’ex-président azerbaidjanais, Ilham Aliev, n’a fait qu’envenimer les choses, l’arrivée au pouvoir du nouveau Premier ministre arménien, Nigol Pachinian, a modifié la stratégie du clan Aliev. Fini les discours agressifs anti-arméniens, et surtout mise en œuvre d’un assouplissement notable des violations du cessez-le-feu sur la ligne de front, et donc du nombre de victimes.

Toutefois, le fond du problème reste inchangé. Le potentat azéri tient absolument à retrouver l’intégrité de son territoire, c'est-à-dire le retour du Haut-Karabakh sous administration azerbaidjanaise, en plus bien sûr des sept districts. Récupérer tout ou partie des districts entourant le Haut-Karabakh est insuffisant, c’est tout ou rien.

Et en échange … il ne cède sur rien. Il ne faut pas s’étonner que dans ces conditions l’Arménie, que ce soit l’ancien ou le nouveau gouvernement, ne veuille faire aucun geste. Il faut expliquer au camarade Aliev que négocier signifie faire des compromis, des concessions. Mais çà, c’est le travail des coprésidents.

Le fait de dire «Nous espérons la résolution du conflit à l'intérieur des frontières internationalement reconnues et de l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan» signifie les limites des négociations de paix.

Aussi, il ne sert à rien de quémander les bons conseils de Moscou, lequel suit sa propre stratégie, ou attendre quoi que ce soit de la France qui intervienne, empêtrée qu’elle est dans ses problèmes internes, quant aux Etats-Unis, son président est sans doute incapable de situer le Haut-Karabakh sur une carte.

Croire pour autant que cette situation va perdurer, serait une grave erreur. La quantité colossale d’armement amassée depuis des années par Bakou est un signe qui ne trompe pas, d’autant que son seul et unique ennemi reste l’Arménie. Le dictateur perdra tôt ou tard patience malgré ses propos mielleux.



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Traductions – revue de presse

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.amde News.az, de Hurriyetainsi que du Parlement européen

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Arménie

«Les relations de l’Arménie avec l’Union économique eurasienne (UEE) sont plutôt une imitation. Malgré la position dominante au sein de l'Union européenne (UE), l'Arménie a considérablement progressé, car son peuple est devenu plus exigeant,» a indiqué un député de la faction majoritaire «My Step», Hovhannes Igitian.

"Il me semble que nous 


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Artsakh

«Afin de parvenir à un règlement final du conflit et de faire avancer les négociations, il est nécessaire de garantir le retour officiel de Stepanakert à la table des négociations en tant que partie à part entière. Cette position coïncide parfaitement avec les approches des autorités de l'Artsakh,» a déclaré le ministre des Affaires étrangères d'Artsakh, Massis Mayilian.

Dans ce contexte, il a salué la position claire des nouvelles autorités arméniennes sur


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OSCE

Le 15 janvier, conformément à l'accord conclu avec les autorités de la République d'Artsakh, la Mission de l'OSCE a planifié la surveillance du cessez-le-feu sur la ligne de contact entre les forces armées d'Artsakh et d'Azerbaïdjan.

Côté Artsakh, Mihail Olaru (Moldavie) et Simon Tiller (Grande Bretagne) ont assuré la mission au Sud-est du village de Levonarkh dans la région de 


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Russie

«Le ministère russe des Affaires étrangères a envoyé une note à l'ambassade d'Azerbaïdjan à Moscou concernant la discrimination à l'encontre des citoyens russes d'origine arménienne dans les aéroports azerbaïdjanais. La partie azerbaïdjanaise a de nouveau assuré aux collègues russes que des mesures seraient prises pour régler le problème,» a déclaré une source diplomatique.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, avait indiqué lors d'un briefing la semaine dernière : "Moscou 


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Turquie

La Turquie a réagi avec véhémence à la menace du président Donald Trump de dévaster l’économie de son allié de l’OTAN s’il attaquait ses partenaires kurdes en Syrie.

Trump a tweeté dimanche soir que les Etats-Unis dévasteront économiquement la Turquie s'ils frappent les Kurdes.

Mevlüt Cavuşoğlu, le ministre turc des Affaires étrangères, a vivement critiqué Donald Trump, affirmant que 


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Azerbaïdjan

«La réunion des ministres azerbaïdjanais et arménien des Affaires étrangères, Elmar Mammadyarov et  Zohrab Mnatsakanian, qui se tiendra le 16 janvier à Paris sous la médiation des coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, renforce l’espoir de parvenir à un règlement pacifique du conflit,» a déclaré Tural Ganjaliyev, le président de la communauté azerbaïdjanaise du Haut-Karabakh.

Il a exprimé l'espoir que la réunion 


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ONU

"Le Secrétaire général se félicite de la rencontre entre le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Elmar Mammadyarov, et le ministre arménien des Affaires étrangères par intérim, Zohrab Mnatsakanyan, qui s'est tenue le 16 janvier à Paris sous les auspices des coprésidents du Groupe de Minsk de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)", a déclaré Stéphane Dujarric, le porte-parole du Secrétaire général.

Le Secrétaire général s'est félicité de l'engagement continu des parties à rechercher une solution négociée et pacifique au conflit de longue date du Haut-Karabakh et s'est particulièrement félicité de l'accord des ministres sur la nécessité de prendre des mesures concrètes pour préparer les populations à la paix.

Le Secrétaire général a réitéré le soutien total des Nations Unies aux efforts de médiation importants du Groupe de Minsk de l'OSCE.

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UNESCO

Le ministre arménien des Affaires étrangères par intérim, Zohrab Mnatsakanian, en visite de travail en France, a rencontré jeudi la Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay.

Au début de la réunion, le ministre a présenté à la Directrice générale le nouveau représentant permanent de l’Arménie auprès de l'UNESCO, Christian Der-Stépanian. Le ministre a également réaffirmé l'engagement de l'Arménie à participer activement aux travaux de l'UNESCO.

Les interlocuteurs ont procédé à un échange de vues sur le lancement et la mise en œuvre de programmes communs pour la préservation et la restauration du patrimoine culturel humain, ainsi que sur des questions relatives à la coopération et aux programmes communs de l'UNESCO et de l'OIF.

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Union Européenne

Les membres du Parlement européen déplorent la répression de la dissidence en Azerbaïdjan, indique la résolution adoptée par les députés jeudi.

Les députés appellent à la libération immédiate et inconditionnelle de Mehman Huseynov, blogueur réputé pour la lutte contre la corruption en Azerbaïdjan, qui purge actuellement une peine de deux ans de prison pour avoir dénoncé ses expériences de torture par la police et critiqué les responsables gouvernementaux en révélant leur richesse inexpliquée.

Ils exigent également la fin de la dure répression générale exercée par l'Azerbaïdjan sur la dissidence et la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques.

Les députés rappellent à l'Azerbaïdjan ses obligations découlant de la Convention européenne des droits de l'homme et invitent les autorités du pays à respecter et appliquer pleinement les décisions de la Cour européenne des droits de l'homme.

La résolution, adoptée par 533 voix pour, 28 contre et 36 abstentions, souligne encore l’importance du nouvel Accord en cours de négociation entre l’UE et l’Azerbaïdjan, soulignant que la réforme démocratique, l’état de droit et le respect des droits de l’homme doivent être au rendez-vous.

Les députés soulignent que le Parlement européen suivra de près la situation dans le pays tout au long des négociations avant de décider de donner ou non son accord à l'Accord en cours.





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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de News.az, de Hurriyet, ainsi que du Parlement européen





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