Relations Arménie-Turquie

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Le brouillard semble se dissiper entre Ankara et Erevan, mais de nombreuses zones d’ombre persistent, certaines depuis plus d’un siècle.

 

On ne peut que se réjouir de ce début de réchauffement, ce que nombre d’organisations et de gouvernements ont souligné. Mais avec la Turquie, et plus encore avec le Parti Justice et Développement (AKP), au pouvoir depuis une vingtaine d’années, il y a ce que l’on dit et ce que l’on fait.

 

La première des questions qui vient à l’esprit est : Pourquoi Erdoğan a-t-il changé sa politique vis-à-vis de l’Arménie, après l’avoir combattu politiquement pendant des décennies et militairement en 2020 ?

 

Plusieurs réponses à cette interrogation. La première et sans doute la plus importante, la victoire écrasante des troupes turco-azerbaïdjano-djihadistes en Artsakh (Haut-Karabakh) sur des soldats arméniens sous-équipés et désorganisés. En second lieu, la récupération par Bakou de la quasi-totalité(1) des territoires, du moins ceux reconnus par la communauté internationale lors de l’indépendance en 1991. La troisième et certainement la plus sournoise, l’étouffement économique de l’Arménie, déjà mal en point suite au double blocus turco-azéri depuis 1993.

 

Le petit frère Ilham Aliev a eu satisfaction sur sa principale revendication : recouvrer son intégrité territoriale, perdue lors de la défaite de 1994. Sa victoire de la guerre de 44 jours lui a octroyé un bonus inattendu : réactivation des liaisons routière et ferroviaire avec la partie scindée de son pays – la république autonome du Nakhitchevan.

 

Indépendamment du tracé exact de la frontière arméno-azérie héritée de l’époque soviétique, les 35 km (frontière Arménie-Iran) qui séparent l’Azerbaïdjan du Nakhitchevan, sont l’enjeu d’âpres discussions entre le premier ministre Pachinian et le président Aliev. Le premier insistant sur le fait que ce sont de simples voies de communication – couloir sous contrôle arménien, alors que pour le second, ce serait un corridor – passage protégé sous contrôle azéri, au même titre que celui qui relie l’Arménie à ce qu’il reste du Haut-Karabakh – sous contrôle russe.

 

C’est là que les objectifs du sultan ottoman rejoignent ceux du potentat azéri : sur l’usage des voies de communication à travers l’Arménie. Ceux du premier dans le sens Ouest-Est, ceux du second dans le sens Est-Ouest.

 

Erdoğan veut voir se réaliser son rêve : Avoir une continuité territoriale entre la Turquie et les pays turcophones d’Asie centrale, voire jusqu’au Xinjiang – région de Chine habitée par les Ouighours turcophones. Au diable pour les populations qui se trouvent sur son chemin, et bien sûr à commencer par les Arméniens, toujours présents malgré le « nettoyage » sévère de 1915, les « restes de l’épée » ((kiliç artigi) comme les nomment les ultras nationalistes turcs.

 

Ne pouvant les écraser militairement -  vu que la Russie ne ferme les yeux que sur quelques exactions et ne tient absolument pas à voir Ankara avaler l’Arménie, Recep Tayyip doit se contenter d’asphyxier Erevan économiquement et territorialement. Ce qu’il compte bien faire, à travers ses produits manufacturés ‘bon marché’, mais également avec des investissements-achats de PME sur le déclin, malgré la baisse drastique de la ‘Livre turque’.

 

Cerise sur le gâteau, la possibilité d’achat de biens immobiliers et de terres à proximités de la frontière turco-arménienne. Risques qui avaient été déjà été soulevés en 2009 à Zurich lors de la signature des accords arméno-turcs.

 

Quant à son larbin azéri, c’est tout bénef. En plus de « ses » nouvelles conquêtes de 2020, il risque fort se récupérer quelques dizaines de km² du territoire de l’Arménie en magouillant le tracé frontalier. Mais le nec plus ultra sera d’obtenir gain de cause de Moscou sur les futures voies de communication avec le Nakhitchevan. Il pourra alors faire passer une grande partie de ses échanges commerciaux avec la Turquie et l’Union européenne par le Syunik plutôt que renforcer les liaisons actuelles(2) qui transitent par la Géorgie.

 

Il faut espérer qu’il y aura suffisamment de personnes influentes en Arménie pour infléchir la politique actuelle de Nigol Pachinian envers les Turco-azerbaïdjanais, au rythme actuel l’Arménie passera du statut d’État à celui de république autonome.

 

Il reste toutefois deux inconnues : La sortie éventuelle du coma du groupe de Minsk de l’OSCE et surtout les desseins de Poutine pour le Sud-Caucase.

 

 

 

 

(1)   Le Haut-Karabakh, lui reviendra en novembre 2025, conformément à l’accord de cessez-le-feu du 9 novembre 2020 signé à Moscou. Lequel accord instaure la présence des soldats de la paix russes dans le corridor sécurisé de Latchine en plus du Haut-Karabakh, et ce pour 5 ans renouvelable, sauf demande de départ par l’une des parties. On voit mal Aliev demander leur présence pour un nouveau quinquennat.

(2)    L'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum (BTE), le chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars (BTK)

 

 

 

 

 

 

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Traductions – revue de presse

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Armenpress, de Trend, de APA, de Hurriyetet de l’OSCE


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Arménie

 


"Nous avons annoncé notre politique, et j'ai dit que l'une de nos premières tâches est de continuer à augmenter les capacités de défense de notre pays, mais d'un autre côté j'ai aussi dit que nous avons besoin de nerfs solides pour ouvrir l'agenda du développement pacifique malgré que davantage d'incidents avec plus de victimes se produisent à la frontière ", a déclaré 

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Russie

 


Les représentants spéciaux pour le processus de normalisation entre l'Arménie et la Turquie, respectivement le vice-président du Parlement arménien M. Ruben Rubinian et l'ambassadeur Serdar Kilic se sont rencontrés le 14 janvier 2022, à Moscou.

 

La première réunion des envoyés spéciaux s’est tenue à la maison d'accueil du ministère russe des Affaires étrangères. Elle a duré 

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OSCE

 


Une session spéciale du Conseil permanent de l'OSCE s'est tenue jeudi.

 

Au cours de l'échange de vues, le chef de la mission arménienne auprès de l'OSCE, l'ambassadeur Armen Papikian, a prononcé un discours dans lequel il a évoqué les provocations et les affrontements militaires en cours par l'Azerbaïdjan sur la frontière arméno-azerbaïdjanaise et la ligne de contact avec l'Artsakh (Haut-Karabakh) – et qui 

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Union européenne

 


« L'UE se félicite de l'annonce d'une rencontre à Moscou entre les représentants de l'Arménie et de la Turquie. La normalisation des relations et l'ouverture des communications est un objectif important que l'UE soutient pleinement », a déclaré le représentant spécial de l'UE pour le Caucase du Sud et la crise en Géorgie Tolvo Klaar dans un message sur Twitter.

 

()… « L'UE est extrêmement bouleversée par les informations faisant état de nouveaux incidents et de nouvelles victimes à la frontière arméno-azerbaïdjanaise.

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Turquie-Azerbaïdjan

 


« Le corridor de Zanguézour doit couvrir toute la région du Zanguézour dans le sud de l'Arménie, » a déclaré le président Ilham Aliev aux chaînes de télévision locales le mercredi 13 janvier.

 

« À travers ce couloir, une voie ferrée et une route passeront. Nous prévoyons également à l'avenir de poser des lignes électriques vers le Nakhitchevan, car nous avons un grand potentiel d'exportation d'électricité.  Il n'est pas non plus exclu 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Armenpress, de Trend, de APA, de Hurriyet, et de l’OSCE