Arménie - Azerbaïdjan : 2026



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Les mentalités et surtout les objectifs des trois pays concernés – Turquie Azerbaïdjan Arménie, restent inchangés.

 

La Turquie attend impatiemment que la route TRIPP soit ouverte et que les échanges avec son vassal azéri et le monde turcique soient opérationnels. C’est Ankara qui a poussé les Etats-Unis à forcer la main de l’Arménie pour qu’elle cède aux exigences turco-azéries sur l’ouverture d’une liaison directe entre l’Azerbaïdjan et son exclave le Nakhitchevan. C’est ce qu’a déclaré on ne peut plus clairement le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan : « Les objectifs régionaux de la Turquie coïncident avec ceux des États-Unis, qui imposent la paix à l'Arménie. ».

 

On remarquera au passage le parti pris d’Ankara lorsqu’il désigne l’Arménie comme récalcitrante à la paix, alors que c’est l’Arménie qui demande à faire la paix depuis 2021. De même, que c’est bel et bien l’Azerbaïdjan qui a agressé les Arméniens du Haut-Karabagh en 2020 et les a chassés de leur terre trois ans plus tard. Mais ça, ne fait pas partie du logiciel turc.

 

Seulement voilà, la Turquie fait partie de l’OTAN, et de plus, le président Donald Trump apprécie grandement les dirigeants puissants et autocrates. Un petit coup de pouce ne fait de mal à personne, surtout si ce dernier se prépare à lui acheter quelques Chasseurs F35. Rien à voir avec le Premier ministre albanais arménien qui lorgne essentiellement vers l’UE.

 

L’Azerbaïdjan a quasiment atteint son but. Il a fait miroiter à la Russie tout les avantages à commercer avec lui, ce qui lui a permis d’obtenir sa neutralité bienveillante après l’accord tripartite de cessez-le-feu du 9 novembre 2020 et surtout un feu vert tacite pour le nettoyage ethnique des Arméniens du Haut-Karabagh en septembre 2023. Pour ce faire, Bakou s’est proposé d’écouler le pétrole russe à partir de 2022, malgré les sanctions européennes, pour le revendre à l’UE.

 

Après le nettoyage des Arméniens qu’il tolérait sur ‘ses’ terres, entendez par là le Haut-Karabagh, l'autocrate azéri a cloué le bec du dirigeant arménien, lui dictant les concessions qu’il devait faire en vue de la signature d’un traité de paix. Se gardant bien de ne rien lâcher en échange. En gros le pot de terre contre le pot de fer.

 

Et ce n’est pas encore terminé, car Nigol Pachinian doit encore modifier la constitution arménienne pour retirer toute trace du mot ‘Karabakh’. Il doit également éviter qu’il y ait des contrôles sur la partie Azerbaïdjan-Nakhitchevan du TRIPP, c'est-à-dire transformer ce tronçon en ‘couloir’, c’est d’ailleurs l’expression employée systématiquement par Bakou.  Ça c’est la première étape.

 

La seconde étape, consistera à obliger l’Arménie à réinstaller les Azerbaidjanais qui ont quitté (et non été chassé) l’Arménie lors de la première guerre du Karabakh, théoriquement au nombre de 200.000. Le but final, non avoué officiellement bien que souvent rappelé par Ilham Aliev, c’est la récupération du Zanguézour occidental, c'est-à-dire la province du Syunik. Comme dirait Trump : « si ce n’est pas par la négociation, ce sera par la force ».

 

Si l’on écoute le dictateur azéri, les ¾ de l’Arménie seraient des terres azerbaidjanaises. Il oublie volontairement que son pays, l’Azerbaïdjan, n’a vu le jour qu’en 1918 sous la dénomination République Démocratique d’Azerbaïdjan, regroupant essentiellement des tribus Tatars, des Azéris du nord de l’Iran et des minorités musulmanes.

 

En attendant, on fait ami-ami avec l’Arménie, commercialement parlant, histoire de donner le change aux Occidentaux. Les paroles affables, de part et d’autre, n’effacent pas le lourd contentieux.

 

L’Arménie sous la direction du Premier ministre Nigol Pachinian fait tout pour s’attirer les bonnes grâces du tandem turco-azéri, dans le but de désenclaver le pays et d’ouvrir les deux frontières fermées depuis plus de trente ans. Si l’objectif est louable, les moyens pour y parvenir le sont moins.

 

Le gouvernement espère signer l’accord de paix pour la fin de l’année 2026. Il reste toutefois à régler un ou deux points de l’accord présenté lors du Sommet de Washington le 8 août dernier, auxquels il faut ajouter la modification de la constitution arménienne.

 

Un gros travail attend la Commission sur la délimitation de la frontière arméno-azerbaidjanaise d’autant que 208 km² sont toujours occupés par l’armée azérie. On notera qu’Ilham Aliev n’a jamais reconnu la superficie de l’Arménie, c'est-à-dire 29.743 km², se contentant de signer le document, qui se réfère à la déclaration d’Alma-Ata de 1991.

 

De même, le gouvernement arménien doit très sérieusement s’inquiéter du sort des dix-neuf prisonniers arméniens qui croupissent encore dans les geôles azéries et dont seize d’entre eux attendent le verdict définitif du pseudo tribunal azerbaidjanais. Signer le traité de paix dans ces conditions serait une tache indélébile (une de plus) pour le dénommé Nigol Pachinian - Si tant est qu’il sorte vainqueur des élections législatives de juin prochain.

 

En attendant, le Premier ministre, fort de sa réussite en vue d’une paix avec Aliev, met tous ses œufs dans le même panier - l’Union européenne, espérant secrètement pouvoir y adhérer un jour. C’est mal connaitre la politique européenne. Les millions versés cachent des lendemains désenchanteurs.

 

Avant de clore le ‘reste à faire’ des trois acteurs principaux, trois autres pays sont plus ou moins directement concernés.

 

Les Etats-Unis sont satisfaits. Non seulement ils ont réussi à faire la paix entre deux voisins en guerre depuis plus de trente ans, mais cela permet à leur président d’engranger une victoire de plus à son tableau de chasse en vue d’obtenir le prix Nobel de la paix, et cerise sur la gâteau, une manne financière lorsque la route TRIPP sera opérationnelle.

 

Une question reste toutefois posée. Que fera Washington si l’une des deux parties ne tient pas ses engagements (suivez mon regard) et s’attaque au plus faible ? 

 

L’Iran, bien qu’il vienne de passer de nombreux accords avec l’Arménie, a fort mal débuté l’année. Il n’apprécie pas de voir arriver les Etats-Unis dans la région en plus d’un Azerbaïdjan allié à Israël. Suite aux événements sociaux politiques, son économie risque fort de vaciller, et les échanges avec Erevan accuseront le contrecoup. Sans compter les difficultés qui s’annoncent dans ses échanges avec Moscou.

 

La Russie est certainement la grande perdante du Sommet de Washington. L’accord de cessez-le-feu du Sommet de Moscou du 9 novembre 2020 entre la Russie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan est devenu caduque. C’est le résultat du virage de Pachinian vers l’Occident dès son élection en 2018. Ce qui a entraîné le désintéressement progressif puis le lâchage par Moscou : laisser faire dans la guerre des 44 jours de 2020, suivi du laisser faire des soldats de la paix russes au Haut-Karabagh.

 

Il ne suffit pas d’être membre de la CEI et de l’OTSC, Pachinian a perdu tout crédit auprès de Poutine, plus encore depuis la guerre russo-ukrainienne. Ils se parlent, certes, mais sans plus. Moscou ne peut plus assurer son rôle de gendarme dans la région ; en Géorgie, et encore.

 

Avec la route TRIPP, Moscou a perdu ce qui restait de son influence sur l’Arménie, pire, ce sont les Etats-Unis qui s’installent durablement dans la région - 99 ans, avec un œil dirigé vers l’allié de Poutine, l’Iran. Quant aux échanges commerciaux avec Erevan, ils risquent fort de baisser au bénéfice de l’Azerbaïdjan.

 

Il reste à Poutine une arme qu’il n’a pas encore utilisée : l’incompatibilité pour l'Arménie à entre membre à la fois de l’Union européenne et de l’Union économique eurasiatique.

 

 

 

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie

 

Lors d'un point de presse, commentant les discussions tenues à Gabala par les commissions de délimitation des frontières – notamment sur les questions relatives aux importations de carburant et aux enjeux économiques, le Premier ministre Nigol Pachinian a déclaré :

 

« L'ouverture des communications régionales est directement liée au processus de délimitation des frontières. Cela ne présage aucun changement dans l'ordre du jour de la commission. Avant la construction de voies ferrées, de gazoducs ou de lignes de transport d'électricité, il est indispensable de délimiter clairement le tracé de la frontière de l'État.

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Europe - France

 

Le 6 janvier, alors que les Arméniens célébraient Noël, Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la Métropole d'Aix-Marseille-Provence, a publié un article sur les détenus arméniens en Azerbaïdjan.

 

Son message a suscité un vif intérêt après avoir été partagé par la sénatrice française Valérie Boyer et d'autres personnalités politiques, qui ont repris à leur compte son appel poignant : « Comment pouvons-nous célébrer l'espoir quand des pères et des fils sont portés disparus ? Nous ne pouvons pas célébrer la liberté ici et rester silencieux face aux souffrances de ceux qui sont emprisonnés ailleurs. »

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Russie

 

« L’initiative la Route-Trump pourrait avoir des conséquences sur l’adhésion de l’Arménie à l’Union économique eurasiatique (UEE) », a déclaré l’ambassadeur de Russie en Arménie, Sergueï Kopyrkine.

 

« Seul le titre ambitieux « La voie de Trump pour la paix et la prospérité internationales (TRIPP)» – a été rendu public jusqu'à présent. À notre connaissance, aucune mesure concrète n'a encore été prise pour sa mise en œuvre. Nous formulerons notre position une fois que l'initiative aura pris forme.

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Etats-Unis

 

Un texte du projet de loi visant à l’abrogation complète de l’amendement 907 a été publié sur le site du Congrès. La députée Anna Paulina Luna, membre de la Chambre des Représentants, est à l’origine du projet de loi.

 

Adopté en 1992, l’article 907 de la loi porte sur le soutien à la liberté. Un amendement limite l’octroi par les États-Unis d’une aide militaire et financière directe à l’Azerbaïdjan.

 

Rappelons qu’en août, le Président Donald Trump avait signé un décret suspendant temporairement l’application de l’amendement 907 à la loi sur le soutien à la liberté.

 

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 

Lors d’une interview télévisée, soulignant l’importance d’être toujours prêt à défendre ses terres natales, le président Ilham Aliev a insisté :


« À tout moment, nous devons être forts et prêts à défendre notre territoire, et je suis convaincu qu’à partir de maintenant, jamais plus un seul pouce de notre terre ne passera sous le joug de qui que ce soit. Pour cela, il y a la force, il y a la volonté, il y a l’unité du peuple. Il y a un État azerbaïdjanais fort. »

Suite

 

 

 

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 

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