Arménie - Azerbaïdjan : Le premier loue la paix, le second attend l’ouverture du corridor.


 

***

 

Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

***

 

Commentaires

 

***

 

L’actualité tragique du Moyen-Orient prend le pas sur les autres événements. Plus grand monde en Europe parle des problèmes de l’Ukraine, sauf peut-être la France, et en Arménie ce sont les élections législatives de juin qui occupent le devant de la scène, laissant de côté les questions dérangeantes liées au traité de paix.

 

Avec la crise énergétique qui monte en puissance, deux grands gagnants dans ce domaine : L’Azerbaïdjan et la Russie. L’Union européenne vient de réactiver les approvisionnements en pétrole et gaz en provenance de Bakou. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a pris la suite de la présidente de la commission de l’UE, Ursula Von der Leyen, pour aller quémander un peu plus d’approvisionnement. Au diable les Résolutions du Parlement européen concernant l’autocrate azéri. Quant au camarade Poutine, ce sera Pâques au balcon. Il suppléera sans problème aux exportations iraniennes au grand désespoir des Européens.

 

Parmi les voisins de l’Iran, l’Arménie fait partie des rares pays à ne pas avoir été ciblée par les drones Shahed-136, à  l’inverse de sa voisine. Pourtant, cette dernière a fait ce qu’il fallait pour caresser Téhéran dans le sens du poil, comme Erevan d’ailleurs : Condoléances pour la mort du Guide suprême ; Cahier de condoléances à l’ambassade d’Iran pour les morts iraniens ; Félicitations au nouveau Guide suprême etc. Ce qu’en pense l’Oncle Sam pour cette démarche de deux de ses membres du Conseil de la paix, c’est une autre histoire.

 

Officiellement, Bakou n’a pas de contentieux avec Téhéran, il n’a pas de base US sur son sol et les échanges commerciaux tournent aux alentours de 550 M$, c'est-à-dire pas grand-chose. L’Azerbaïdjan sert avant tout de transit aux camions iraniens commerçant avec la Russie. Il faut reconnaitre que passer par l’Arménie n’est pas aisé pour se rendre en Russie, vu qu’il faut traverser la Géorgie pour atteindre le poste-frontière de Verkhniy Lars, un col souvent enneigé.

 

Toujours est-il que sur le plan politique ce n’est pas le beau fixe, comme avec l’Arménie. Les relations plus que fraternelles entre Bakou et Ankara (panturquisme) ainsi que les liens de Bakou avec les Djihadistes syriens ou les Tchétchènes de Ramzan Kadyrov, d’une part, et le commerce florissant d’armement, voire plus, avec Israël, d’autre part, n’incitent pas Téhéran à revoir sa position vis-à-vis de l’Azerbaïdjan.

 

La déclaration d'Ilham Aliev, en parlant « d’attaques terroristes iraniennes » suite aux explosions au Nakhitchevan, peut passer comme un avertissement à Téhéran : « toute tentative de pression militaire ou diplomatique sur l'Azerbaïdjan pourrait entraîner une riposte de Bakou, y compris une riposte susceptible de déstabiliser l'intérieur de l'Iran. » La décision d'Aliev de parler ouvertement de l'Azerbaïdjan comme d'un « lieu d'espoir » pour les Azéris iraniens, aborde un sujet épineux avec le risque d’une manipulation hasardeuse.

 

Avec son dernier Ukase, on remarque au passage que le dictateur a la phobie de tout ce qui rappelle la création dans les années 20 des Républiques transcaucasiennes. De même qu’il fait un « caca nerveux » pour la suppression du mot ‘Karabakh’ de la Constitution de l’Arménie. Pour que les choses soient claires, il a d’ailleurs décidé de supprimer de la Constitution du Nakhitchevan, la référence aux Traités internationaux du 16 mars 1921 (Traité de Moscou) et du 13 octobre 1921 (Traité de Kars), toujours en vigueur. On ne sait jamais si l’envie prenait à l’Arménie d’y faire référence.

 

A l’inverse du leader arménien, l’autocrate azerbaidjanais fait souvent référence à l’histoire ancienne. Il suffit de l’écouter. Qu’a-t-il déclaré aux médias azéris ? Que la route Trump (TRIPP) était en fait une liaison dédiée reliant l’Azerbaïdjan à son exclave (Le corridor de Zanguézour) au même titre que l’était le corridor de Latchine au lendemain de la guerre des 44 jours ; Que les 3/4 de l’Arménie sont en fait une terre azerbaidjanaise – Le Zanguézour occidental, octroyé à l’Arménie par Staline. Lequel Staline lui a octroyé le Nakhitchevan, peuplé à 50% d’Arméniens, ainsi que l’administration de la région autonome du Haut-Karabakh, peuplé à 95% d’Arméniens.

 

De plus, Herr Aliev est fasciné par la seconde guerre, puisqu’il parle de « la guerre patriotique » menée contre le Haut-Karabakh, comme l’URSS contre le Nazisme ; d’avoir mis en place un tribunal militaire pour juger les dirigeants de l’Artsakh, comme à Nuremberg en 1945, et de les condamner « à perpétuité » à défaut de « à mort ». N’a-t-il pas parlé des prisonniers arméniens de Bakou, en déclarant à la chaîne France 24 au lendemain de la visite de JD Vance à Bakou : « Les anciens dirigeants du Karabakh ont commis de graves crimes contre l’humanité. Réclamer leur libération revient à demander la libération des anciens dirigeants nazis après le procès de Nuremberg. Leurs crimes sont plus graves que ceux commis par les anciens dirigeants nazis pendant la seconde guerre mondiale. »

 

Qu’il se rassure, avec le Premier ministre arménien il peut dormir sur ses deux oreilles, vu que pour celui-ci seul compte l’ « Arménie réelle », c’est-à-dire l’Arménie postsoviétique, les deux autres Arménie (République démocratique d’Arménie et la RSS d’Arménie) sont bonnes pour les Historiens. Dixit.

 

Il faut dire que Nigol Pachinian en plus d’être un chef de paix ‘hors pair’, grand négociateur devant l’Eternel, est un excellent cadre commercial spécialisé dans le service après vente. Depuis l’été dernier il ne cesse de courir les rencontres et les organisations internationales pour vanter les mérites du traité de paix avec l’Azerbaïdjan, toujours pas signé d’ailleurs. Un traité concernant un pays (l’Arménie) dont les frontières ne sont toujours pas délimitées et démarquées par le voisin (l’Azerbaïdjan).

 

Il est toujours persuadé que le dictateur azerbaidjanais va mettre en œuvre les engagements pris à Washington le 8 août 2025, lors du Sommet tripartite. Pourtant, depuis 2018 qu’il est au pouvoir, il devrait connaitre l’individu qu’il a en face de lui et les entourloupes, pour ne pas dire les déboires, qu’il lui a fait subir malgré sa signature au bas de l’accord de cessez-le-feu de Moscou du 09-11-2020. Les seuls engagements qu’Ilham Aliev respecte, ce sont ses déclarations en locales. Celles faites à l’extérieur du pays sont là pour amuser les Occidentaux et le faire passer pour ce qu’il n’est pas. Exception faite quand il s’agit d’accords commerciaux.

 

Le réveil sera douloureux, malheureusement c’est l’Arménie qui en pâtira.

 

 

 

 

 

 

 

 

***

 

Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


***

 

Arménie

 

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a évoqué la situation au Moyen-Orient lors d'un entretien téléphonique avec le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

 

Au cours de cet appel, les deux hommes ont également échangé leurs points de vue sur les efforts déployés pour aider les citoyens situés dans les zones de conflit. Ils ont également souligné leur implication active dans les préparatifs de haut niveau en vue de l'organisation du sommet de la Communauté politique européenne prévu

Suite

 

***

 

Géorgie

 

Les dirigeants arméniens se sont rendus en Géorgie pour une visite de travail. Une rencontre bilatérale a eu lieu entre les Premiers ministres arménien et géorgien, Nigol Pachinian et Irakli Kobakhidze.

 

Les deux dirigeants ont abordé un large éventail de questions relatives aux relations bilatérales stratégiques entre l'Arménie et la Géorgie. Ils ont souligné l'importance de développer et d'élargir constamment la coopération commerciale et 

Suite

 

***

 

Union européenne

 

« La question des Arméniens détenus en Azerbaïdjan est une question humanitaire importante qui doit être résolue, » a déclaré la porte-parole de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la sécurité, Anita Hipper,  lors d'un point de presse régulier en réponse à une question de CivilNet

 

Le journaliste a demandé si la question des détenus arméniens en Azerbaïdjan figurait à l'agenda de l'UE et dans quelle mesure elle avait été abordée lors des contacts avec l'Azerbaïdjan.

 

« De manière générale, nous soutenons l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le processus de paix. Nous avons manifesté notre soutien et œuvré depuis plusieurs années avec les parties et nos partenaires internationaux afin de créer les conditions d’une paix durable. Concernant les détenus, nous avons clairement indiqué que ces importantes questions humanitaires doivent être résolues, notamment le sort des personnes disparues et la situation des Arméniens détenus en Azerbaïdjan », a répondu Anita Hipper.

 

(…)

 

« L'Union européenne (UE) souhaite renforcer son partenariat énergétique avec l'Azerbaïdjan, la sécurité énergétique et la transition propre sont des priorités absolues. C’est d’autant plus important dans le contexte des tensions actuelles au Moyen-Orient », a écrit Dan Jorgensen, commissaire européen à l'énergie et au logement.

 

***

 

Turquie-Azerbaïdjan

 

« Les autorités turques suivent de près les travaux sur la section du « corridor de Zanguézour » qui traverse Kars. J’espère depuis longtemps voir la mise en œuvre de ce projet de transport.

 

Le corridor de Zanguézour jouera un rôle essentiel en renforçant les liens avec l'Asie centrale. Nous espérons que ce projet se concrétisera prochainement. À l'image de nos cœurs unis, nos routes seront également reliées. Les présidents des deux pays soutiennent pleinement ce processus et y 

Suite

 

***

 

Constat d’expert

 

« L'Azerbaïdjan a construit des cachettes spéciales à quelques mètres seulement de la frontière arménienne en direction de la province arménienne de Gegharkounik.

 

Jusqu’au 19 août, ils ont mené des travaux de fortification de très grande envergure. Il s’agit de “kapanyars”, c’est-à-dire des abris spéciaux pouvant servir aux véhicules militaires et aux chars ; ces cachettes n'existaient pas avant le 31 juillet 2025.», a déclaré Armand Tatoyan, l’ancien médiateur des droits de l'homme d'Arménie, lors d'une conférence de presse mercredi. S’aidant d’une carte, il a 

Suite

 


 

 

*

**

***

 

 

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

Commentaires