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mardi 27 avril 2010

Les ministres des Affaires étrangères turc et arménien apportent des précisions

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

On savait déjà que le déplacement à Washington des dirigeants turcs et arméniens n'avait pas apporté pas grand-chose. Le discours d'Obama pour le 24 Avril n'a fait que réaffirmer que les Etats-Unis n'ont aucunement l'intention d' ‘indisposer' la Turquie, la justice et la vérité historique passant au second plan.

La Turquie, comme il a été dit à plusieurs reprises, n'a aucunement l'intention de normaliser ses relations avec l'Arménie. Toute cette agitation depuis un an lui permet avant tout de passer pour un pays désireux de progresser vers les valeurs démocratiques des pays européens et se mettre ainsi en position d'adhérer à l'UE, en plus de rentrer dans le G20. Aussi, le gel annoncé par le président Sarkissian ressemble beaucoup plus à un report aux calendes grecques qu'à un report à une date ultérieure.

Il faut hélas constater que depuis des décennies les dirigeants turcs n'ont rien changé à leurs comportements envers leurs minorités quelles que soient leur religions. Et les quelques miettes de démocratie distribuées par-ci par-là ne changent rien à la situation, même si quelques universitaires, intellectuels et artistes ont revu leur position.

Concernant plus particulièrement l'Arménie et les Arméniens, ce qui bloque Ankara ce n'est pas tant que l'Azerbaïdjan récupère ou pas le Karabakh, peuplé d'Arméniens à plus de 80% avant la guerre, mais plutôt le lourd contentieux qui existe depuis 90 ans avec le génocide de tout un peuple et ses conséquences, l'accaparement de ses terres et de ses biens, avec dans la foulée la destruction, directement et/ou indirectement, des traces de sa civilisation.

Dix siècles de présence turque dans la région laissent forcément des traces.

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* Côté Turquie


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"Les relations de la Turquie avec l'Arménie se normaliseront de la même façon qu'avec les autres pays," a promis lundi le ministre turc des affaires étrangères. Ahmet Davutoğlu a également appelé à l'ouverture des frontières de tous les pays voisins de la région.

"Nous aimerions que toutes les frontières s'ouvrent, de sorte que les hommes d'affaires et les biens puissent circuler librement. Nous aimerions que la sécurité règne dans la région, qu'il n'y ait pas de conflits ; nous aimerions que les conflits gelés soient résolus," a déclaré le ministre devant le Parlement, répondant aux députés sur les relations avec l'Arménie et le devenir des protocoles signés en Octobre 2009 pour établir des relations diplomatiques ; rapporte le quotidien Hurriyet.

Davutoğlu a réaffirmé que l'objectif restait la normalisation des relations turco-arméniennes et azerbaïdjano-arménienne. "La frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan s'ouvrira tout comme s'ouvrira la frontière turco-arménienne ... C'est notre vision de la paix."

* Côté Arménie


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"Le processus de normalisation des relations arméno-turques a été bloquée à l'initiative du président arménien. Nous sommes passés d'une certaine façon vers l'établissement de relations sans conditions préalables, et c'était le seul moyen de notre point de vue et de celui de la communauté internationale," a le déclaré ministre des Affaires étrangères Edouard Nalbandian au cours du programme ‘Realpolitik' de la télévision publique.

Selon le ministre, la période récente a ressemblé à un sablier : "Nous et la communauté internationale avons perdu confiance en la Turquie au fur et à mesure que le sable s'égrenait. Doit-on voir des mots et des actes dignes de foi de la part de la Turquie, nous allons prendre des mesures analogues."

"L'Arménie ne participera jamais à un processus pour le processus lui-même. Les protocoles sont maintenant en attente de ratification. Quand cela va-t-elle se passer ? C'est une grande question. Cependant, je ne vois aucune nécessité de relancer de nouvelles négociations avec la Turquie."

Commentant les affirmations que les relations arméno-turques incluent des conditions préalables, Edouard Nalbandian a déclaré : "Pourquoi la Turquie ne parvient-elle pas à ratifier les protocoles si elles incluaient des conditions préalables ? Personne dans la communauté internationale ne voit de pré-conditions, sauf pour certains opposants en Arménie. Même le Premier ministre turc a déclaré que les protocoles ne contiennent pas de conditions préalables. L'opposition turque a d'ailleurs critiqué les autorités pour l'absence de conditions préalables."

Le ministre Nalbandian s'est félicité de la proposition de la République islamique d'Iran pour son offre de médiation dans le règlement du conflit du Karabakh. Il a hautement apprécié l'approche équilibrée dont l'Iran a fait preuve sur la question du Karabakh.

Edouard Nalbandian a écarté la possibilité de la participation de la Turquie dans les pourparlers de paix sur le Karabakh en tant que pays coprésident du Groupe de Minsk.

Radio Publique d'Arménie



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