Relations Arménie-Russie

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Il est clair que la Russie, bien qu'alliée de l'Arménie, tout comme d'ailleurs les pays membres de l'OTSC, n'interviendront pas, si le conflit de l'Artsakh dégénère en guerre. La raison en est très simple.

Le traité d'alliance militaire stipule que la Russie, se porte au secours de l'Arménie si celle-ci est attaquée. Hors, si attaque il y a lieu, Bakou ciblera exclusivement le territoire contesté, c'est-à-dire le Haut-Karabakh et les districts environnants. Ces territoires n'appartenant pas à l'Arménie, et il n'y aura donc pas d'intervention.

La Turquie prêtera main-forte à son petit frère en fournissant matériel et des ‘conseillers' sur le terrain, mais évitera d'attaquer l'Arménie de front, pour les raisons évoquées ci-dessus.

Quant à la notion d'indépendance de l'Arménie en comparaison avec celle de ses voisins, le quotidien en question doit avoir de ‘très bons tuyaux' pour la considérer plus grande que celle des puissances régionales que sont la Turquie et l'Iran.

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** Serge Sarkissian **

Le président Serge Sarkissian et Mme Rita Sarkissian ont offert un dîner d'État au palais présidentiel en l'honneur du Président de la Fédération de Russie Dimitri Medvedev et de Mme Svetlana Medvedeva. Selon un protocole établi, les présidents des deux pays ont porté des toasts.

"Il s'agit d'une visite mémorable. La notion même de visite d'Etat symbolise le plus haut niveau de relations qui peuvent exister entre les pays. Et cette visite est une excellente occasion d'examiner la dynamique de nos relations, tirer des conclusions, et fixer de nouveaux objectifs à notre partenariat. Nous sommes fiers des liens étroits entre nos deux pays qui remontent à des siècles, en coopération multiforme et efficace des deux pays. La coopération russo-arménienne est l'une des composantes les plus importantes de la sécurité et la stabilité dans la région du Caucase. Et elle est prouvée par l'importance des questions que nous allons discuter," a déclaré en substance le Président Sarkissian.
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** Dimitri Medvedev **

Le Président de la Fédération russe Dimitri Medvedev a exprimé sa gratitude à son hôte pour l'accueil chaleureux et pour les paroles aimables au sujet de la Fédération de Russie et aux collègues russes. "Nos relations remontent à bien des siècles. Et ce qui est important - à la jonction des plus dramatiques et historiques, nos pays se sont traditionnellement soutenus les uns les autres. Il existe de nombreux exemples pour le prouver. Je tiens à remercier personnellement les dirigeants de l'Arménie et tous nos homologues, pour le renforcement de nos relations, et leur désir sincère d'étendre notre partenariat et resserrer nos liens. Cette visite d'Etat est un excellent symbole de ce partenariat."

Il a également déclaré que l'Arménie a été parmi les premiers pays à venir en aide à la Russie pendant les incendies d'été, apportant un grand soutien moral et matériel.

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"L'Arménie est l'alliée de la Russie et la Russie assume sérieusement ses responsabilités envers ses alliées," a déclaré Dimitri Medvedev lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue Serge Sarkissian.

Que fera la Russie, si quelqu'un menace la sécurité de la population du Haut-Karabakh ?

"Mon pays accorde une grande importance au problème de maintien de la paix et confirme le caractère inacceptable d'une reprise de la guerre dans le Sud-Caucase," a-t-il répondu.

Rappelant que la Russie et l'Arménie sont membres de l'Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), Dimitri Medvedev a fait remarquer qu'il existe pour les pays alliés, certaines responsabilités mentionné dans le contrat.

À la question de savoir comment la Russie se comportera à l'entrée éventuelle d'autres institutions dans le processus de résolution du conflit du Haut-Karabakh, mis à part le Groupe de Minsk de l'OSCE, le chef de l'Etat russe a répondu :

« J'ai porté beaucoup d'attention à cette question récemment. J'ai mon point de vue non seulement comme président, mais aussi comme une personne qui suit avec attention l'évolution des événements. Tout d'abord, c'est le résultat qui importe et non le nombre d'institutions participant. D'ailleurs, ces institutions de médiation qui sont présentes, ou sont proposées, doivent être acceptées par toutes les parties qui sont dans le processus de négociation non-courant."

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** Gagik Haroutiounian **


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"La visite officielle de Dimitri Medvedev en Arménie et la prolongation de la présence de la base militaire russe en Arménie, accroissent notre sécurité mais n'entravent pas notre indépendance nationale," a déclaré le président de la Fondation "Noravank", Gagik Haroutiounian, lors d'une conférence de presse.

"En 1992-1993, après la libération de Chouchi et de Latchine, l'armée turque avait amassé des troupes le long de la frontière du Nakhitchevan. Le Premier ministre, Tansu Ciller, avait menacé d'attaquer l'Arménie. Le maréchal Chapochnikov avait indiqué que le risque de déclencher la Troisième Guerre mondiale a retenu les Turcs," a-t-il rappelé, ajoutant : "La Turquie a acquis plus d'indépendance que par le passé. Conséquence, elle est devenue plus agressive."

"Les Etats-Unis ont environ 600 bases militaires à travers le monde, dont 365 en Europe. On remarquera qu'aucun de ces pays n'est préoccupé par la perte de son indépendance. En ce qui concerne l'Arménie, selon le périodique de renommée internationale "Politique Etrangère", notre indépendance est plus grande que celle de la Géorgie, de l'Azerbaïdjan, de la Turquie ou même de l'Iran," a souligné le politologue.

Radio Publique d'Arménie