Azerbaïdjan : La vision pacifiste selon le président Ilham Aliev


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Bakou a fêté le 27 septembre sa victoire sur l’Arménie. Alors que tous les pays commémorent une victoire lorsque celle-ci a eu lieu - 11 novembre 1918, 8 mai 1945, etc., l’Azerbaïdjan a décidé de la commémorer le premier jour de la seconde guerre du Karabakh. Bakou considère qu’attaquer le Haut-Karabakh était en soi une victoire, car il savait pertinemment que la Russie n’interviendrait pas, que la Turquie lui prêterait main forte et que ses alliés musulmans (Pakistan, Tchétchénie, Djihadistes) lui enverraient des mercenaires ; Sans compter les armements fournis par Israël.

 

Et lorsque le président Ilham Aliev prétend devant ses aficionados du Parti du Nouvel Azerbaïdjan (YAP) « Nous avons remporté une victoire sans précédent dans le monde. Et, je le répète, nous l’avons fait seuls », il y a de quoi sourire.

 

Quand on connait comment les Azerbaidjanais ont traité et continuent de traiter les Arméniens, on est surpris que le dictateur se soit rendu au parc de la Victoire, et non au parc des Trophées qui pourtant symbolise beaucoup mieux l’esprit de conquête du dictateur et sa soif de vengeance pardon de justice Maintenant, lorsqu’on veut passer pour un pays civilisé, désireux de faire la paix avec son voisin, cela ferait désordre et surtout nuirait fortement aux exportations énergétiques.

 

Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais.

Alors que le Premier ministre arménien Nigol Pachinian se félicitait du premier anniversaire de l'établissement de la future signature de la paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, à la suite d'une réunion trilatérale tenue à la Maison Blanche à Washington, le 8 août 2025 ; déclarant :

« Pour que cette paix soit irréversible, il est nécessaire de cesser de parler du droit au retour des Arméniens du Haut-Karabakh, du retour des réfugiés arméniens d'Azerbaïdjan en Azerbaïdjan et du droit au retour des Azerbaïdjanais occidentaux en Azerbaïdjan occidental (Arménie) »,

Le gouvernement azerbaidjanais, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, se contentait d’indiquer que toutes les conditions (amendement de la constitution arménienne) n’étaient pas encore remplies pour la signature du traité de paix, et a surtout insisté sur l’aspect commercial avec sa voisine, comme la libre circulation des biens dans le sens Russie Arménie ou l’achat par Erevan d’hydrocarbures azerbaidjanais. D’autant que dans l’autre sens, Bakou ne s’est pas foulé.

 

Si dans les discours officiels des dirigeants azerbaidjanais on met en avant une situation pacifiée entre les deux pays (plus de tir sporadiques des militaires azéris, par exemple), rien n’a changé dans le comportement des diverses associations azerbaidjanaises quand il s’agit du retour des Azerbaidjanais qui vivaient dans la RSS d’Arménie, ou de l’appropriation des biens arméniens situés au Karabakh avec, quand c’est possible, la destruction des monuments religieux, non « albanais » bien sûr. Il ne faut pas choquer les Occidentaux.

 

Chassez le naturel, il revient au galop.

Il y a ce que l’on fait avaler aux Etats-Unis et à l’Union européenne, et il y a ce que l’on promet à sa propre population. Dans ce domaine, il suffit d’écouter les propos du dictateur au 8e congrès du YAP, pour se rendre compte qu’il n’a aucune envie de s’arrêter une fois la paix signée. La récupération du Haut-Karabakh et le nettoyage ethnique de ses occupants ne sont qu’une première étape. Le but ultime reste la récupération de l’Azerbaïdjan occidental, c'est-à-dire la province du Syunik arménien, avec la réinstallation de 300.000 Azerbaidjanais, réfugiés en Azerbaïdjan lors de la première guerre du Karabakh. Il ne tient pas du tout à ce que l’Arménie mette son nez dans la future liaison Azerbaïdjan Nakhitchevan

 

Le 5 décembre 2025, il déclarait : « Nous croyons que les membres pacifiques de la Communauté d'Azerbaïdjan occidental retourneront sur les terres de leurs ancêtres et que des relations de bon voisinage s’établiront entre nos peuples. »

 

Plus récemment, le 2 octobre 2026 devant ses partisans du YAP, il a de nouveau mis les points sur les «i» : « Notre expérience historique, comme principale raison, nous dicte de ne pas nous fier à la rhétorique de paix arménienne. Si nous faiblissons, nous serons inévitablement victimes d'une attaque arménienne. »

 

« Ce que l’on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément », disait Nicolas Boileau. N'est-ce pas Ilham ?

 

Et l’Arménie ?

De trois choses l’une : Soit Nigol Pachinian a des problèmes de compréhension,  soit il a un trouillomètre à zéro, soit c’est un optimiste invétéré persuadé que l’ «on» viendra l’aider si les choses tournent mal.

 

J’opterai pour la troisième solution ; Bien que la question reste toutefois posée, qui se cache derrière le mot « on » ?

 

Les Russes ? C’est peu probable, vu que Pachinian leur en veut depuis la non-intervention en 2021 de l’OTSC, sans compter le contentieux Bruxelles Moscou conséquence de la guerre russo-ukrainienne qui l’occupe à 90%. Reste le choix de Erevan entre UE et UEE qui dictera la conduite de Moscou.

Les Etats-Unis ? C’est encore plus moins probable. C’est tout juste si Donald Trump est capable de situer l’Albanie pardon l’Arménie sur une carte. Seuls l’intéresse les bénéfices que peut tirer Washington de la route Trump et des quelques richesses de l’Arménie. Son alliée dans la région est la Turquie, membre de l’OTAN. Israël est son bras armée et sa boussole théologique. L’Arménie ? un épiphénomène sur la route vers le Nobel de la paix.

L’Union européenne ? Elle ne cesse d’intervenir surtout depuis le Sommet de Prague d’octobre 2022 où le Premier ministre Nigol Pachinian, en présence du président Ilham Aliev, du président Emmanuel Macron et du président Charles Michel, a reconnu l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan, et donc l’abandon du Haut-Karabakh et des ses habitants. Depuis elle est choyée avec quelques millions d’euros. La libéralisation des visas est prévue dans un avenir proche, les négociations d’adhésion dans un avenir moins proche.

 

En attendant, le leader arménien est soutenu par l’UE, moralement, verbalement, financièrement et par la présence de l’UEMA, un déploiement civil - 103 agents, dont 50 observateurs non armés, de la politique de sécurité et de défense commune de l'Union européenne sur le territoire arménien.

 

Mais quid si Ilham Aliev met à exécution ses menaces ? Car il les mettra, une fois que le TRIPP sera opérationnel et sa liaison avec Turquie effective.

 

Le tandem turco-azéri aura atteint son rêve séculaire.



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Traduction


Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie

 

ONU

 

Extraits du discours prononcé par le Premier ministre Nigol Pachinian lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies.

 

« ()… La paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, établie le 8 août 2025 avec le soutien et l'engagement personnel du président américain Donald Trump, a ouvert de nouvelles perspectives pour notre région, le Caucase du Sud.

 

Le quatrième paragraphe de la Déclaration de paix adoptée lors du Sommet pour la paix tenu à la Maison Blanche le 8 août 2025 stipule :

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Union européenne

 

Les élections législatives du 7 juin 2026 en Arménie ont offert aux électeurs un véritable choix parmi les alternatives politiques et ont été globalement bien organisées, mais la campagne a été marquée par des ingérences étrangères, une polarisation politique, des inquiétudes quant à l'utilisation des ressources administratives et des lacunes dans les recours électoraux, selon un rapport de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).

 

Le rapport d'observation électorale a été préparé par la mission internationale d'observation électorale menée conjointement avec l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, le Parlement européen et le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme (BIDDH) de l'OSCE.


Le rapport décrit la campagne électorale comme extrêmement  

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Russie

 

« Le dialogue culturel entre la Russie et l'Arménie se poursuivra, quelles que soient les divergences politiques entre les deux pays, car il repose sur les liens qui unissent les peuples eux-mêmes. Tant que les peuples russe et arménien existeront, ce dialogue perdurera. Croyez moi, personne ne le demandera aux politiciens, » a déclaré Mikhaïl Chvydkoï, représentant spécial du président russe pour la coopération culturelle internationale, en visite en Arménie dans le cadre du programme d'échanges culturels russo-arméniens.

 

« Cela ne dépend pas des affrontements politiques. C'est la volonté du peuple. Je suis convaincu que la volonté du peuple russe et celle du peuple arménien coïncident. Les liens entre les peuples arménien et russe sont si étroits que je suis convaincu qu'aucun conflit politique, aussi complexe soit-il, ne pourra nous séparer. Les échanges culturels entre la Russie et l'Arménie sont un ‘dialogue interpersonnel’.

 

C’est là, en substance, le sens de l’échange culturel : d’âme à âme, de l’âme du peuple russe à l’âme du peuple arménien. C’est pourquoi les événements culturels peuvent avoir un impact bien plus durable que les événements eux-mêmes. Ils produisent des effets qui perdurent même après leur déroulement.

 

La Russie attend avec impatience la visite d'artistes et de personnalités culturelles arméniennes. J'espère que les Journées de la culture arménienne en Russie se dérouleront avec succès. Tout porte à croire que ce sera le cas cette année.

 

Parallèlement, les échanges culturels entre les deux pays se poursuivent en permanence. Je dis toujours que, de même que les Journées de la culture russe ne s'arrêtent pas en Arménie, les Journées de la culture arménienne ne s'arrêtent pas en Russie », a souligné le représentant du président Poutine.

 

Les Journées de la culture spirituelle russe ont débuté en Arménie et se déroulent à Erevan et à Gyumri. Mikhaïl Chvydkoï a participé à l'inauguration de ces événements.

 

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 

Prenant la parole à l’ONU, le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Jeyhun Bayramov, a déclaré qu'une paix de facto avait été instaurée entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, d’où l’importance de lever les derniers obstacles à la signature de l’accord de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Et de préciser :

 

« A la suite du sommet de Washington sur la paix, le programme de paix a déjà commencé à produire des résultats économiques concrets. Ainsi, la levée unilatérale des restrictions de transit et le lancement d'échanges commerciaux bilatéraux entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie dans certains secteurs ».

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 

 

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