Le Conseil de l'Europe invite la Turquie à mieux protéger les droits des minorités non-musulmanes

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Il faut croire que les gestes spectaculaires de Recep Tayyip Erdogan concernant les autorisations exceptionnelles de célébrer un office religieux dans le monastère grec de Sumele en Aout 2010 et dans l'église-Musée arménien de Sainte-Croix sur l'ile d'Akhtamar en Septembre 2010, n'ont pas suffit à tranquilliser les préoccupations du Commissaire européen. La minorité Kurde avec ses 15 millions de citoyens de seconde zone ne rentre pas dans ce contexte, bien qu'il y aura à redire entre les Sunnites, les Chiites, les Alévis et/ou les Yézidis, mais cela ne relève du Conseil de l'Europe, et encore moins de mon propos.

On ne compte plus les arrêts de la Cour Européenne des Droits de l'Homme concernant la Turquie, relatifs aux libertés, qu'elles soient individuelles, d'expression, de la presse ou religieuses. Rien n'y fait, ni même les négociations d'adhésion Turquie-UE qui devraient, théoriquement, accélérer les changements demandés. Le changement de Constitution et du code pénal n'ont quasiment rien modifié dans ce domaine.

Le néo-ottomanisme non-affiché du gouvernement pro-religieux d'Ankara, ne facilité pas la transition vers les grands principes qui régissent l'UE, si tant est que la Turquie désire réellement les adopter. Les mauvaises habitudes datant de l'empire ottoman ont la peau dure, et les Valeurs occidentales n'ont pas leur place ici.

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"Des mesures positives ont été prises pour permettre aux minorités religieuses de manifester librement leurs convictions. Toutefois, un certain nombre de questions qui restent en suspens requière l'attention des autorités turques", a déclaré le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, dans une lettre adressée au gouvernement turc le 4 Février dernier.

Hammarberg s'est félicité des mesures prises pour renforcer la protection des lieux de culte, les propriétés et la liberté religieuse des minorités non-musulmanes, et s'est également félicité des instructions données par le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, pour que des publications contenant des éléments d'incitation à la haine et à l'hostilité envers les communautés non-musulmanes, ne soient pas en vente libre.

Il a d'autre part recommandé l'ouverture du séminaire grec orthodoxe de Heybeliada (Halki) d'Istanbul, et s'est déclaré préoccupé par la lenteur de la mise en œuvre des arrêts de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) concernant la liberté de religion.

Il a noté que conformément à la décision de la CEDH, la Turquie souhaite trouver une solution au sujet des cartes nationales d'identité lesquelles comportent toujours la religion du possesseur, rapporte le quotidien Today's Zaman.

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PanArmenian.net