Bichkek : Rencontre Arménie - Azerbaïdjan, Arménie - Russie

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Lors de la réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai à Bichkek (OCS) en Kirghizistan, le Premier ministre arménien Nigol Pachinian et le président azerbaidjanais Ilham Aliev se sont rencontrés pour faire le point sur leurs relations,  sur l’avancement des commissions mixtes et surtout sur l’avancement du projet TRIPP (Route Trump pour la paix et la prospérité internationales) qui va permettre à Bakou de se relier directement à son exclave – le Nakhitchevan, et par là, à la Turquie.

 

Qu’en est-il sorti ? ‘Rien’. D’ailleurs personne ne s’attendait à une déclaration importante, ni d’un côté ni de l’autre.

 

Côté arménien, les divers travaux d’études et de validations d’options se déroulent conformément au planning. Les travaux devraient commencer dès la fin des études, c'est-à-dire au printemps prochain. Toutefois, un contretemps se fait jour avec la société russe YUKZHD (Chemins de fer du Caucase du Sud) qui gère le réseau ferré arménien depuis 2008, et ce pour 30 ans. Dans le projet TRIPP, il est prévu une voie ferrée en plus de l’autoroute. Ladite liaison doit relier l’Arménie à l’exclave azéri du Nakhitchevan et de là à la Turquie, mais également au réseau ferré géorgien, voire à la liaison BTK (Bakou-Tbilissi-Kars) pour former un futur nœud régional. Pachinian aimerait bien que YUKZHD cède ses droits à une société tiers pour ce faire, ce qui n’est pas gagné.

 

Côté azerbaidjanais, tout comme côté turc, on étudie comment augmenter le volume commercial avec l’Arménie. Bakou n’a pas grand-chose d’important à acheter à Erevan. La seule chose qu’il a « acheté » et qu’il continue « d’acheter » à Pachinian, pour pas très cher d’ailleurs, c’est sa docilité. Le tandem turco-azéri se prépare à l’ouverture prochaine de la route Trump en renforçant ses équipements pour se connecter à la TRIPP. Mais c’est tout. Aucune libération autre que commerciale, et des frontières terrestres toujours fermées.

 

Suite à la rencontre Pachinian-Poutine, les choses ont bougé, et les relations entre l’Arménie et la Russie se sont dégradées encore plus,

 

Il y a en premier lieu le refroidissement lié à la perte du Haut-Karabakh. Commencé en septembre 2020 avec la seconde guerre du Karabakh et l’intervention tardive de Moscou 44 jours après ; suivi par la non-intervention de l’OTSC en 2021, lors de l’agression de l’Azerbaïdjan contre l’Arménie avec occupation de territoires arméniens ; se terminant par le laisser-faire des soldats de la paix russes lorsque la soldatesque azérie et des pseudo civils azerbaidjanais ont commencé le blocus du Haut-Karabakh. Blocus qui s’est soldé par le nettoyage ethnique des 110.000 résidents Arméniens en septembre 2023.

 

Pour être complet, il faut rappeler que Nigol Pachinian a officiellement reconnu que le Haut-Karabakh faisait partie de l’Azerbaïdjan, suite à la pression exercée par l’Union européenne - en l’occurrence par les présidents Emmanuel Macron et Charles Michel, à Prague en octobre 2022 en marge de la première réunion de la Communauté politique européenne. C’était l’occasion qu’attendait Moscou pour retirer ses ‘billes’ du bourbier arméno-azéri, d’autant qu’il venait de démarrer en février son ‘opération spéciale’ contre l’Ukraine.

 

Poutine a de nouveau mis les points sur les ‘i’, demandant à Pachinian de choisir clairement son camp : l’Europe ou le consortium russe, c’est à dire l’Union européenne ou l’Union économique eurasiatique. Quoi qu’en dise le Premier ministre, il n’est pas possible, politiquement et économiquement, d’être membre à part entière de deux Unions aussi distinctes. Il a fait son choix depuis longtemps et espère toujours que Moscou le laissera ‘jouer’ sur les deux tableaux. Ce qui est loin d’être sûr, car l’humeur du tsar est directement lié à ses déboires avec l’UE.

 

Un autre point qui a été soulevé lors de la rencontre en tête-à-tête est la non intervention de la Russie, par OTSC interposée, lors de l’agression de Bakou contre l’Arménie en 2021. Jusqu’à présent Moscou mélangeait volontairement Haut-Karabakh et Arménie, prétextant que le Haut-Karabakh n’était un territoire à proprement parler arménien, donc qu’il n’avait pas à intervenir. Voici  maintenant que la non-intervention est due à l’inexactitude des cartes. Cartes qui sont censées émaner de l’Etat-major russe et qui ont servi de base lors des accords d'Alma-Ata, de décembre 1991. Lors de l’entretien,  Poutine a déclaré : « Il n'y a pas de délimitation de la frontière. Il n'existe aucun traité frontalier ; il n'y en a jamais eu. »,

 

De son côté, Pachinian a déclaré : « Nous sommes tenus de suivre la voie légale, en nous basant sur les cartes qui ont déjà servi à délimiter la frontière dans la province de Tavouch - c'est-à-dire une douzaine de kilomètres. Le caractère non résolu de ces questions frontalières rend l'Arménie vulnérable aux manipulations de forces tant internes qu'externes. »

 

Il y a là une grosse ambigüité. De deux choses l’une : Soit les cartes existent et sont plus ou moins exactes, soit elles sont inexistantes sur nombre de portions.

 

On se souvient que l’armée azerbaidjanaise, forte de sa victoire de 2020, a profité de sa supériorité pour envahir dès 2021-2022 des portions importantes de l’Arménie – Une bonne partie du lac Sev, les hauteurs de Jermuk et de nombreux points stratégiques sur des hauteurs entourant des villages arméniens. A ce jour, le total s’élève à 208 km².

 

On ne peut que souhaiter bonne chance à la commission mixte arméno-azérie chargée de la délimitation/démarcation de la frontière. Seuls 13 km sur les 566 officiels (?), ont été validés à ce jour. Signer un traité de paix alors que l’on ne connait pas exactement où se trouve la frontière, c’est aller au-devant de gros ennuis.

 

Tout cela ne dérage absolument pas Nigol  Pachinian qui est prêt mordicus à signer le traité avec son voisin azerbaidjanais ; Tant pis si de nombreux points sont peu ou pas définis.

 

 

 

Une démocratie méconnue.

A lire (§ Azerbaïdjan): La logorrhée de la médiatrice azerbaïdjanaise Sabina Aliyeva sur la justice, le droit et les libertés en Azerbaïdjan, et plus particulièrement concernant les prisonniers arméniens. En clair, un exemple de démocratie.

On se demande pourquoi RSF a classé l’Azerbaïdjan en 171e position sur 180 pays ?

 

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de l’Union européenne

 

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Organisation de coopération de Shanghai

 

Le Premier ministre arménien Nigol Pachinian s'est rendu à Bichkek en République kirghize pour participer à une réunion au format OCS+ dans le cadre du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

 

Prenant la parole lors de la réunion plénière OCS+, sous le thème « L'ONU comme élément clé d'un ordre mondial juste : la contribution des États de l'OCS+ à la formation d'un monde multipolaire », il a déclaré :

 

« L’Arménie soutient la vision d'un monde multipolaire et mène une politique étrangère équilibrée visant à protéger et à renforcer sa souveraineté et

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Arménie

 

« Un jour viendra où la délimitation de la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan deviendra un processus technique. Cela se produira lorsque les cartes, l'ensemble de la procédure et les documents auront été validés », a déclaré le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, lors d'un entretien avec la télévision publique arménienne financée par l'État.

 

« L’Azerbaïdjan exprime des inquiétudes quant à la constitution arménienne, alors que nous [c’est-à-dire l’Arménie] estimons que ces inquiétudes sont déjà reflétées dans le texte de l’accord de paix. Nous n’avons pas d’accord sur ce point. Parallèlement, 

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Union européenne

 

Le Conseil européen a approuvé l'introduction de mesures temporaires de libéralisation des échanges commerciaux pour les produits arméniens afin de soutenir l'économie arménienne suite aux restrictions commerciales récemment imposées par la Russie. Ces mesures libéraliseront environ 80 % des exportations arméniennes vers l'UE. Cet accord préférentiel est assorti de certaines conditions et comprend également des mesures de sauvegarde visant à protéger le marché de l'UE si les importations nuisent aux producteurs européens.

 

Le Conseil a approuvé la proposition de la Commission sans modification, ouvrant la voie à

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Russie

 

« Erevan n'a pas discuté avec Moscou du transfert de la concession du chemin de fer du Caucase du Sud. La question en tant que telle n'a pas été discutée en profondeur. Il n'y a eu aucune demande officielle ». a déclaré le vice Premier ministre russe Alexeï Overtchouk.

 

« Pachinian nous dit que les Chemins de fer russes seraient soi-disant toxiques pour l'Arménie pour certaines raisons liées aux sanctions, mais les Chemins de fer russes transportent des marchandises à travers le territoire russe, y compris des marchandises en transit, par exemple vers l'Europe, et personne d'autre que Pachinian ne soulève de questions sur le fait que les Chemins de fer russes soient toxiques ou soumis à des sanctions », a-t-il ajouté.

 

En février 2008, la gestion du réseau ferroviaire arménien a été confiée à la société South Caucasus Railway pour une durée de 30 ans, avec une option de prolongation de 10 ans.

 

« L'adhésion de l'Arménie à l'Union européenne (UE) est une affaire d'Erevan et son droit souverain ; il n'y a aucun contact avec Moscou à ce sujet. »

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 

L'ambassadrice d'Azerbaïdjan en France, Leyla Abdullayeva, a répondu aux accusations de la mairie de Paris :

 

« Nous portons à l'attention de la mairie de Paris que les personnes jugées par le tribunal militaire de Bakou, dont d'anciens représentants du régime séparatiste de la région azerbaïdjanaise du Karabakh, ont été reconnues coupables de crimes de guerre et de

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de l’Union européenne

 


 

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