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mardi 3 août 2010

La Turquie face à son passé : un procès sur les biens confisqués

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Atatürk avait mis en place tout un ensemble de mesures et de lois concernant les Arméniens, lesquelles sont toujours en vigueur. Celles-ci interdisaient aux réfugiés arméniens originaires de Turquie de retourner dans leur village ou leur ville d'origine.

- La loi du 20 avril 1922 prévoit la confiscation en Cilicie de tous les biens appartenant aux personnes qui avaient ‘quitté' la région ;

- La loi du 25 avril 1923 étend la confiscation à tous les Arméniens, quels que soient les motifs ou la date de leur départ du pays ;

- La loi de septembre 1923, article 2, interdit le retour des Arméniens en Cilicie et dans les provinces de l'Est (Arménie Occidentale) ;

- La loi du 23 mai 1927 exclue de la nationalité turque tous ceux qui, lors de la guerre de l'indépendance, n'y ont pas pris part ou qui sont restés à l'étranger entre le 24 juillet 1923 (Traité de Lausanne) et la date de la promulgation de cette loi.

Si l'on ajoute à ces lois scélérates, les obligations de la Turquie envers ses minorités non musulmanes, souvent non respectées, le contentieux devient plus que lourd : accablant.

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Le 29 Juillet, les avocats arméno-américains ont intenté un procès fédéral contre le gouvernement et deux banques turcs en vue de demander des réparations pour les héritiers des Arméniens de l'Empire turc ottoman qui ont été massacrés et ou chassés, et dont les biens ont été saisis depuis près d'un siècle.


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Le turcologue Artak Chakarian a indiqué lors d'une conférence de presse, que le procès intenté aux Etats-Unis contre le gouvernement turc peut devenir un grave précédent dans la lutte pour les demandes de réparations suites aux pertes du peuple arménien.

"Les avocats des héritiers des victimes du génocide arménien devraient mettre l'accent sur le fait que la Turquie n'a pas rempli les dispositions du Traité de Lausanne, qui stipulent qu'elle est tenue de restituer les biens des sujets de l'Empire ottoman. Bien que les États-Unis ne peuvent pas obliger la Turquie à répondre, cependant, un tribunal américain peut décider que la Turquie a violé le droit international," a déclaré Chakarian, ajoutant que la Turquie a sérieusement peur d'un tel procès et ne s'attendait pas à ce que la diaspora arménienne entreprenne de telles démarches.

PanArmenian.Net



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