Arménie - Azerbaïdjan : Et ce traité de paix, c’est pour quand ?

 


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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Pour les uns, c’est pour la fin de l’année, pour les autres, ce serait au mieux 2027.

Pour les uns, c’est sans arrière-pensées, pour les autres, l’objectif à long terme est annoncé en mots à peine voilés.

Pour les uns, c’est l’optimisme à tout va qui domine, pour les autres, ce sont les préconditions qui doivent être mises en œuvre.

Pour les uns, c’est quel qu’en soit le prix, pour les autres, c’est de ne rien céder, ni avant, ni après la signature ; Surtout pas de territoire, peut-être restituer quelques prisonniers et encore. Mais pas question de dilapider des monnaies d’échange.

 

Depuis l’accord tripartite de cessez-le-feu de Moscou du 9 novembre 2020 qui a mis fin à la seconde guerre de 44 jours du Karabakh, Nigol Pachinian n’a qu’une seule idée en tête : Maintenir l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Arménie. Si l’Arménie a mis en œuvre huit des neuf points de l’accord, elle a bloquée le dernier car c’est la Russie qui allait gérer la liaison Azerbaïdjan Nakhitchevan. Bakou, lui, en a profité pour ne pas respecter quatre des huit points restants, notamment la restitution des prisonniers de guerre en plus de chasser les Karabakhis.

 

Depuis le 8 aout 2025, le premier ministre arménien est rassuré car dans tous les textes officiels, l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Arménie sont rappelées. De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, après sa rencontre avec son homologue américain Marco  Rubio, a confirmé : « Toutes les fonctions frontalières et douanières relevant du projet TRIPP resteront pleinement souveraines, les gardes-frontières et les douaniers arméniens maintenant une présence permanente à tous les points concernés. Aucune autorité souveraine ne sera déléguée à des acteurs extérieurs. ».

 

A entendre les propos affables de quasiment tout le monde et voir des gestes de bonne volonté de la part d’Ilham Aliev, on se demande pourquoi il y a encore des gens et/ou des organisations qui ont des doutes sur les jours heureux promis à l’Arménie ?

 

Peut-être parce que ces personnes voient plus loin que le bout de leur nez et que leur connaissance de l’histoire ne se limite pas à « l’Arménie réelle », c'est-à-dire à la période postsoviétique. Nigol Pachinian préfère, lui, adopter les propos d’Eugène Pottier : « Du passé faisons table rase »

 

Autres questions que se posent ces empêcheurs de tourner en rond : Est-ce que la signature du dictateur azéri aura-t-elle plus de valeur que celle qu’il a apposé le 9 novembre 2020 à Moscou, dont on a vu le résultait ? Dit autrement : Avec le temps, se contentera-t-il des 208 km²(*) de territoire arménien qu’il occupe depuis décembre 2020 ou compte-t-il en occuper plus ? Si c’est le cas, qui viendra aider l’Arménie ? Les Etats-Unis ? C’est hors de propos. L’Union européenne ? Aucun contingent militaire, il suffit de regarder ce qui se passe en Ukraine. La Russie ? Depuis 2020 les relations se sont refroidies et Poutine a d’autres chats à fouetter.

 

Par contre, la Turquie est toujours prête à aider son vassal azéri. Les Arméniens, elle les côtoie depuis des siècles, et sait comment les punir, si nécessaire.

 

Il faut dire que l’Azerbaïdjan a bien préparé le terrain. Bakou a forcé Erevan à présenter une demande conjointe pour dissoudre le groupe de Minsk de l’OSCE. De même, l’Arménie a du se résoudre à ne plus déposer de plainte devant un organisme international, tels la CPI, la CEDH, l’UNESCO, etc.

 

Dès que la route Trump (TRIPP) - « couloir de Zanguézour » dans le langage azerbaidjanais et « corridor central » dans le langage turc - sera ouverte, il y a 300.000 Azerbaidjanais (?) qui comptent s’installer dans la province arménienne du Syunik, qu’Ilham Aliev persiste à appeler « Zanguézour occidental ».

 

Le 3 novembre, c'est-à-dire à peine trois mois après le Sommet de Washington, devant l’Académie des sciences d’Azerbaïdjan, l’autocrate exhortait ses compatriotes à retourner en Arménie, déclarant : « Le retour des Azerbaïdjanais […] ne devrait pas effrayer le peuple ni l’État arménien, nous devons retourner sur nos terres historiques, non pas avec des tanks, mais avec des voitures. » Et d’ajouter : « « Il n’y a pas de lac Sevan, c’est le lac Goïtcha, sur les cartes de l’empire russe datant du vingtième siècle, la quasi-totalité des toponymes de l’actuelle Arménie sont d’origine azérie. »

 

De son côté, le ministre azéri de la Culture, Anar Karimov, a créé un groupe de travail chargé, sous prétexte de restauration de sites religieux albanais, d'éliminer les faux vestiges arméniens dans le Haut-Karabagh.

 

La consigne donnée à tous les membres du gouvernement arménien, c’est d’éviter tous les sujets qui fâchent dans les échanges avec le tandem turco-azéri. Quant au mot d’ordre face aux questions dérangeantes : « Mener la politique de l’autruche ».

 

Par contre, les élections législatives de Juin approchant, il est vivement conseillé de s’en prendre farouchement à l’opposition et plus particulièrement à l’Eglise apostolique arménienne.


 

 

(*) Le 18 mars 2023, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a déclaré « l'Arménie doit accepter nos conditions si les Arméniens souhaitent vivre confortablement sur une superficie de 29.000 kilomètres carrés ».

Si ce n’est pas une menace, qu’est-ce que c’est ? On remarquera au passage que pour Nigol Pachinian, l’Arménie a officiellement une superficie de 29.743 km², compte tenu qu’il a restitué à l’Azerbaïdjan 57 km² d’enclaves. Ilham Aliev n’a pas restitué d’enclaves arméniennes situées en Azerbaïdjan.

Mais que tout le monde se rassure, le fin négociateur qu’est le ‘stratège’ arménien aura le dessus le dessous.

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Armenpress, et de APA


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Arménie

 

« L'Arménie ne paiera pas 1 milliard de dollars pour rejoindre le Conseil de paix récemment lancé par le président américain Donald Trump, » a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Annie Badalian.

 

« La charte du Conseil de la paix prévoit des contributions financières volontaires et permet aux pays invités d'adhérer sans cotisation fixe pendant une durée maximale de trois ans, sous réserve d’un examen ultérieur. Le gouvernement arménien a approuvé son adhésion selon ces modalités.

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Russie

 

L'Arménie a lancé un appel à la Russie concernant la remise en état des tronçons de voie ferrée reliant l'Arménie aux frontières de l'Azerbaïdjan et de la Turquie. Cette annonce a été faite jeudi 15/01 par le Premier ministre Nigol Pachinian. Cette question a déjà été abordée avec le président Vladimir Poutine, ainsi qu'au niveau gouvernemental des deux pays.

 

« Pour Nigol Pachinian, il est important que la Russie soit impliquée dans la restauration des tronçons de voie ferrée reliant l'Arménie aux frontières de l'Azerbaïdjan et de la Turquie, qui rejoindront ensuite la « Route Trump », afin qu'en cas de critique, les attaques soient dirigées contre la Russie », estime Konstantin Zatulin, premier vice-président de la commission des affaires de la CEI, de l'intégration eurasienne et des relations avec les compatriotes de la Douma d'État russe.

 

« Personne d’autre que les Etats-Unis et l’Arménie ne peut participer au projet TRIPP. La Russie peut être impliquée dans certaines fonctions, mais elle ne peut pas figurer parmi les fondateurs ou les actionnaires de cette société. Après cela, Pachinian a voulu faire une sorte de geste pour détourner les critiques selon lesquelles il ignorerait les intérêts de la Russie.

 

L’Arménie souhaite « pointer ses flèches » contre la Russie et ne s'intéresse pas aux intérêts de Moscou.

 

Nous parlons des territoires limitrophes de l'Azerbaïdjan et de la Turquie. Pachinian cherche à impliquer la Russie dans ce dossier afin de pouvoir ensuite l'accuser d'être impliquée partout. En clair, il veut critiquer la Russie. C'est sensiblement la même chose qu'avec notre contingent de maintien de la paix, initialement déployé au Haut-Karabagh, mais dont la présence a ensuite été quasiment ignorée. Nous [la Russie] devons simplement comprendre que Pachinian n'agit pas dans notre intérêt ; il mise sur une alliance et une amitié avec l'Occident. Ses propositions doivent être analysées à plusieurs reprises afin de s'assurer qu'il n'y a pas d'arrière-pensées », a souligné le député russe.

 

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États-Unis

 

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a rencontré le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, à Washington, réaffirmant le développement actif du partenariat stratégique entre l'Arménie et les États-Unis et passant en revue les progrès accomplis sur les principales initiatives bilatérales et régionales.

 

Lors de leur rencontre, ils se sont félicités de la dynamique positive observée dans la mise en œuvre des accords existants, des initiatives conjointes en cours et des perspectives à long terme de la coopération bilatérale. Les deux parties ont souligné l'importance de maintenir cette dynamique dans les domaines politique, sécuritaire et économique.

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Turquie-Azerbaïdjan

 

Les ministres des Affaires étrangères turc, Hakan Fidan, et azerbaïdjanais, Jeyhun Bayramov, ont tenu une réunion de deux heures consacrée à la mise en œuvre de l'accord-cadre « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales » (TRIPP).

 

Hakan Fidan s'exprimant lors d'une conférence de presse, a souligné l'importance stratégique du « corridor de Zanguézour », le décrivant comme essentiel à la fois pour le projet du Corridor central et comme un lien entre l'Azerbaïdjan continental et la République autonome du Nakhitchevan. Il en a discuté avec son homologue azerbaïdjanais, soulignant qu'une attention particulière avait été portée aux intérêts de Bakou et a confirmé que le président Recep Tayyip Erdoğan avait été informé de la question. Le point de vue de l’Azerbaïdjan est important pour nous.

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Armenpress, et de APA

 

 

 

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