L'Azerbaïdjan se prépare, à sa manière, pour le Sommet de l'OSCE à Astana.

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Comme cela a été indiqué plusieurs fois dans les commentaires, il y a les aboyeurs officiels qui rêvent d'en découdre avec les Arméniens et les modérateurs, type Elmar Mammediarov, qui essaient d'atténuer les propos des précédents. Le dernier mot restant bien évidemment au chef de l'Etat, Ilham Aliev, du clan Aliev.

Le président azéri hésite à passer à la vitesse supérieure, car face à la communauté internationale il sera le déclencheur des hostilités, et donc l'auteur d'un fort déséquilibre régional, en totale opposition aux propositions des pays médiateurs coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE. Il aura certes le soutien officieux de la Turquie, mais pas plus, et surtout pas un soutien ou une aide de l'étranger, mercenaires mis à part.

Les grandes puissances, OTAN compris, verraient d'un très mauvais œil cette aventure mettant en péril les approvisionnements énergétiques de l'Occident, et de surcroit juste à proximité de l'Iran. L'Azerbaïdjan n'est pas la Russie ; ce que l'on a accepté, même difficilement de Moscou, sera refusé à Bakou.

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** Mubariz Ahmedoğlu **


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Comme prévu, à la veille du sommet de l'OSCE à Astana, Bakou à de nouveau commencé à proférer des menaces, à lancer des ultimatums, et à faire des déclarations sur "l'invincibilité" de l'armée azerbaïdjanaise, qui atteindra Erevan, s'appuyant sur la supériorité de son budget militaire.

Selon Mubariz Ahmedoğlu, le principal porte-parole de la propagande d'Aliev, l'Azerbaïdjan est tout à fait prêt pour une guerre.

"Notre armée est beaucoup plus forte que l'armée arménienne, indépendamment de son état, et notre seul ennemi est l'Arménie. Le Sommet de l'OSCE à Astana sera un point critique, une barrière, après quoi un nouveau champ de manœuvres s'ouvrira pour l'Azerbaïdjan. Le choix de l'Azerbaïdjan dépend de la décision du Sommet. Toutefois, les récentes mesures prises par Erevan suggèrent que l'Arménie choisit la guerre, cela signifie que l'Azerbaïdjan va s'engager dans une guerre finale et victorieuse," a déclaré Ahmedoğlu. En d'autres termes, si à Astana l'Arménie est étiquetée comme un agresseur et un occupant, elle devra l'accepter et restituer ses territoires à Bakou, mais on ne sait pas pourquoi.

L'analyste politique a ensuite raconté des histoires sur la misère de l'Arménie, qui n'a besoin d'une guerre pour survivre. En outre, il a eu recours sans hésitation à des propos insultants. Par exemple, il a déclaré que les manœuvres militaires sont organisées ... pour nourrir les soldats. On ne pouvait pas sortir une plus grande absurdité. Cependant, les politologues azerbaïdjanais n'ont jamais déployé d'efforts pour mettre leurs idées en conformité avec la logique, ce qui a entraîné une aggravation permanente de la situation et de l'hystérie, créant par là même une nouvelle génération, qui est prête à se battre pour les pétrodollars du clan Aliev.

"Il est vrai qu'aucun des dirigeants arméniens n'est en mesure de justifier l'histoire de l'Arménie par un retour des territoires occupés que par voie militaire, donc l'Arménie n'a pas d'autre choix que de faire la guerre à l'Azerbaïdjan. Les Arméniens sont privés d'une haute culture et d'une logique pour concevoir la nécessité de vivre en conformité avec les lois civiles et internationaux autrement qu'en agressant et occupant le territoire de l'autre. Grâce à cette même logique, elle sera vaincue dans la nouvelle guerre, et ainsi, la société arménienne se calmera et acceptera la nouvelle réalité," a déclaré le sieur Ahmedoğlu.

Toujours selon cette logique, l'Azerbaïdjan, qui a perdu la première guerre du Karabakh, n'a pas accepté la nouvelle réalité et aspire à se venger. Et la chose la plus importante, est que tout ce qui est exprimé à Bakou reflète la situation réelle en Azerbaïdjan, qui n'a rien fait pour améliorer les conditions de vie des populations dans les régions inondées, qui n'ont ni abris ni moyens de subsistance. Cependant, ce n'est pas le souci d'Aliev - il lui suffit d'intensifier l'hystérie avant le Sommet d'Astana et obtenir ainsi carte blanche de la communauté internationale, que personne d'ailleurs ne lui donnera. Et les diverses déclarations faites en tribune par les analystes politiques sont dictées par lui. Toutefois, comme il n'y a pas d'autres analystes politiques à Bakou, on peut dire qu'ils gagnent leur pain avec la propagande anti-arménienne, ce qui est une chose facile, car on évite ainsi le froid des tranchées ou les déplacements sous le feu.

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** Niyazi Niazov **


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Niyazi Niazov, le doyen de la faculté des Relations Internationales de l'Université d'Etat de Saint-Pétersbourg, a déclaré que Bakou n'excluait pas la reprise des hostilités dans le Haut-Karabakh.

"Si une nouvelle guerre débute, l'ONU peut inciter Bakou à cesser les opérations militaires et à retourner à la table des négociations. Dans ce cas précis, l'Azerbaïdjan ignorera cette demande et poussera l'ONU à renoncer à la politique de deux poids deux mesures," a déclaré le doyen.

Malheureusement, Niazov ne dit rien de nouveau. Il y a comme une impression que Bakou est en train de préparer la communauté internationale à une nouvelle guerre. L'Azerbaïdjan a repris la réflexion du célèbre expert Thomas de Waal disant que l'Azerbaïdjan ne voulait pas perdre encore 10-15 ans à négocier.

Ce n'est pas difficile de comprendre la signification de ces mots. Cependant, l'Arménie n'est pas non plus censée rester inactive et espérer l'aide de la communauté internationale, laquelle n'a pas bougé le petit doigt lors des massacres de la population arménienne en Azerbaïdjan ni lors de la démolition des monuments arméniens au Nakhitchevan. En outre, la communauté internationale semble ne pas remarquer la course aux armements et la croissance sans précédent du budget de la défense de l'Azerbaïdjan.

Il n'est pas non plus exclu que dans le cas d'une nouvelle guerre, la communauté internationale fasse pression sur l'Arménie afin d'épargner Bakou, ou pour être plus précis, les oléoducs et les gazoducs.

Si ces pipelines ont une grande importance, ce n'est pas forcément le cas de l'intégrité territoriale d'un obscur Azerbaïdjan apparu sur la carte suite au vague tracé de la main de Staline.

Rappelons-nous les mots de l'ayatollah Khomeiny sur ses derniers jours : "Il n'y a pas de pays appelé Azerbaïdjan. Il y a seulement la République Bakou."

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Garinée Ter-Sahakian – PanArmenian.net – Département Analyse