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mercredi 17 février 2016

Arménie : Le voisinage en 2016


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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Les années passent et les contacts avec les voisins fluctuent au gré de la géopolitique. Certains s’améliorent comme par exemple avec la Géorgie ou avec l’Iran, d’autres n’évoluent pour ainsi dire pas comme avec la Russie, et une troisième catégorie continue de se dégrader, lentement comme avec la Turquie et plus fortement comme avec l’Azerbaïdjan.

Avec la levée des sanctions contre Téhéran, les liens commerciaux qui étaient déjà au beau fixe, ne peuvent que perdurer et très probablement progresser d’autant que les liens avec Moscou, allié de l’Arménie, sont au mieux. L’embellie Iran-Occident ajoute un réel plus avec la levée de l’embargo.

Avec la Géorgie, qui est tributaire de l’Azerbaïdjan pour son approvisionnement énergétique fossile - et en partie de l’Arménie pour son énergie électrique, joue un jeu trouble avec sa voisine malgré les belles paroles des dirigeants. Ainsi le contentieux avec Moscou concernant l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie n’arrange rien. Ce qui fait qu’elle ne peut pas avoir une confiance totale en sa voisine, vu les liens étroits qui lient Erevan à Moscou, tant qu’économiques que stratégico-militaires. Ce qui explique également sa position vis-à-vis du conflit du Haut-Karabakh et son soutien inconditionnel à la notion d’intégrité territoriale. Avec le blocus turco-azéri, l’Arménie ne peut se passer de la Géorgie car c’est son poumon économique par où transite la quasi totalité des marchandises en provenance, ou à destination, de l’étranger - Iran mis à part. Autre moyen de pression économique sur Erevan. Et je laisse de côté les «tracas» causés tant par l’église géorgienne que par l’administration à la communauté arménienne et à leurs biens.

Avec la Russie c’est donnant-donnant. Il y a ce qui est dit et il y a ce qui est fait. L’Arménie paie très cher sa sécurité et encore plus cher son équilibre économique. Les trois-quarts des infrastructures du pays appartiennent aux russes. Quant au soutien apporté sur le conflit du Haut-Karabakh, c’est la géostratégie de Moscou dans toute sa splendeur, c'est-à-dire le chaud et froid. Et si par malheur le dictateur lançait ses troupes à l’assaut du Karabakh, on ne sait pas quel serait exactement le comportement de l’allié russe.

La chape bolchévique qui s’est abattue sur ce qui allait devenir l’URSS, a poussé les RSS qui la composaient à se déclarer «frères», et c’est sous ce vocable que les «frères» en question se devaient de vivre en bonne intelligence, à l’ombre de la faucille et sous la houlette du marteau. Seulement voilà, à la chute de l’Union soviétique, les « pays frères» ont vu resurgir les charcutages géographiques effectués par le camarade Staline selon la devise ‘diviser pour mieux régner’. Découpages que le potentat azerbaidjanais a traduits par : toutes les terres sont historiquement azéries y compris une grande partie de l’Arménie. En attendant de retrouver sa «gloire passée», la forte chute des rentrées de pétrodollars a entrainé un net ralentissement de ses investissements tant à l’étranger que dans le pays, et un retard des travaux en Géorgie concernant les liaisons stratégiques ferroviaires et/ou énergétiques.

Reste le voisin ottoman au ‘zéro problème’, l’antagoniste chronique de l’Arménie qui malgré un massacre de masse perpétré méthodiquement n’a pas réussi à extirper cette épine de sa diplomatie. Les commémorations du centenaire du génocide des Arméniens ont même réussi à reléguer au second plan les cérémonies fastueuses de la bataille de Gallipoli. Mais la Turquie n’a que faire des remontrances de la communauté internationale et rien ne l’incitera à changer sa politique envers l’Arménie. Au contraire les salamalecs des Européens, l’Allemagne en tête, ajoutés aux soutiens inconditionnels des Etats-Unis et de l’OTAN associés, ne font que renforcer sa détermination d’en découdre avec ses ennemis et plus largement avec tous les empêcheurs de tourner en rond.

Les espoirs mis sur 2015 n’ont hélas pas apporté tout le soutien effectif dont l’Arménie a besoin, et ce n’est pas 2016 qui pourra combler le manque.

 

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Traductions – revue de presse

Extrait de Radiolour, de PanArmenian et de News.am
 
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Arménie

«Discuter de la situation en Arménie est impossible sans une évaluation claire de l'influence du monde extérieur. Nous resterons préoccupés tant que le conflit du Karabakh ne sera pas résolu et que la Turquie ne lèvera pas son blocus. C’est une situation inacceptable,» a déclaré le président Serge Sarkissian.

"Nous sommes tous au courant de la position des autorités turques et azerbaïdjanaises. Cependant, le fait est que leur politique des 25 dernières années n'a pas produit le résultat qu'ils auraient aimé voir. Ils ont essayé la menace, le verrouillage économique et la force. Nous parler de cette façon ne produira aucun résultat tout comme


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OSCE

"Les principes de l'Acte final d'Helsinki sont d'égale importance et tous les Etats membres de l'OSCE, y compris l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont convenu que le règlement du conflit du Karabakh doit être basé sur les principes de la non-utilisation de la force, du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de l'intégrité territoriale», a déclaré le représentant permanent de l'Arménie auprès de l'OSCE Arman Guiragossian au Conseil permanent de l'OSCE.

"La politique anti-arménienne de l'Azerbaïdjan n'a pas changé au cours des 25 dernières années. Bakou refuse de reconnaître le droit du peuple du Haut-Karabakh à s'autodéterminer, principe qui a été reconnu par les pays coprésidents du Groupe de Minsk comme l'un des trois principes de base du règlement. La détermination du


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OTSC

«L'organisation du traité de sécurité collective (OTSC) réagira à toute action entrainant l’escalade de la tension à la frontière entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, ainsi que dans le Haut-Karabakh,» a déclaré le chef de l'Organisation, Nikolai Borduzha.

"Toutefois, l'organisation ne participe pas au règlement de ce conflit. Nous surveillons seulement la situation, car elle implique notre allié - l'Arménie. La position de l'OTSC est claire - tous les pays
 
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OTAN

Le Secrétaire général de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Jens Stoltenberg, a appelé les parties en conflit au Haut-Karabakh à éviter une nouvelle escalade de la situation, et qu’à de nombreuses fois elle a prôné la désescalade de la tension.

«L’OTAN suit de près les développements dans le Haut-Karabakh et en Azerbaïdjan. Aussi, la chose la plus importante est que les parties en conflit montrent de la détermination et de la retenue, pour éviter l'escalade de la situation dans la zone du conflit du Karabakh.

L’Arménie et l'Azerbaïdjan sont des partenaires de l'OTAN, et elle valorise hautement la coopération avec ces deux pays,» a-t-il souligné.

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Etats-Unis

Le député Adam Schiff a stigmatisé "le régime autoritaire" de Bakou après que le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, citant l'interview de Schiff avec Asbarez, lors d'une conférence de presse a demandé à son ambassade à Washington d’étudier avec les autorités américaines, le rôle de Victoria Nuland du Département d'Etat, dans la défaite, le mois dernier, d'une résolution sur le Karabakh à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Schiff a lancé un appel au secrétaire d'État John Kerry avant le vote de l'APCE pour exprimer son opposition à cette mesure et demander à
 
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Turquie

Le Président Recep Tayyip Erdoğan a été extrêmement furieux de la récente déclaration du porte-parole du Département d'Etat américain, John Kirby.

Kirby a déclaré que les Etats-Unis ne considèrent pas que les unités de la protection du peuple (YPG) qui sont armées par eux et composés de Kurdes syriens, soient une organisation terroriste.

"Hé, l'Amérique ! Êtes-vous avec nous ou avec les terroristes du YPG ? Car tout comme le PKK, les YPG sont des terroristes.

Je suis attristé lorsque des pays alliés de la Turquie aident les Kurdes syriens, et notamment le YPG,» s’est écrié Erdoğan.

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Russie

«Le ministère des Affaires étrangères de la Russie va examiner la proposition des députés de la Douma d'Etat relatif à l’annulation du traité d'amitié avec la Turquie.

La demande sera examinée comme spécifiquement proposée. En conséquence, tout sera fait conformément à la procédure indiquée», a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova.

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Le coin des analystes et des observateurs

«À l'heure actuelle, changer le format du Groupe de Minsk de l’OSCE et engager l'Iran n’est pas favorable pour l'Arménie, car dans ce cas, l'Azerbaïdjan voudra faire entrer la Turquie, ou à défaut la rendre plus active,» a déclaré la spécialiste de l’Iran, kohar Iskandarian.

«L’Iran a été un médiateur dans les efforts pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh, et a eu un impact très positif sur le processus de règlement du conflit. Mais je crois que le statu quo doit être maintenu, et que la fin du processus actuel soit en vue.

La position de l'Iran est que le conflit doit être résolu par des négociations pacifiques. Téhéran poursuit sa politique équilibrée dans la région du Caucase, en devenant un acteur très influent," a-t-elle souligné.


 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian et de News.am


 

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