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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian
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Commentaires
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Depuis le 8 août, l’Arménie se prépare à signer un traité de paix avec l’Azerbaïdjan, et fait tout son possible pour être agréable au tandem turco-azéri, passant sous silence tous les articles incomplets, voire imprécis.
Le gouvernement arménien, Nigol Pachinian en tête, est persuadé que Ilham Aliev va respecter sa signature, apposée au bas des documents au Sommet de Washington. D’ailleurs, Bakou ne fait-il pas montre de bonne volonté début novembre en laissant passer sur son territoire un train de 15 wagons chargés de blé russe et plus récemment un train de 22 wagons-citernes d’essence azerbaïdjanais, vendu à Erevan par Bakou au prix du marché.
Les observateurs aguerris noteront au passage que c’est un marché de dupe, car l’énergie achetée à la Russie est moins chère que celle du marché, vu que l’Arménie bénéficie du prix bas accordé aux membres de l’Union économique eurasiatique.
Premier problème : La délimitation/démarcation de la frontière Arménie Azerbaïdjan, auquel il faut ajouter le devenir des enclaves de part et d’autre. Indispensable pour parler d’intégrité territoriale.
On attend toujours une communication de la Commission mixte arméno-azérie chargée de la délimitation et de sécurité des frontières d'État, aux dernières nouvelles datant du printemps dernier, seuls 12 km avaient été délimités/démarqués sur les 509 km que compte officieusement la frontière arméno-azérie. Officieux, car Bakou n’est pas d’accord avec le chiffre donné lors de la Déclaration de Alma-Ata de 1991, car basée sur des cartes de l’État-major russe.
De son côté, le président Aliev met en avant des cartes datant de l’époque tsariste pour justifier que le territoire azerbaïdjanais englobait une grande partie de l’Arménie actuelle et donc que la frontière actuelle n’est pas celle qui doit être retenue ; en contradiction avec la Déclaration de Alma-Ata.
La Commission mixte a encore du pain sur la planche.
Second problème de taille : Les prisonniers et les otages retenus par Bakou, auxquels il faut ajouter les disparus dont on a aucune nouvelle.
Lors d'une conférence de presse conjointe le 14 octobre avec la présidente en exercice de l' OSCE, le ministre de A.E Ararat Mirzoyan avait déclaré :
« Malgré les progrès significatifs accomplis dans le processus de normalisation des relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, plusieurs questions clés demeurent en suspens. Parmi celles-ci, et peut-être la plus importante, figure la question des citoyens arméniens détenus à Bakou. Nous travaillons quotidiennement sur ce problème, pas toujours de manière visible, et malheureusement pas toujours efficace ; sinon, il serait déjà résolu. Néanmoins, nos efforts se poursuivent.
La question a également été abordée récemment avec ses homologues azerbaïdjanais en marge du Sommet pour la paix à Charm el-Cheikh. J’espère que nous aurons bientôt de bonnes nouvelles à ce sujet. Quoi qu’il en soit, nous poursuivons nos efforts.»
Et d’ajouter :
« Notre coopération avec le CICR était le principal canal de travail sur cette question. Étant donné que l’organisation a cessé ses activités sur place, nous essayons maintenant de combler ce vide par d’autres moyens.
L’Arménie continue de soulever la question lors de ses réunions avec ses partenaires internationaux, même si le principal canal de communication reste le contact direct entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Il s'agit d'un aspect important de nos efforts actuels. »
Ilham Aliev avait pris soin avant de capturer et d’emprisonner illégalement les 16 dirigeants du Haut-Karabagh en septembre 2023, d’imposer à l’Arménie le point 16 des 17 conditions pour entamer un traité de paix ; à savoir : « Renonciation mutuelle aux revendications internationales ». C’est donc aux ONG de porter cette affaire devant les instances internationales. C’est Siranouche Sahakian, représentante légale des prisonniers de guerre arméniens et autres détenus auprès de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), qui assume cette tâche.
Bakou reste on ne peut plus discret sur le sujet refusant toute communication officielle, interdisant les observateurs étrangers d’être présent à la parodie de procès des 16 inculpés. La CEDH a demandé par deux fois au gouvernement azerbaïdjanais des éclaircissements au sujet des prisonniers, mais rien n’y fait. Au contraire, les juges viennent de condamner les accusés à la peine maximum, à savoir : perpétuité.
Le Premier ministre arménien n’a fait aucune remarque, cela risquerait de froisser la partie azérie. Au contraire, il travaille avec son équipe à modifier la constitution de l’Arménie. Rappelez-vous, c’était l’une des demandes (off) d’Ilham Aliev pour signer un accord de paix.
Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour faire plaisir au dictateur azéri ! L’indigestion de couleuvres n’est plus très loin.
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Traduction
Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA
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Arménie
Le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a rencontré les ambassadeurs de l'Union européenne et de ses États membres accrédités en Arménie. Il y a passé en revue les réalisations de 2025 et a présenté les principales priorités pour 2026.
« Vous n’êtes pas sans savoir les récents développements dans les relations entre l’Arménie et l’UE. Il y a une dizaine de jours, à Bruxelles, nous avons adopté un nouvel agenda stratégique Arménie-UE. Ce document exhaustif met en lumière les progrès accomplis dans nos relations bilatérales et définit les domaines dans lesquels nous prévoyons d’approfondir notre coopération », a-t-il souligné.
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Europe
S'adressant aux journalistes avant la réunion du Conseil des Affaires étrangères du 15 décembre à Bruxelles, Kaja Kallas, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a indiqué que l'Arménie serait au centre des premières discussions lors d'un petit-déjeuner de travail. Elle a précisé que la question de l'aide que l'UE pourrait apporter à l'Arménie durant la période préélectorale serait à l'ordre du jour.
Selon Mme Kallas, l'Arménie a sollicité un soutien similaire à l'aide précédemment apportée à la Moldavie, notamment pour lutter contre les influences étrangères néfastes. Elle a ajouté que l'UE examinerait comment elle pourrait contribuer à
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Russie
Le Premier ministre Nigol Pachinian a participé à la session ordinaire du Conseil intergouvernemental eurasien à Moscou. La session s'est d'abord tenue en format restreint, puis en format élargi.
Outre les chefs de gouvernement des États membres de l'UEEA, Abdulla Aripov, Premier ministre de l'Ouzbékistan, pays observateur au sein de l'UEEA, a également participé à cette session élargie.
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ONU
Jirayr Ananian, représentant permanent adjoint de l'Arménie auprès des Nations Unies, a fait une déclaration lors du débat public du Conseil de sécurité de l'ONU intitulé « Le leadership pour la paix », qui s'est tenu sous la présidence de la Slovénie le 15 décembre 2025.
()… Évoquant les récents développements régionaux, il a souligné que l'Arménie attend du 10e Secrétaire général des Nations Unies un soutien constant aux efforts visant à maintenir et à renforcer la paix dans le Caucase du Sud. Il a insisté sur le fait que ces efforts doivent s'appuyer fermement sur les buts et principes de la Charte des Nations Unies et du droit international, notamment sur les principes d'égalité souveraine et d'intégrité territoriale des États.
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Turquie Azerbaïdjan
Lors de la séance plénière du Milli Majlis (Parlement azerbaïdjanais), le projet de loi « portant approbation du mémorandum d'entente entre les ministères de la Défense de l'Azerbaïdjan et celui de la Turquie sur le renforcement de la sécurité militaire mutuelle » a été mis en discussion.
Le « Mémorandum d’entente » a été signé le 22 juillet 2025 à Istanbul par les deux ministres de la Défense.
« L’objectif du ‘Mémorandum’ est de renforcer la coopération en matière de défense entre les deux parties afin de garantir mutuellement la sécurité et l’intégrité territoriale de leurs États respectifs, ainsi que de protéger leur souveraineté et leur indépendance. Ce document vise à approfondir l'alliance stratégique entre l'Azerbaïdjan et la Turquie, notamment la coopération en matière de défense et de sécurité, conformément à la Déclaration de Chouchi », a déclaré Arzu Naghiyev, président de la commission parlementaire de la défense, de la sécurité et de la lutte contre la corruption.
« Ce mémorandum a pour objet de renforcer la coordination mutuelle dans le domaine de la sécurité militaire, de développer les exercices conjoints, la formation militaire et la coopération dans l'industrie de la défense. Il comprend huit articles, » a-t-il ajouté.
Les Parties, conformément à leur législation nationale, renforcent l'échange d'informations et la coopération en matière de renseignement militaire dans le domaine militaire et, en conséquence, peuvent partager entre elles les informations obtenues dans le domaine de la sécurité militaire (secret, très secret, importance particulière) et utiliser ces informations lors d'opérations conjointes. Le mémorandum d’entente sera mis en œuvre conformément aux normes et principes du droit international, ne sera pas dirigé contre des États tiers et contribuera au renforcement de la paix et de la sécurité dans la région.
Il convient de noter que la Turquie a activement aidé l'Azerbaïdjan lors de la guerre de 44 jours contre l'Arménie et le Haut-Karabagh en 2020 en lui fournissant des armes, des informations et des mercenaires du Moyen-Orient.
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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA






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