Arménie - Azerbaïdjan : Echange de ‘bons’ procédés ?

 

 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Le 4 février à Abou Dhabi, le Premier ministre Nigol Pachinian a discouru sur la remise par le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyandu, du prix Zayed 2026 pour la fraternité humaine, à l’Arménie et à l’Azerbaïdjan ; déclarant : « cette distinction aurait été dénuée de sens si l'Arménie et l'Azerbaïdjan n'avaient pas véritablement tourné la page de la confrontation ».  

 

De son côté, le président Ilham Aliev donnait le lendemain sa vision de la paix et de la fraternité humaine. C’est la réponse du berger à la bergère.

 

Le 5 février, le tribunal militaire de Bakou, à la botte du dictateur, condamnait les prisonniers arméniens à de très lourdes peines : Perpétuité pour cinq des anciens dirigeants du Haut-Karabakh, et 20 ans seulement pour les deux autres anciens dirigeants … vu leur âge. Les huit autres prisonniers restants, à des peines de prison moins longues. Le dernier prisonnier, Ruben Vardanian connaitra son sort qu’à la fin du mois.

 

Nigol Pachinian, si prompt à plier l’échine lors des négociations, devrait également demander le prix Nobel de la paix pour le dictateur azéri. Reste le sultan turc, Recep Rayyip Erdoğan ; la demande sera probablement faite à la levée du blocus.

 

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Suite à la demande expresse de la Turquie à l’Oncle Sam d’ouvrir une jonction entre la Turquie et l’Azerbaïdjan par Nakhitchevan interposé, Donald Trump a sauté sur l’occasion pour créer une artère multifonction concédée aux Etats-Unis - la route Trump (TRIPP). Cette saignée à travers l’Arménie lui permet : 1- de faire une affaire financièrement juteuse, 2- d’enrichir son tableau de faiseur de paix, en vue d’obtenir le prix Nobel.

 

Alors que côté azerbaidjanais, il n’y a pas de problèmes, sinon la révision de la constitution arménienne, en vue d’une prochaine signature du traité de paix avec l’Arménie ; il en va tout autrement côté arménien.

 

Depuis le mois de septembre et la publication de tous les textes qui ont été signés en grande pompe le 8 août dernier à Washington, en présence du président Trump, le gouvernement arménien est sur tous les fronts. Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Arménie, il passe son temps à expliciter le bien fondé de ces accords, à commencer par les bienfaits de la route Trump pour le commerce régional et les retombées pour la population arménienne.

 

Lors des conférences de presse ou devant les députés de l’Assemblée nationale arménienne, Nigol Pachinian et/ou son ministre des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, ont beau expliciter les garde-fous mis en place pour éviter les dysfonctionnements potentiels liés à la liaison Azerbaïdjan-Nakhitchevan, rien n’y fait, les questions dérangeantes ne diminuent pas.

 

L’opposition est vent debout. Après le grignotage du territoire arménien par Bakou (208 km²), malgré les accords tripartites de cessez-le-feu de Moscou (9 novembre 2020), et le nettoyage ethnique des Arméniens du Haut-Karabakh en septembre 2023, voilà que Pachinian fait un magnifique cadeau au tandem turco-azéri en leur concédant la liaison Turquie-Azerbaïdjan.

 

Beaucoup de ces questions restent sans réponse, voire bottées en touche, du style « la commission ‘X’ s’en occupe ».

 

Il faut dire que le document initial (début 2025) prévoyait essentiellement une liaison routière, spécifiée dans le projet de traité de paix Erevan-Bakou, et il restait deux points à régler. Alors que dans le prétraité présenté et validé à Washington le 8 août - la route TRIPP, dont l’intitulé varie suivant l’Azerbaïdjan ou la Turquie, va en fait ressembler à une interconnexion fourre-tout : Autoroute, voie ferrée, gazoduc, oléoduc, liaisons électriques et numériques.

 

Il faut être naïf pour croire qu’avec ses 26% (*), l’Arménie aura voix au chapitre face aux décisions du mastodonte américain. Certes elle sera propriétaire du sol et percevra une rente financière : un quart des bénéfices de la société, liés aux droits de transit. Quant au transit du fret azerbaidjanais ou turc, il n’est pas impossible qu’ils passent sous le ‘radar’ arménien. N’est-ce pas Ilham Aliev qui avait déclaré en substance « Je ne veux voir aucun douanier arménien dans le ‘couloir de Zanguézour » ?

 

On constate que même après 99 ans, l’Arménie ne sera toujours pas majoritaire dans le consortium ! Dans un siècle, et sans doute avant, bien des choses auront changés dans la région, et ce sujet n’aura plus lieu d’être.

 

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Si les relations entre l’Arménie et les Etats-Unis sont officiellement au beau fixe, du moins pour quelque temps, il n’en est pas du tout de même des relations entre les Etats-Unis et l’Iran, indépendamment de la profonde crise actuelle. Depuis de longues années Washington critique le comportement de Téhéran et de ses proxys envers son protégé, Israël.

 

L’ouverture de la route Trump ne va pas arranger les choses, vu que cette dernière va couper l’axe commercial Nord Sud, c’est-à-dire entre l’Iran et la Russie. Sur le plan politique, ce ne sera pas mieux, voire pire, puisque Téhéran sera encerclé sur ses flancs Nord et Ouest de pays alliés des Etats-Unis : Irak, Turquie, Nakhitchevan, Azerbaïdjan. Avec sa frontière commune de 35 km et la montée en charge de l’axe Est Ouest TRIPP, l’Arménie va dégrader involontairement ses bonnes relations avec l’Iran.

 

Quant aux relations avec la Russie, Pachinian devrait méditer ce  proverbe « on ne peut courir plusieurs lièvres à la fois. »

 

 

 

(*) Les États-Unis détiendront 74 % de la société gérante la route TRIPP, tandis que l'Arménie ne conservera qu’une participation de 26 %.

 

Après une période initiale de 49 ans, la coopération sera prolongée de 50 ans supplémentaires, le gouvernement arménien recevant des droits supplémentaires, ce qui portera sa participation à 49 %.

 

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie

 

Le Premier ministre Nigol Pachinian a rejeté les affirmations selon lesquelles les États-Unis n'auraient aucun intérêt économique en Arménie et poursuivraient le projet TRIPP principalement pour contrôler la frontière iranienne, les qualifiant de dépassées et infondées.

 

Lors d'un point de presse, il a réagi aux propos de l'ancien président Robert Kotcharian concernant le projet TRIPP. Il a souligné que les documents cadres relatifs à cette initiative ont été publiés et excluent clairement toute délégation des prérogatives souveraines de 

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ONU

 

Le représentant permanent de l'Arménie auprès de l'ONU, Barouyr Hovhannissian, a participé mardi au débat public du Conseil de sécurité de l'ONU sur « La promotion et le renforcement de l'état de droit dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales » et y a fait une déclaration.

 

Dans son discours, l'ambassadeur arménien a évoqué la multiplication des situations menaçant la paix et la sécurité internationales, les crises humanitaires émergentes, les graves violations des droits de l'homme, l'aggravation des inégalités et le manque de confiance alarmant qui caractérise les affaires mondiales, soulignant que l'Arménie a toujours soutenu les mécanismes juridiques internationaux visant à prévenir les violations du droit international et à garantir la responsabilité et l'accès à la justice.

 

Par ailleurs, il a présenté les récents développements dans le Caucase du Sud, les accords conclus le 8 août 2025, les résultats de la rencontre entre le ministre des Affaires étrangères arménien, Ararat Mirzoyan, et le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, le 13 janvier à Washington DC, où ils ont signé le document-cadre de mise en œuvre de l'Accord sur les ADPIC, qui souligne l'importance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale, de la juridiction nationale et de la réciprocité pour le succès global du projet ADPIC et son objectif ultime d'institutionnalisation de la paix dans la région du Caucase du Sud.

 

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EUROPE

 



  1. APCE
  2. Conseil de l’Europe
  3. Union européenne


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Russie

 

« L’Arménie reste membre de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), conservant tous ses droits et obligations au sein du bloc. Nous soutenons la pleine participation d'Erevan aux activités de l'OTSC, car elle fait partie intégrante de la sécurité du pays », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

 

« La Russie espère également que la diversification de la politique étrangère arménienne ne signale pas un basculement vers des alliances antirusses. Nous supposons que les dirigeants arméniens, en diversifiant leurs relations étrangères, ne cherchent pas à limiter la coopération avec les alliés traditionnels ni à

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E.A.U

 

Nigol Pachinian et Ilham Aliev sont tous deux aux Émirats arabes unis le 4 février pour recevoir le prix Zayed 2026 pour la fraternité humaine ; en reconnaissance de son rôle dans la promotion de la paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et dans le développement de la coopération et de la stabilité régionales.

 

Une rencontre a eu lieu entre les deux dirigeants à Abou Dhabi. Cette rencontre bilatérale a fait suite à une discussion élargie réunissant

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Turquie-Azerbaïdjan

 

« La France soutient le processus de normalisation des relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Dans ce contexte, l’ouverture des frontières est extrêmement importante pour renforcer l’influence régionale dans le cadre de la souveraineté des deux États, pour la prospérité de la région et pour le bénéfice de tous, » a annoncé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue turc,

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 

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