La paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan traîne de plus en plus.


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Pour les optimistes, cette signature devait avoir lieu pour la fin de cette année. En fait, plus ça va, moins ça va.

 

Pour le président Ilham Aliev, le conflit du Karabakh était quasiment réglé le 9 décembre 2020 avec la signature d’un cessez-le-feu avec l’Arménie sous l’égide de Moscou. Il a transformé le ‘quasiment’ en ‘complètement’ en septembre dernier lorsque, avec l’aval discret de Poutine, il a attaqué et envahi ce qui restait du Haut-Karabakh, c'est-à-dire 1.100 km² sur les 11.433 km² initiaux. La force étant son arme favorite, il a par la même occasion chassé les autochtones, c’est-à-dire les 120.000 Arméniens qui restaient des 155.000 qui peuplaient cette région. Le mot qui convient à ce comportement, c’est le nettoyage ethnique.

 

Il faut dire que les propos du Premier ministre Nigol Pachinian en Avril 2023, laissant entendre que le Haut-Karabakh était un territoire azerbaidjanais, n’ont fait qu’aggraver la situation. Le couloir de Latchine, l’unique route qui reliait le Haut-Karabakh à l’Arménie, était bloqué par les Azéris depuis décembre 2022. Il n’en fallait pas plus à Ilham Aliev pour mettre un poste frontière à l’entrée du couloir de Latchine, au pont de Kabala, et verrouiller totalement l’enclave arménienne, affamant volontairement les Karabakhis.

 

D’ailleurs, pourquoi s’arrêter en si bon chemin devant la mollesse de la communauté internationale, persuadée que la méthode Coué aura une influence sur le potentat ? Cette étape franchie, il reste au fils d’Heydar Aliev à nettoyer les traces laissées par les Arméniens, par la destruction et/ou la réaffectation des monuments cultuels et culturels. En cas de doute, son mentor Erdoğan est là pour lui expliquer la marche à suivre. La Turquie dite ‘moderne’ a mis en œuvre cette démarche au lendemain du génocide des Arméniens de 1915, après s’en être pris aux personnes et à leurs biens.

 

Pour faire valider son forfait, le potentat a jeté sur le papier cinq conditions pour signer un traité de paix avec Pachinian. Conditions que l’Arménie n’est pas prête à accepter en l’état.

 

Se contentant des apparences et faisant fi des sournoiseries de l’autocrate, la communauté internationale a applaudi des deux mains cette perspective de paix entre les belligérants. On a même vu le manipulateur en chef de Moscou, soucieux de son ‘étranger proche’, entendez les ex-Républiques Socialistes Soviétiques, féliciter les antagonistes. Summum de l’hypocrisie, le ministre des Affaires étrangères turc, ex-directeur des services secrets (MIT), Hakan Fidan, a laissé entrevoir des jours heureux à l’Arménie avec la levée du blocus de 1993 et l’ouverture des frontières. Quant au ministre des Affaires étrangères azerbaidjanais, Jeyhun Bayramov, il a reconnu dans son dernier interview que tout n’était pas réglé.

 

Comme dit l’expression : « Le diable se niche dans les détails ».

 

Dans cet avenir soi-disant idyllique, trouvez le piège tendu par le tandem turco-azéri, car il y en un. On ne balaye pas d’un revers de main des contentieux de plus d’un siècle, avec ces deux pays, simplement en les rangeant aux oubliettes. Les naïfs invétérés donnent comme exemple la réconciliation franco-allemande, oubliant qu’on n’a pas à faire à des pays démocratiques mais à deux dictatures dirigées par des soi-disant islamistes modérés.

 

 

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.amde APA, ainsi que de l’Union européenne.


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Arménie

 


Le Premier ministre Nigol Pachinian a déclaré qu’il n’y avait pas de document international qui stipule que le conflit du Karabakh a été résolu, ajoutant que la discussion d’un document pour la résolution du conflit ne signifie pas qu’il a été résolu.

 

Il a fait ces déclarations en réponse à des questions qui lui ont été posées lors d’une interview avec la télévision publique arménienne (par Asbarez), probablement en réponse à des affirmations distinctes des autorités russes et azerbaïdjanaises qui ont insisté sur le fait que le conflit avait été résolu.

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Union européenne

 


Le 11 décembre, le Conseil des Affaires étrangères de l’UE a décidé de renforcer la capacité d’observation de la Mission de l’Union européenne en Arménie (EUMA) dans la zone d’opérations existante de la Mission du côté arménien de la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, en augmentant sa présence sur le terrain de 138 à 209 agents.

 

L’EUMA a été déployée le 20 février 2023 pour un mandat de deux ans. L’EUMA restera une mission de l’UE entièrement civile et non armée, agissant en tant qu’acteur impartial.

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Etats-Unis

 


« Les États-Unis se félicitent que la Turquie joue un rôle productif dans la résolution du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Washington, comme Ankara, soutient des pourparlers directs entre Erevan et Bakou visant à établir la paix, » a déclaré le porte-parole du département d’État américain, Matthew Miller.

 

« En ce qui concerne les récents entretiens entre le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, ce sujet a été abordé. Cette question est régulièrement discutée par les chefs des ministères des Affaires étrangères des deux pays. Cependant, il n’a pas rendu publics les détails de la discussion, » a-t-il ajouté.

 

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi à Bakou, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a annoncé qu’Ankara soutenait les efforts visant à normaliser les relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Selon lui, si les relations entre Erevan et Bakou sont normalisées, la Turquie normalisera ses relations avec l’Arménie.

 

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Russie

 


La porte-parole officielle du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a porté un certain nombre d’accusations contre l’Arménie et a mis en garde le pays contre de « graves risques ».

 

« Certains politiciens d’Erevan se plaignent des efforts de la Russie pour promouvoir la normalisation arméno-azerbaïdjanaise et parlent de l'"inefficacité » des accords trilatéraux signés au plus haut niveau entre 2020 et 2022. Nous pensons qu’il est nécessaire de clarifier ces questions.

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Turquie-Azerbaïdjan

 


Le président Ilham Aliev a déclaré dans une interview à Euronews que les autorités du pays avaient l’intention de réinstaller environ 140.000 personnes dans le Haut-Karabakh, y compris des réfugiés arméniens qui ont quitté leur patrie à l’automne. L’objectif devrait être atteint d’ici 2026.

 

« Dans le même temps, les Arméniens qui veulent rentrer doivent obtenir la citoyenneté azerbaïdjanaise. Avant cela, il est nécessaire d’investir dans les infrastructures et les logements dans le Haut-Karabakh », a-t-il ajouté.

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, ainsi que de l’Union européenne.