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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian
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Commentaires
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Le lundi 11 août 2025, le contenu de l'accord de paix Arménie-Azerbaïdjan était dévoilé.
Au vu du peu d'enthousiasme du grand public, des nombreuses questions des médias et des critiques sévères de l'opposition, le Premier ministre arménien s'est lancé sur le pourquoi du commentaire, taclant au passage ses opposants, à la limite de l'insulte. La frange de la population qui le soutient, a été satisfaite des explications. Pour les autres, la diaspora comprend, le nombre d'éclaircissements sont restés dans le flou, voire insuffisants.
Les sujets qui fâchent, comme les 23 prisonniers arméniens qui croupissent dans les geôles de Bakou, la destruction systématique du patrimoine arménien du Haut-Karabakh qui se poursuit, l'occupation de 208 km² du territoire national, sans parler du similiprocès des ex-dirigeants de l'Artsakh, ont été classés dans la catégorie 'humanitaire/social' – donc hors sujet de l'accord. Quant au retour des Karabakhis dans leur foyer, c'est une question saugrenue que Pachinian a écartée d'un revers de main. Pour lui, cela reste un combat du siècle dernier, tout comme la reconnaissance du génocide des Arméniens par la Turquie. L'heure est au « business ».
Ayant une haute opinion de lui-même en politique étrangère et se prenant pour un fin négociateur, il participe à des rencontres importantes en grandes pompes sous l'égide de VIP, sans se soucier si les signataires du document vont tenir leurs engagements ; ainsi :
- - Le 9 novembre 2020, à Moscou, il signe avec Ilham Aliev, en présence de Vladimir Poutine, l'accord de cessez-le-feu qui met fin à la deuxième guerre du Karabakh de 44 jours. Les Russes tout comme les Azerbaïdjanais ne respectent pas leurs engagements. Les premiers n'assurent pas leur rôle de défenseurs du couloir de Latchine, les seconds harcèlent les Arméniens, bloquent le couloir pour affamer les Karabakhis jusqu'à procéder au nettoyage ethnique en septembre 2023.
- - Le 7 octobre 2022, à Prague, en marge de la première réunion de la Communauté politique européenne, le président du Conseil européen, Charles Michel, et le président Emmanuel Macron, ont piloté une rencontre entre Pachinian et Aliev. Ces derniers ont confirmé leur attachement à la Charte des Nations Unies et à la déclaration d'Alma Ata de 1991, par laquelle tous deux reconnaissaient mutuellement leur intégrité territoriale et leur souveraineté. De plus, l'Azerbaïdjan a accepté de coopérer avec la mission civile de l'UE patrouillant le long de la frontière commune côté Arménie. En pratique, Bakou n'a pas reconnu l'intégrité territoriale de l'Arménie, pas plus que sa superficie de 29.800 km². Quant à la mission de l'UE, il a traité ses membres d'espions à la solde de l'UE.
- - Le 8 août 2025, c'est en présence de Donald Trump qu'il paraphe avec Ilham Aliev le futur accord de paix. Grande victoire pour Bakou qui obtient sa liaison « sans entrave » avec le Nakhitchevan. Victoire aussi pour Trump qui met le pied au sud-Caucase, dore son blason de pacificateur et conclu de futures rentrées financières. Victoire (à confirmer) pour Pachinian, persuadé que tout va rentrer dans l'ordre avec le tandem turco-azéri et que l'argent va couler à flots grâce aux royalties du couloir du Zanguézour appelé pompeusement « La voie Trump pour la paix et la prospérité internationales (TRIPP) ».
Une fois le traité de paix signé, la délimitation/démarcation sera réalisée sur la base de la déclaration d'Almaty de 1991 avec un territoire arménien qui aura une superficie de 29.743 km² (1) – sous réserve qu'Ilham Aliev restitue les 208 km² qu'il occupe ; l'Arménie gardera la souveraineté du couloir de Zanguézour ; les deux blocus, turc et azerbaïdjanais, seront levés ; et Erevan commercera avec ses voisins. Bref tout rentrera dans l'ordre.
En attendant ce tableau 'idyllique', Bakou continue d'insister pour que l'Arménie termine ses « engagements » en modifiant sa Constitution, afin de retirer toute référence au Haut-Karabakh. L'OSCE de son côté, se prépare à dissoudre le Groupe de Minsk.
Est-ce que pour autant les exigences d'Ilham Aliev seront terminées ?
En fait, non. Il lui reste encore à négocier le retour des 300.000 Azerbaïdjanais qui ont quitté l'Arménie lors de la première guerre du Karabakh, et en toile de fond, la correction de « l'injustice impardonnable » commise par Staline, à savoir l'octroi à la RSS d'Arménie de terres azéries, c'est-à-dire les ¾ de l'Arménie. Il ne se gêne pas de le rappeler à l'Arménie, directement, ou par des organisations créées pour l'occasion et ses historiens officiels.
Pour le dictateur azéri, négocier signifie : « tout ce qui est à moi, est à moi, tout ce qui est à toi, est négociable ».
Quant à Nigol Pachinian, il compte bien se représenter aux élections législatives d'avril prochain avec cet accord en main. Il ne semble pas avoir tiré les conséquences de la défaite de 2020. Sa déclaration du 7 octobre 2022, à Prague, précisant que la région autonome du Haut-Karabakh est un territoire azerbaïdjanais, n'a fait qu'empirer la situation.
(1)
: Des 29.800 km² initiaux, Pachinien, en 2024, a restitué à Aliev 57 km² d'enclaves azéries se trouvant en Arménie. Aliev par contre, n'a rien restitué des enclaves arméniennes se trouvant en Azerbaïdjan.
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Traduction
Extrait de Radiolour , de PanArmenian , de News.am , et de APA
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Arménie
Dans son discours à la nation, le Premier ministre Nigol Pachinian a explicité l'accord de paix signé au Sommet de Washington du 8 août :
« Un rapprochement s'est instauré entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, la paix a été instaurée entre eux. Après le 8 août, nous vivons dans un Caucase du Sud complètement différent, dans une nouvelle Arménie. La paix est une réalité inconnue et une vie étrangère pour nous ; ne la sous-estimons pas. Nous devons apprendre de zéro ce que signifie vivre en paix, à quoi ressemble
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Rencontres Arménie-Iran
Une série d'accords bilatéraux ont été signés entre l'Arménie et la République islamique d'Iran lors de la visite officielle du président iranien en Arménie. La cérémonie de signature s'est déroulée en présence du Premier ministre Nigol Pachinian et du président Massoud Pezeshkian .
Les ministères des Affaires étrangères, arménien et iranien, ont signé un mémorandum sur les consultations politiques pour la période 2025-2027. Le document a été signé par le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, et
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Union européenne - France
Emmanuel Macron a écrit :
« Avec le président Erdoğan, nous partageons d'abord l'objectif de mettre fin à la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine. Cela doit passer par l'arrêt des hostilités et la définition de garanties de sécurité robustes pour l'Ukraine. Je remercie la Turquie pour sa très bonne collaboration sur ce point dans le cadre de la Coalition des volontaires.
Sur la situation au Proche-Orient, nous condamnons fermement les récentes décisions du gouvernement israélien de conduire une offensive militaire sur Gaza et de coloniser de nouvelles terres en Cisjordanie, notamment à E1, qui
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États-Unis
« La ‘Route Trump’ permettra à l'Azerbaïdjan d'atteindre le Nakhitchevan tout en respectant pleinement la souveraineté de l'Arménie. L'Arménie a également conclu un partenariat exclusif avec les États-Unis pour développer ce corridor, qui pourra être prolongé jusqu'à 99 ans, avec la promesse d'une prolongation supplémentaire de 99 ans. Nous prévoyons des développements d'infrastructures majeurs. Les entreprises américaines sont impatientes de pénétrer dans la région et d'y investir massivement, ce qui profitera économiquement aux trois pays », a déclaré Donald Trump à l'issue du paraphe de l'accord de paix tripartite.
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Turquie-Azerbaïdjan
Ilham Aliev se trouvant à Kelbadjar, a déclaré :
« Nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons la paix, mais nous devons être prêts à la guerre à tout moment.
L'imprévisibilité des processus mondiaux oblige l'Azerbaïdjan à compter sur ses propres forces pour assurer sa sécurité et rester vigilant. Des sources de menaces potentielles ont été recueillies près de Bakou, ce qui a incité le pays à
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Ils ont dit
Sa Sainteté le Catholicos de la Grande Maison de Cilicie de l'Église apostolique arménienne, Aram Ier a déclaré :
« L'accord entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, récemment signé dans la capitale américaine, avec l'intervention et la présence du président américain, constitue sans aucun doute un phénomène unique. Nous laissons aux analystes politiques le soin d'évaluer les conséquences, à court ou à long terme, positives ou négatives, de
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Extrait de Radiolour , de PanArmenian , de News.am , et de APA
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