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dimanche 24 juin 2012

Pourquoi le différend Arménie-Azerbaïdjan doit-il être résolu rapidement ?


Traductions et commentaire de Gérard Merdjanian


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Commentaire

Au moins une fois par an, d’abord à l’occasion des Sommets du G8 et maintenant du G20, les trois présidents des trois pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, sortent une déclaration commune sur le conflit du Haut-Karabakh ; 2012 n’a pas échappé à la règle.

A cause de l’Azerbaïdjan, le ton est devenu plus ferme cette année. Les attaques meurtrières à la frontière arménienne et sur la ligne de contact du Haut-Karabakh lors de la visite de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, ont incité les présidents Obama, Poutine et Hollande à hausser le ton, sans toutefois déroger à la règle absolue qui consiste à ne jamais nommer le fauteur de trouble, partant du principe que l’intéressé se reconnaitra.

Seulement voilà, l’intéressé n’a que faire des déclarations généralistes du moment que les milliards de pétrodollars rentrent dans ses caisses et que personne ne l’empêche de se surarmer. Et si de plus on ajoute à cela une conjoncture régionale qui joue en sa faveur suite aux différends entre l’Iran et les Occidentaux sur le problème nucléaire d’une part, et la Russie et les Occidentaux sur le conflit syrien d’autre part, il n’y a aucune raison objective pour que les dirigeants azéris changent de politique. Cela dit, l’entêtement du clan Aliev ne va pas jusqu’à se lancer dans une grande escalade guerrière, freiné en cela par son allié turc mais surtout par le gendarme du Sud-Caucase, la Russie.

Quant aux Occidentaux, ils ont d’autres chats à fouetter, et tant qu’ils peuvent commercer avec Bakou, ils ferment les yeux sur les dérapages verbaux du potentat local et sur sa déplorable conception de la liberté et de la démocratie. C’est d’ailleurs une procédure qu’ils maitrisent totalement depuis des décennies qu’ils sont en affaires avec les émirats arabes du golf.

Le seul point noir en suspend est la construction prochaine des gazoducs et autres oléoducs devant transporter les énergies fossiles de la Mer Caspienne vers l’Europe. Il ne faudrait pas qu’une guerre arméno-azérie vienne perturber tout cela. D’où l’urgence d’aboutir à un accord-cadre.



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Traductions


* Déclaration des présidents *

Dans le cadre du sommet du G20 de Los Cabos, les présidents des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - Vladimir Poutine, Barack Obama et François Hollande - ont publié une déclaration commune sur le règlement du conflit du Haut Karabakh.

"Nous, les présidents des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - France, Fédération de Russie et États-Unis d'Amérique - sommes fermement unis dans notre engagement en faveur d'un règlement pacifique du conflit du Haut Karabakh. Les parties en conflit ne doivent pas retarder davantage la prise de décisions importantes nécessaires pour parvenir à un règlement durable et pacifique. Nous regrettons que les Présidents de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie n'aient pas pris les mesures décisives que nos pays ont appelées dans la déclaration conjointe de Deauville du 26 mai 2011. Néanmoins, les progrès qui ont été réalisés devraient fournir l'élan nécessaire pour achever les travaux sur le cadre d'une paix globale.

Nous appelons les dirigeants de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan à honorer l'engagement pris dans leur déclaration conjointe du 23 Janvier 2012 à Sotchi, d’ "accélérer" la conclusion d'un accord sur les principes de base pour un règlement du conflit du Haut-Karabakh. Comme preuve de leur volonté politique ils doivent, s'abstenir de tenir des positions maximalistes dans les négociations, respecter l'accord du cessez-le-feu de 1994 et s'abstenir de la rhétorique hostile qui augmente la tension. Nous exhortons les dirigeants à être guidés par les principes de l'Acte final [d’Helsinki] - en particulier ceux relatifs à la non-utilisation de la force ou de la menace de la force, à l'intégrité territoriale, à l'égalité des droits et à l'autodétermination des peuples, ainsi qu’aux éléments d'un règlement décrit dans nos déclarations à L'Aquila en 2009 et à Muskoka en 2010.

La force militaire ne résoudra pas le conflit et ne fera que prolonger la souffrance et les difficultés endurées par les peuples de la région depuis trop longtemps. Seul un règlement pacifique et négocié peut permettre à l'ensemble de la région à se déplacer du statu quo vers un avenir sûr et prospère.

Nos pays continueront à travailler en étroite collaboration avec les côtés, et nous les exhortons à utiliser pleinement l'assistance des coprésidents du Groupe de Minsk en tant que médiateurs. Toutefois, la paix dépendra en dernier ressort de la volonté des parties à rechercher un accord fondé sur la compréhension mutuelle, plutôt qu’à avantager un côté, et sur une vision partagée des avantages que la paix apportera à leur peuple et aux générations futures."

*

Ils ont dit, ils ont écrit

* Russie

"Le ministère russe des Affaires étrangères évalue positivement la réunion des ministres arménien et azerbaïdjanais des affaires étrangères du point de vue de la poursuite du dialogue politique entre les parties en conflit, et qui s’est tenue à Paris le 18 Juin," a déclaré le représentant officiel du ministère russe des Affaires étrangères, Alexander Lukashevich.

Les deux ministres ont échangé leurs vues sur le règlement du conflit du Karabakh, sur les récents incidents sur la ligne de contact et sur la poursuite des contacts de la société civile.

S'exprimant sur la déclaration conjointe des pays coprésidents du Groupe de Minsk en marge du Sommet du G20 du Mexique, Lukashevich a ajouté : «Cela montre qu’une résolution rapide du conflit du Haut-Karabakh répond aux intérêts des trois pays coprésidents».

Il a informé que les médiateurs visiteront la région en Juillet prochain.

(…)

"L’irrecevabilité de la rhétorique de guerre est peut-être le seul nouveau message dans la déclaration des pays coprésidents du groupe de Minsk. Même si la déclaration n'a pas précisé le fauteur de troubles, elle a implicitement rejeté le blâme sur l'Azerbaïdjan. La résolution du conflit piétinera jusqu'à ce que le Haut-Karabakh participe aux négociations," a déclaré le directeur de l'Institut des pays d'Europe orientale et de la CEI, Alexander Tsinker.

Il a également critiqué la non-reconnaissance par l'OSCE de la RHK comme partie prenante au conflit et a ajouté : "les attaques azéries n'entraîneront pas une guerre. "

* Artsakh

Le ministère des Affaires étrangères de la République du Haut-Karabakh appuie la déclaration conjointe des Présidents de la Russie, des Etats-Unis, et de la France, faite à Los Cabos.

"Ce n'est que par un dialogue politique avec la participation du Haut-Karabakh qu’il sera possible de réaliser des progrès dans les négociations sur le règlement du conflit Azerbaïdjan-Karabakh.

Nous avons toujours eu une attitude positive pour de telles initiatives visant à une solution pacifique du problème, en tenant compte de tous les principes du droit international, et nous réaffirmons notre volonté de suivre les appels et les recommandations des dirigeants des États coprésidents du Groupe Minsk de l'OSCE.

Dans le même temps, nous devons préciser que la partie azerbaïdjanaise continue à interpréter la déclaration des médiateurs dans un sens qui lui est favorable en mettant des pré-conditions, torpillant ainsi ces initiatives. L'Azerbaïdjan continue de boycotter la mise en œuvre des principales mesures de confiance dans la région, telles l'élaboration de mécanismes d’enquêtes sur les incidents à la frontière, le retrait des tireurs d'élite de la ligne de contacts, et autres.

Malheureusement, Bakou n'a pas encore abandonné l’usage de la force initialement supposé résoudre le conflit. L'Azerbaïdjan, en tant que membre non-permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, dont les responsabilités incluent la lutte pour la sécurité dans la région, refuse les manières civilisées de résoudre le problème."

Nous exprimons l'espoir que cette fois les autorités azerbaïdjanaises afficheront le constructivisme et abandonneront leur politique futile de chantage militaire et de sabotage qui menace la sécurité fragile et la stabilité régionales.

Nous croyons que c'est seulement par un dialogue politique, avec la participation à part entière du Haut-Karabakh, qu’il sera possible de réaliser des progrès dans les négociations sur le règlement du conflit Azerbaïdjan-Karabakh et permettra d’établir une paix durable dans la région."

(…)

Le Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale de la RHK, Vahram Atanessian, espère qu’après la déclaration conjointe des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, il n’y aura pas de divergences entre eux.

Le politologue Hratch Arzoumanian pense que les États-Unis et la Russie ont conclu un accord sur certaines questions, et que la nécessité de changements abrupts sur la résolution du conflit du Karabakh a perdu son caractère d'urgence. "C'est pourquoi nous avons un certain temps pour comprendre ce qui se passe," a-t-il souligné.

Ainsi selon l’expert, la déclaration de Los Cabos a modifié l'idée que dans le contexte d’un désaccord entre la Russie et les Etats-Unis, Washington va essayer de prouver que les efforts du Groupe de Minsk de l'OSCE visant à la résolution du conflit du Karabakh ne sont pas efficaces.

* Arménie

"La déclaration faite par les trois pays coprésidents du Groupe de Minsk à Los Cabos, réitère les nombreuses remarques précédentes sur le règlement du conflit du Karabakh," a déclaré le représentant de l’Institut Oriental de l’Académie nationale des sciences d’Arménie, Andreï Areshev.

"La déclaration a été publiée sur un fond de présence accrue des Etats-Unis dans le Sud-Caucase et les régions adjacentes, ce qui impacte les intérêts de la Russie. Récemment le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a évalué positivement les activités du Groupe de Minsk, comme un modèle efficace de coopération entre Moscou et Washington. Cependant, cacher les différences de stratégie politique entre la Russie et les Etats-Unis devient de plus en plus difficile. Si Moscou est intéressé par la préservation de la stabilité, les États-Unis ciblent une gestion de la stabilité «créatrice». Ce qui signifie qu'il y a une grande différence entre les déclarations et la réalité chez chacun."

* EuFoA

Les Amis européens de l'Arménie (EuFoA) partage la déception et les recommandations émises dans le communiqué des trois pays coprésidents des présidents du Groupe de Minsk de l'OSCE.

"En particulier, nous regrettons que l'Azerbaïdjan continue de bloquer les principales mesures de confiance, à savoir la mise en place d'un mécanisme d'enquête sur les incidents sur la ligne de contact, le retrait des tireurs d'élite de la ligne de front, et la promotion des contacts entre les peuples. La lente escalade du conflit du Haut-Karabakh entraîne des risques dramatiques pour l'ensemble du Sud-Caucase, ainsi que pour le Moyen-Orient, voire pour l’Europe."

"En ignorant l'accord de Sotchi entre les Présidents, l'Azerbaïdjan bloque tout progrès sur le retrait des troupes. Pour de bonnes raisons, les principes de Madrid, proposés par le Groupe de Minsk, prévoient un retrait des troupes dans un contexte très spécifique, tout en s’assurant qu'il n'y ait pas de vide du pouvoir et de la sécurité, mais un statut provisoire et des garanties assurés par des troupes internationales. En posant comme pré-condition à toute mesure de confiance un retrait unilatéral des troupes [arméniennes] est plus que cynique, car cela signifie en fait que Bakou refuse tout simplement toutes les mesures diplomatiques proposées par l'OSCE. Cette approche maximaliste signifie clairement une nouvelle escalade. Une nouvelle guerre serait insensée pour tous les côtés, et aurait comme conséquence la destruction de l’industrie pétrochimique de l'Azerbaïdjan, qui est la source principale de sa richesse et de son budget militaire. Cela peut sembler irrationnel, mais reste cohérent, même avec les discours très agressifs du président Aliev s'adressant à la communauté internationale," a commenté le Secrétaire général de l’EuFoA, le Dr Michael Kambeck.

L’EuFoA réitère son appel à l'UE et aux autres acteurs internationaux pour arrêter de lancer "des appels généralistes aux deux côtés", qui en fait donnent une interprétation pervertie de l'impartialité, mais insiste sur la nécessité de préciser plus clairement les actions qui sont attendues de chaque côté, faute de quoi le côté défaillant sera encouragé à poursuivre son comportement dangereux. Les parties doivent également être félicitées individuellement pour les mesures et les initiatives positives. Cela aidera les négociations de paix à déboucher vers des résultats.

* Groupe Crises Internationales

C’est devenu une tradition pour la directrice des programmes européens au sein du Groupe Crises Internationales (ICG), Sabine Freizer, de faire des commentaires sur les évolutions du processus sur le Haut-Karabakh. En outre, elle a l'habitude de faire une évaluation pessimiste plutôt que des déclarations réalistes.

Cette fois encore, elle a prédit une guerre dans un proche avenir, suite aux tensions à la frontière arméno-azerbaïdjanais et sur la ligne de contact Karabakh-Azerbaïdjan. "Les affrontements Arméno-azerbaïdjanaises peuvent se transformer en une guerre dans la région, où la Compagnie BP et ses partenaires ont investi 35 milliards de dollars dans des projets énergétiques. Les deux parties en conflit maintiennent un faible contrôle de la ligne de contact. Des hostilités à plus grande échelle pourraient bientôt éclater par accident, comme conséquence de mesures de rétorsion prises."

Probablement pour éviter de ressembler à Cassandre et être critiquée par Erevan ou par Bakou, Sabine Freizer s’est hâtée d'ajouter : "Ni l'Azerbaïdjan ni l'Arménie n’ont l'intention de mener une offensive de grande envergure à court terme. En cas de reprise des hostilités, la guerre sera longue en raison d’une parité militaire des côtés. En outre, les garanties de sécurité données par la Russie et la Turquie peuvent élargir la confrontation." Et d’ajouter : "la base militaire russe de Gumri peut apporter son aide à l’Arménie, vu que ces deux pays sont tous deux membres de  l’OTSC et que l'Azerbaïdjan peut compter sur la Turquie avec laquelle elle a des liens ethniques, politiques et économiques."

* Editorialiste arméno-libanais

"La déclaration faite par les trois pays coprésidents du Groupe de Minsk à Los Cabos est importante sur certains points. Elle réaffirme le soutien des médiateurs pour le format actuel du groupe de Minsk de l’OSCE, ce qui neutralise les tentatives azerbaïdjanaises à vouloir transférer la résolution du conflit sur une autre plate-forme," a déclaré le rédacteur en chef du quotidien Aztag de Beyrouth, Chahan Kandaharian.

"La déclaration réaffirme également les trois principes de bases, alors que le rapport de la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait omis le droit des nations à l'autodétermination. Les ‘nouvelles approches’ annoncées par Mme Clinton n’ont été confirmées ni dans les déclarations des présidents, ni au cours de la rencontre entre les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais. La déclaration reste toujours généraliste, affirmant que les deux pays portent la responsabilité de la rhétorique de guerre et de l'utilisation de la force, évitant d’indiquer le fauteur de troubles," souligne l’éditorialiste.

* Brève Etats-Unis *

Le 19 Juin, le Commission des Affaires étrangères du Sénat a validé la candidature de Richard Morningstar comme ambassadeur des Etats-Unis en Azerbaïdjan, indique l'Assemblée Arménienne d'Amérique (AAA). Pour que la nomination devienne définitive, le Sénat doit donner son aval en séance plénière.

Lors de son audition, la sénatrice Barbara Boxer (D-CA) avait déclaré qu'il était "absolument essentiel que l'ambassadeur Morningstar utilise sa position pour mettre en garde le gouvernement de l'Azerbaïdjan d’une escalade de l'agression et des menaces contre l'Arménie et le Haut-Karabakh." L'ambassadeur désigné s’était engagé disant : "si je suis confirmé à ce poste, je parlerai aux dirigeants azerbaidjanais que la rhétorique irresponsable est inacceptable et porte atteinte aux efforts visant à parvenir à un règlement pacifique du conflit. Je leur demanderai instamment de faire preuve de retenue dans leur rhétorique et de préparer leur peuple à la paix, et non la guerre."

Le sénateur Robert Menendez (D-NJ) avait également soulevé de sérieuses préoccupations sur les violations du cessez-le-feu qui avaient coïncidé avec la visite d’Hillary Clinton dans la région, et avait posé une série de questions à l'ambassadeur désigné à propos de l'escalade des tensions et de la politique des États-Unis pour empêcher le bellicisme de l'Azerbaïdjan.

D’autres sénateurs avaient également exprimé des inquiétudes sur la politique des États-Unis liée aux ressources pétrolières, lesquelles financent des achats massifs d'armes offensives. Aussi bien Morningstar que son prédécesseur, Matthew Bryza, ont joué un rôle actif dans la facilitation des négociations sur les oléoducs transportant le pétrole de la Caspienne vers l'Occident.

"L'Assemblée Arménienne continue à être profondément troublée par le bellicisme incessante de l'Azerbaïdjan, y compris par l’attaque d’un jardin d'enfants dans le village de Tchinari. C'est tout simplement inacceptable," a déclaré le directeur exécutif de l'AAA, Bryan Ardouny.

Dans sa lettre à tous les membres de la Commission des Affaires étrangères du Sénat ainsi qu’à la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, l'AAA demande instamment que les actions déplorables de l'Azerbaïdjan soient "fermement condamnées" et que toutes les options soient envisagées, et notamment ‘l'article 907 du Freedom Support Act’ ainsi que "l’arrêt de l'aide militaire américaine à l'Azerbaïdjan."

Répondant à la lettre de l'AAA au nom de la Secrétaire d'État, le Secrétaire d'Etat adjoint pour les Affaires européennes et eurasiennes, Philip Gordon, a écrit : "les Etats-Unis ont exhorté les parties à s'abstenir d'utiliser la force ou de sa menace, [et] en tant que coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE, nous demeurons résolus à travailler avec les parties pour parvenir à un règlement pacifique.(…) En outre, l'aide américaine à la sécurité dans la région est soigneusement examinée pour s'assurer qu'elle ne sape pas les efforts en vue d’un règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh."

* Brèves Arménie *

"Aujourd'hui c’est la Journée internationale des réfugiés, ce qui est l’occasion de parler des problèmes des personnes forcées d’avoir quitté leur patrie à cause de la violence ou de la guerre.

Il y a environ 43 millions de réfugiés à travers le monde, dont près d’un demi-million d'Arméniens qui ont été contraints de fuir l'Azerbaïdjan après la guerre de libération de l’Artsakh. L'Arménie s’est retrouvée avec un lourd fardeau en accueillant ces personnes alors qu’elle-même subissait le blocus," a déclaré le président des Arméniens d'Azerbaïdjan, Grigori Ayvazian.

Des études ont montré que les personnes qui ont trouvé refuge en Arménie, ont obtenu la citoyenneté plus facilement que dans d'autres pays, mais ils doivent attendre plus longtemps pour que leurs problèmes sociaux soient résolus. Au nom des Arméniens d'Azerbaïdjan, Grigori Ayvazian accuse l'Azerbaïdjan d’avoir saisi illégalement leur propriété.

Grigori Ayvazian pense que les Arméniens d'Azerbaïdjan pourraient apporter une contribution importante au règlement du conflit en cours avec l'Azerbaïdjan. De plus, l'Arménie ne donne pas une réponse ad hoc aux actes subversifs déclenchés par l'Azerbaïdjan. "Cela aiderait à les contenir mais dans le même temps le risque de guerre augmenterait, " a-t-il dit.

(…)

"L'Azerbaïdjan a déclaré son indépendance sans faire de référendum, car il avait peur de la réaction des nations autochtones vivant sur son territoire. Malgré les pressions azerbaïdjanaises, dans des conditions d'accès difficiles à Internet, ces nations parviennent à exprimer leur protestation contre l'attitude des autorités azerbaïdjanaises.

L’Azerbaïdjan persécute délibérément tous ceux qui osent protester et demander que les Arméniens ne soient pas perçus comme des ennemis. Les Azerbaïdjanais envoient les représentants de ces nations autochtones sur la ligne de contact, qui est un geste significatif. Ainsi, l'Azerbaïdjan fait affronter ses ennemis, ce qui sert ses intérêts," a déclaré le politologue Levon Mélik-Chahnazarian.

Il attire l'attention sur l’utilisation du mot ‘Talish’ qui est interdite en Azerbaïdjan, et rappelle que l'an dernier les dirigeants des nations autochtones ont invité leur jeunesse de ne pas aller sur la ligne de contact et à ne pas lutter contre les Arméniens.

Les nations autochtones vivant en Azerbaïdjan ont demandé un peu plus d’autonomie. En outre, il y a quelques jours la question de l'indépendance des nations autochtones a été soulevée lors d'une conférence à l'Hôtel Président de Moscou. La déclaration a été accueillie par des ovations à Moscou et des arrestations à Bakou.

Levon Melik-Chahnazarian est assuré que l'escalade est inévitable. Le politologue reste en contact avec les représentants des nations autochtones d'Azerbaïdjan et lance périodiquement des débats. Il suggère d'ouvrir des Représentations de ces nations autochtones en Arménie.

* Brèves Artsakh *

Le 20 Juin, conformément aux accords passés, la Mission d’observation de l'OSCE s’est rendue sur la ligne de contact entre le Haut-Karabakh et de forces armées azerbaïdjanaises, près de d'Horadiz.

Côté RHK, le groupe était conduit par le Bulgare Christo Christov et le Hongrois Antal Herdich. Côté Azerbaïdjan, le Tchèque Irgee Aberle et le britannique William Prior menaient le groupe.

Comme à chaque fois, aucune violation du régime de cessez-le-feu n’a été relevée pendant l’inspection.

(…)

Selon les données de l'armée de Défense de la RHK, environ 400 cas de violation de la trêve par la partie azerbaïdjanaise, représentant plus de 1500 tirs d'armes de calibrFes différents, ont été enregistrés dans la semaine écoulée sur la ligne de contact entre le Haut-Karabakh et l’Azerbaïdjan.

(…)

"Les informations de sites Web azerbaïdjanais, indiquant que forces armées azéries auraient ‘repris le contrôle de trois villages de la province Ghazakh’ sont fausses", a déclaré le représentant du service de presse du ministère de la Défense de la RHK, Mouchegh Aghekian.

"Des équipements militaires lourds sont déployés dans ce coin. Ces villages, situés en zone neutre, étaient sous le contrôle des forces arméniennes. Youkhary Askipara, Goushchou Ayrum et Jafarli ont été repris à l’ennemi," indique le communiqué de Defence.az, et six soldats azerbaïdjanais sont morts dans des accrochages.

* Brève Turquie *

"La Turquie va rétablir tous les liens avec la France après la rencontre positive avec le nouveau président François Hollande lors du Sommet de Rio+20 sur le développement durable. Le Premier ministre a donné les instructions nécessaires après son entrevue avec M. Hollande. En raison de la nouvelle attitude de la France, les sanctions existantes seront supprimées", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

Il compte se rendre à Paris le 5 Juillet pour des réunions bilatérales sur les  mesures positives supplémentaires à prendre.

On ne peut que faire des suppositions à propos des «mesures positives» entre la France et la Turquie : - Soit la France a convaincu la Turquie que la question du projet de loi sera gelée jusqu'aux prochaines élections, soit que la Turquie pense avoir intimidé la France avec ses sanctions, et que Paris a décidé de ne plus la fâcher avec ce sujet.

Il reste donc à attendre et voir si Hollande va suivre les traces de son prédécesseur en tenant effectivement sa promesse, ou si ses promesses étaient creuses ; rappelons toutefois que la France est une grande puissance européenne qu’elle ne peut duper ses citoyens.

* Brève Géorgie *

"A Dieu ne plaise, une nouvelle guerre arméno-azerbaïdjanais se fera au détriment de la souveraineté et de l'indépendance des trois Etats du Sud-Caucase. J'espère sincèrement que les efforts du Groupe de Minsk de l'OSCE aboutiront à une solution rapide. Toutefois, un ‘troisième pays’ travaille activement pour que les médiateurs échouent et que la tension sur la ligne de contact se poursuive aussi longtemps que possible," a déclaré le ministre des Affaires étrangères géorgien, Grigol Vashadze.

Prié de dire si la Russie est le troisième pays, le ministre géorgien a répondu : "C’est une supposition !"

Il a également abordé la coopération entre les trois pays : Azerbaïdjan-Géorgie-Turquie signalée dans la déclaration de Trabzon. "Nous participons conjointement à des projets de grandes infrastructures et souhaitons élargir la coopération à d'autres domaines. Face aux challenges de la région, ce sont souvent nos trois pays qui répondent. Je tiens à souligner que ce format n'est pas dirigée contre un autre État ou un groupe d'Etats," a-t-il précisé.

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Extrait de Radiolour et de PanArmenian


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