Arménie - Azerbaïdjan : Le Traité de paix et les ides de Mars

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Plus la date de la signature du traité de paix approche, plus les conditions mises par Ilham Aliev, augmentent.

 

L’Azerbaïdjan se conduit avec l’Arménie un peu comme la Russie avec l’Ukraine. Avec cette différence de taille que la guerre entre Bakou et Erevan s’est terminée à l’avantage du premier et que celle entre Moscou et Kiev, s’enlise à l’avantage de … personne.

 

Poutine veut récupérer la totalité des quatre Oblast du sud-ouest ukrainien (Louhansk, Donetsk, Zaporijjia, Kherson) et mettre en place un gouvernement à sa botte. Il fait trainer les réunions de négociations de cessez-le-feu, car il n’a pas atteint son but et qu’il ne tient pas à perdre la face.

 

Aliev, lui, veut garder les 208 km² de territoire arménien qu’il occupe depuis 2021, et désire mettre la main sur le sud de l’Arménie (province de Syunik) qu’il appelle depuis toujours « Azerbaïdjan occidental », afin d’avoir la continuité des peuples turciques. Lui aussi fait trainer la signature du Traité de paix en exigeant la modification de la Constitution arménienne, pourtant un article non prévu dans le Traité.

 

Et de rappeler une exigence déjà formulée lors de la préparation du Traité en dix-sept points : Le départ de la Mission de l'Union européenne en Arménie (UEMA), dès la signature du Traité, alors que l’UE a prolongé son mandat jusqu'au 19 février 2027. A l’inverse de l’Arménie, l’Azerbaïdjan n’est pas proche du tout de l’Union européenne, dont les Résolutions mettent le doigt sur ses agissements pas très démocratiques, qu’ils soient internes ou externes au pays. En bon autocrate qu’il est, Aliev a une nette préférence pour les hommes à poigne comme Poutine ou Trump, qui le lui rendent bien d’ailleurs.

 

Cela dit, ce n’est pas parce qu’on lui fait ‘risette’ dans les rencontres internationales qu’on l’apprécie, c’est plutôt son sous-sol qui le rend ‘fréquentable’. Aussi, il n’a aucune envie de la présence de pays tiers, l’UE en l’occurrence, pour commettre ses exactions contre les Arméniens.

 

Souvenons-nous comment la soldatesque azérie s’est comportée envers la population du Haut-Karabakh au lendemain de la guerre des 44 jours de 2020, et ce malgré la présence des soldats de la paix russes. Lesquels soldats avaient comme consigne d’en faire un minimum, vu le comportement de Pachinian envers Moscou, et plus particulièrement envers l’OTSC. A partir d’octobre 2022, la consigne s’est transformée en : « Ne plus intervenir et laisser faire l’Azerbaïdjan. »

 

Conséquence logique de l’énorme bévue commise par le Premier ministre arménien lors du premier Sommet à Prague de la Communauté politique européenne en octobre 2022, au cours de laquelle il a officiellement reconnu que l'Artsakh faisait partie du territoire azerbaïdjanais. Ce faisant, il a coupé l’herbe sous les pieds du groupe de Minsk de l’OSCE en charge de la résolution du conflit arméno-azerbaidjanais. Il faut dire que l’UE avec à sa tête les présidents Charles Michel et Emmanuel Macron ont fait pression sur lui pour mettre fin au différend Erevan-Bakou et alléger indirectement les conséquences sur la situation énergétique en Europe. (Cf. Accord Ursula von der Leyen – Ilham Aliev de juillet 2022). Nigol Pachinian reste persuadé que l’UE soutiendra l’Arménie autrement que par des Résolutions et du financement.

 

Le dictateur azéri ayant en face de lui un piètre adversaire, n’a aucune raison de se gêner pour le forcer à agir à sa guise. Depuis la guerre des 44 jours, il a toujours obtenu ce qu’il a exigé, sans rien lâcher en échange. On retiendra notamment sur le plan international : Plus de plaintes d’aucune sorte de l’Arménie devant une instance internationale ; Demande par l’Arménie de dissoudre le groupe de Minsk de l’OSCE, seule organisation qui parle encore du Karabakh.

 

A l’image de Poutine, Ilham Aliev fait trainer au maximum les commissions mixtes, comme celle chargée de délimiter la frontière arméno-azerbaidjanaise, car il n’a aucune envie de restituer quoi que ce soit qu’il occupe actuellement. A ce jour, il n’a pas accepté les  frontières tracées par Moscou lors de la Déclaration d’Alma-Ata de 1991, malgré ses engagements. Ce ne sera pas la première fois qu’il ne respecte pas sa signature. (Cf. l’Accord de cessez-le-feu tripartite de Moscou du 09/11/2020).

 

En confirmant la condamnation à de lourdes peines de seize prisonniers arméniens de Bakou, il s’est permis de narguer et de rabaisser le représentant de l’Arménie à la dernière Conférence de Munich sur la sécurité, histoire de montrer qu’il était le maitre des négociations, et par voie de conséquence, des horloges. Comme Trump il n’a que faire des règles et/ou du droit international.

 

Et le Premier ministre arménien dans tout cela ?

 

Nigol Pachinian et ses aficionados sont satisfaits du déroulement des opérations suite au Sommet de Washington du 8 aout dernier, suivi il y a quelques semaines de la visite en Arménie du vice-président JD Vance.

 

Sur le plan extérieur, le président Donald Trump le cite souvent et il est tout fier de ramasser les miettes des divers contrats suite au lancement de la route Trump (TRIPP). Plus prêt de lui, il recueille les premiers bienfaits du futur Traité de paix :

 

  •       Le fret de l’étranger peut traverser le territoire azéri ;
  •       L’Arménie importe du pétrole et/ou de l’essence azerbaidjanais ;
  •      Le fret arménien peut emprunter le territoire azerbaidjanais si besoin ;
  •     Le dirigeant arménien est présent aux côtés du président Trump quand l’occasion lui en est donné, même si son homologue azéri n’est pas loin et mieux placé.

 

En première lecture, on ne peut que se féliciter du travail fourni par l’Arménie. Mais, ses détracteurs, qu’ils soient nationaux ou diasporiques, ne le critiquent pas sur ces tentatives d’ouverture et/ou de désenclavement. Ils regardent le prix à payer pour ce faire.

 

Les élections législatives approches, il a fort à faire avec ses opposants, et plus particulièrement avec l’Eglise apostolique arménienne qui le critique sur la manière de se comporter avec les réfugiés du Haut-Karabakh et de l’Artsakh en général. Le grand ‘démocrate’ préfère emprisonner ou intenter des procès. Ce n’est peut-être pas la meilleure solution pour gagner les prochaines élections législatives. En attendant, il a le soutient du tandem turco-azéri ; Ce n’est pas tous les jours qu’ils ont un interlocuteur aussi malléable.



 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie


Les discussions ont porté sur la mise en œuvre du nouvel agenda stratégique pour le partenariat UE-Arménie, qui s'appuie sur l'accord de partenariat global et renforcé (CEPA) à long terme entre Bruxelles et Erevan.

 

La connectivité régionale – englobant les transports, l'énergie et les infrastructures numériques – était au cœur des discussions. Les responsables se sont notamment concentrés sur le soutien à l'initiative « Carrefour de la paix » du gouvernement arménien et sur la manière dont elle pourrait s'intégrer aux plans de connectivité interrégionale plus vastes. Un éventuel soutien de l'UE aux projets prioritaires identifiés conjointement a été examiné, les deux parties soulignant la résilience économique et le développement du commerce et de la mobilité comme objectifs communs.

 

Les participants ont également confirmé la structure définitive des réformes et des investissements prévus dans le cadre du Plan de résilience et de croissance pour l'Arménie. Celle-ci comprend une deuxième tranche de 202,5 ​​millions d'euros, annoncée précédemment par la commissaire Kos lors de sa visite de septembre 2025.

 

L'UE a réaffirmé son engagement à soutenir la résilience démocratique en Arménie, en insistant sur la nécessité de préserver l'intégrité du processus électoral à venir dans le pays.

 

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États-Unis

 

Le Premier ministre Nigol Pachinian a participé à la séance inaugurale du Conseil de la paix à Washington.

 

L'événement a réuni les chefs d'État, les premiers ministres et les ministres des Affaires étrangères des États membres du Conseil. Le ministre des Affaires étrangères arménien, Ararat Mirzoyan, était également présent.

 

Dans son discours, le président Donald Trump, évoquant divers conflits internationaux, a également parlé du conflit arméno-azerbaidjanais, soulignant qu'après 32 ans de conflit, les dirigeants arménien et azerbaïdjanais avaient accompli un travail considérable en vue de l'instauration de la paix. Le président américain a remercié le Premier ministre arménien et le président azerbaïdjanais pour leurs efforts, insistant sur l'importance des résultats obtenus.

 

Nigol Pachinian s'est entretenu brièvement avec ses homologues de plusieurs pays dans le cadre de cette session.

 

Le plan de paix pour Gaza et les mesures prévues pour l'avenir ont également été présentés lors de cette session.

 

« L’Arménie m’a manqué. Je reviens avec une plus grande confiance dans la paix », a-t-il écrit sur sa page Facebook.

 

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Union européenne

 

Satu Koivu a été nommée nouvelle cheffe de mission de la Mission de l'Union européenne en Arménie (EUMA). Elle a pris ses fonctions le 20 février 2026, succédant à Markus Ritter, a indiqué le Conseil de l'UE dans un communiqué de presse.

 

La décision de la nommer à la tête de l'EUMA a été prise par le Comité politique et de sécurité de l'UE le 17 février 2026.

 

Satu Koivu est une officière supérieure de la police finlandaise, forte de plus de 35 ans d'expérience nationale et internationale. Elle a acquis une vaste expertise internationale grâce à ses fonctions de direction au sein de missions des Nations Unies et  

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Grande-Bretagne

 

Le 23 février, une enquête parlementaire intitulée « Effacer le passé : destruction du patrimoine culturel » a été lancée au Parlement britannique, a rapporté le Comité national arménien du Royaume-Uni.

 

Cette initiative vise à examiner les cas de destruction du patrimoine culturel arménien en Artsakh (Haut-Karabakh) depuis 2023, les mesures juridiques prises à ce jour et les mécanismes potentiels pour garantir justice et responsabilisation. Lors de la première session, Artak Beglarian, président de l'Union d'Artsakh et ancien Défenseur des droits de l'homme de la République d'Artsakh, a pris la parole.

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ONU

 

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a soulevé la question des détenus arméniens incarcérés à Bakou, soulignant les préoccupations humanitaires persistantes malgré les récents progrès vers la paix avec l'Azerbaïdjan.

 

S'adressant au segment de haut niveau du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, M. Mirzoyan a souligné qu'après des décennies de conflit violent, l'Arménie et l'Azerbaïdjan avaient pris des mesures décisives en vue d'instaurer une paix durable, notamment grâce aux accords conclus lors du Sommet pour la paix de Washington l'année dernière. Il a insisté sur le fait que ce processus avait ouvert de nouvelles perspectives pour le commerce régional, la connectivité et

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Turquie-Azerbaïdjan

 


L'assistant du président azerbaïdjanais, Hikmet Hajiyev, a déclaré :

 

« Le verdict du tribunal de Bakou contre l'oligarque Ruben Vardanian n'est pas seulement l'administration de la justice, mais aussi la conclusion symbolique et logique d'un conflit de près de 30 ans qui a causé de grandes souffrances au peuple azerbaïdjanais.

 

Les demandes lancées par certains membres du Parlement européen et des organisations telles qu’Amnesty International en faveur de la libération de Vardanian et d’autres condamnés arméniens sont extrêmement immorales. »

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 

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