Arménie - Azerbaïdjan : Chacun regarde de son côté

 

 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Avec l’ouverture de la nouvelle législature, le gouvernement arménien a dévoilé son programme d’actions quinquennal  pour la période 2026-2031 dans tous les domaines de la vie publique.

 

On retrouve les grands thèmes du parti Contrat Civile de la campagne électorale du printemps dernier et surtout la confirmation de sujets controversés. Ainsi, le Premier ministre Nigol Pachinian persiste et signe sur : - la révision de la Constitution arménienne à la demande d’Ilham Aliev ; - l’approche non réfléchie, pour ne pas dire irresponsable, envers le tandem turco azerbaidjanais ; - le virage à 90° de la politique étrangère en remplaçant la Russie par l’Union européenne ; - et le scandale provoqué en diaspora et dans l’opposition par le combat mené contre l’Eglise apostolique arménienne à travers son chef le Catholicos Karékine II.

 

Nigol Pachinian reste persuadé qu’essayer de préserver les acquis de ses prédécesseurs signifie se maintenir (dixit) dans « une logique de conflit ». Ce n’est pas parce que l’Azerbaïdjan est sorti vainqueur de la guerre des 44 jours de 2020, qu’il est tenu de dire ‘oui’ à toutes les demandes de Bakou. Car ne nous y trompons pas, Ilham Aliev le répète à qui veut l’entendre, la liste de ses revendications n’est pas close. Une signature au bas d’un traité ne changera rien à ses objectifs finaux.

 

En cela, le dictateur a repris à son compte l’expression latine « Vae victis » (Malheur aux vaincus), d’autant qu’en face de lui il y a un piètre négociateur. Aidé grandement par son mentor ottoman, Ilham Aliev a réussi à faire avaler à l’oncle Sam, les bienfaits d’une paix avec l’Arménie, lui faisant miroiter des revenus supplémentaires pour les Etats-Unis, et pour Donald Trump lui-même, l’augmentation des chances pour le prix Nobel de la paix. Bien évidement le leader arménien a sauté à pieds joints dans la souricière tendue par le tandem turco-azéri, surtout quand on le caresse dans le sens du poil.

 

Théoriquement la paix devrait être signée puisque le paragraphe concernant le processus d’indépendance de l’Arménie de 1990, dans lequel se trouvait le mot ‘Karabakh’ (*) ne fait plus partie de la nouvelle constitution - dixit Pachinian.

 

Gardons toutefois en mémoire que la parole du dictateur et surtout sa signature ne vaut que pour ceux qui y croient. On se souvient encore comment il a respecté les termes de l’accord tripartite de cessez-le-feu, Arménie-Azerbaïdjan-Russie, signé le 9 novembre 2020 à Moscou, mettant fin à la guerre de 44 jours, et le nettoyage ethnique qui s’en est suivi quelques années plus tard.

 

Il faut espérer qu’Aliev n’avancera pas d’autres exigences officielles d’ici là.

 

Comme il a été dit de nombreuses fois, l’Azerbaïdjan n’a rien lâché d’important jusqu’à présent. Le transit de marchandises en provenance de Russie vers l’Arménie, passant par la Géorgie, et/ou la vente directe d’hydrocarbures ne sont que des éléments économiques en comparaison à l’occupation de 208 km² de territoire souverain de l’Arménie, à la non délimitation/démarcation du tracé de la frontière, à la non restitution des enclaves arméniens.

 

Pour mémoire, Pachinian a restitué unilatéralement 57 km² d’enclaves azéris à Bakou, faisant passer la superficie de l’Arménie de 29.800 km² à 29.743 km². Superficie non reconnue à ce jour par l’Azerbaïdjan.

 

Pour maintenir la pression, le leader azéri joue allègrement avec la vie des 19 prisonniers arméniens qui croupissent dans ses geôles.. Et comme cela ne suffisait pas, il se défoule sur les monuments arméniens - religieux ou pas, encore debout au Karabakh.

 

La diatribe de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères (Cf. § Russie), envers le gouvernement de l’Ukraine n’est pas sans rappeler les propos du gouvernement azerbaidjanais envers les dirigeants du Haut-Karabakh, mêmes adjectifs et même haine. Avec cette différence de taille que Bakou est arrivé à ses fins – chasser les Arméniens du Haut-Karabakh, suite à la volte-face du Premier ministre Nigol Pachinian et au lâchage de Moscou, occupé par le front ukrainien.

 

Quant au président Recep Tayyip Erdoğan, il a promis beaucoup de choses, à commencer par la levée du blocus, mais … sous condition : Que le traité de paix soit signé entre Erevan et Bakou et qu’il soit conforme aux vœux de l’Azerbaïdjan. Même s’il a fait un effort pour faciliter le commerce avec l’Arménie, la Turquie continue comme à son accoutumée de jouer un double jeu.

 

Tout en étant un membre important de l’OTAN, elle ne cesse de fricoter avec la Russie dont elle importe et réexporte les hydrocarbures, directement ou par l’Azerbaïdjan interposé. Il faut dire que ses relations avec l’Union européenne ne sont plus au beau fixe depuis de nombreuses années et que les négociations d’adhésion à l’UE sont gelées depuis 2018. Heureusement pour elle, Donald Trump la soutient mordicus malgré qu’elle soit à couteaux tirés avec le grand ami des Etats-Unis, Israël.

 

Par les temps qui courent l’Union européenne fait les yeux doux à tous les pays qui ont un sérieux contentieux avec la Russie, c’est le cas de l’Arménie qui n’a pas digérée l’abandon programmé du soutien de Moscou. D’abord par l’intervention tardive – au bout de 44 jours, dans la guerre arméno azérie de 2020, suivie de la non-intervention de l’OTSC lorsque l’Azerbaïdjan a envahi une partie de l’Arménie en 2021 – et non le Haut-Karabakh comme Moscou se complait à le déclarer -, sans compter les manquements à ses obligations de protéger les Karabakhis et la libre circulation des biens et des personnes conformément à l’accord tripartite du 9 novembre 2020.

 

De son côté la Géorgie qui avait obtenu le statut de pays candidat en décembre 2023, a vu le processus d'adhésion interrompu de facto en 2024 suite aux lois adoptées par le gouvernement géorgien sur le financement étranger des ONG. En novembre 2024, le Premier ministre Irakli Kobakhidzé a annoncé la suspension jusqu’en 2028, des négociations d’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne.

 

Après les désagréments causés par Poutine, Pachinian a succombé aux appels de l’Union européenne et vit les moments agréables des futures fiançailles. Il doit préalablement régler ses relations avec la Russie sur le fait de pouvoir être membre de deux Unions – UE et UEE, puis satisfaire aux 35 chapitres exigés par l’UE avant d’être admis officiellement comme membre. Il y a loin de la coupe aux lèvres.

 

Le Premier ministre est sans doute conscient que l’Union européenne n’est pas l’OTAN, et qu’en cas de coup dur avec le voisin azéri, il n’aura qu’un soutien moral et financier. Cela dit, compte tenu de ses rapports avec Moscou, occupé sur d’autres fronts, il ne faut pas compter sur une quelconque intervention de l’OTSC dont il est toujours membre, le tout dans un climat glacial.

 

Ne pouvant obtenir ce qu’il veut à l’extérieur, il se défoule sur ses opposants, en les emprisonnant ou en leur intentant des procès, y compris à des anciens présidents de la république arménienne. Il n’est pas bon de critiquer la pensée officielle. C’est la version « pachinianesque » de la liberté d’expression. Son aveuglement en la matière va jusqu’à ester en justice le chef de l’Eglise apostolique arménienne, le Catholicos Karékine II. La justice temporelle ne lui suffisait pas, le voilà qu’il s’érige en juge divin !

 

😊 Un peu d’humour pour terminer :

Connaissez-vous la différence qu’il y a entre un train et Nigol Pachinian ?

Quand un train déraille, il s’arrête.

 


 

(*) : "Le Conseil suprême de la RSS d’Arménie, exprimant la volonté unie du peuple arménien... la mise en œuvre du droit des nations à la libre autodétermination, sur la base de la résolution conjointe du Conseil suprême de la RSS d’Arménie et du Conseil national du Haut-Karabagh en date du 1er décembre 1989 sur la réunification de la RSS d’Arménie et du Haut-Karabagh ... proclame : le début du processus d’établissement d’un État indépendant. »

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

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Arménie

 

Dans le programme d’actions du gouvernement arménien pour la période 2026-2031, on peut lire : 

 

« Afin d’institutionnaliser et de consolider la paix, le gouvernement poursuivra ses efforts en vue de la signature et de la ratification de l’accord sur l’établissement de la paix et des relations interétatiques entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ainsi que les travaux de délimitation et de démarcation de la frontière d’État entre les deux pays. Il poursuivra également ses efforts pour développer les contacts entre les sociétés civiles et les milieux d’affaires arméniens et azerbaïdjanais, ainsi que pour dynamiser le commerce bilatéral.

 

Des mesures seront prises pour établir des relations diplomatiques entre l’Arménie et la Turquie, ouvrir la frontière arméno turque et mettre en service au moins deux postes-frontières modernes. De même, 

Suite


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Russie

 

Suite à la déclaration du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy selon laquelle son pays aurait contribué à l'indépendance acquise par le passé  des pays postsoviétiques, ainsi qu’à la nécessité de renforcer les relations de l'Ukraine avec l'Azerbaïdjan en insistant sur le rétablissement des liens de l'Ukraine avec l'Arménie après une longue interruption, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, lors du point de presse :

 

« Notre société considère comme absolument inacceptable tout flirt avec le régime du président Zelensky, surtout lorsqu'il est le fait de nos partenaires et alliés. Cette position n’est pas propre seulement aux structures étatiques russes, mais aussi à l'ensemble de la société russe.

Suite

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 

Une manifestation a eu lieu devant une résidence privée de l'ambassade d'Azerbaïdjan en Russie.

 

Trois affiches – sur lesquelles on pouvait lire « Vous avez du sang russe sur les mains », « Touche pas aux citoyens russes » et « Le FSB torture, le président azerbaïdjanais Aliev couvre » – ont été accrochées sur le bâtiment de l'ambassade.

 

Et à la fin de la vidéo, la personne derrière fait un doigt d'honneur au drapeau national azerbaïdjanais.

 

Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères (MAE) a fermement condamné « le placement d’images provocatrices visant l’Azerbaïdjan par des individus non identifiés devant l’ambassade de l’Azerbaïdjan en Fédération de Russie vers midi le 27 août ».

 

« Il n’est pas exclu que cette provocation inacceptable, outre le fait qu’elle contribue à tendre artificiellement les relations entre l’Azerbaïdjan et la Russie, s’inscrive dans le cadre de la campagne odieuse et partiale menée ces derniers temps contre l’Azerbaïdjan par un certain nombre de médias russes. »

 

La partie azerbaïdjanaise appelle les autorités compétentes de la Fédération de Russie à procéder à une évaluation juridique appropriée de ces actes de provocation, à garantir une enquête approfondie sur l'incident et à prendre les mesures nécessaires pour empêcher que de tels actes ne se reproduisent.

 

« Nous attendons de la partie russe, conformément à la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques, qu'elle respecte pleinement ses obligations en matière de sécurité de l'ambassade de l'Azerbaïdjan et de son personnel, et qu'elle empêche toute action provocatrice susceptible d'entraver le fonctionnement normal de la mission diplomatique », indique le communiqué du MAE.

 

 

 

 

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 

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