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Commentaires
et Traductions de Gérard Merdjanian
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La signature du Traité de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ne dépend que d’Erevan, puisque Bakou exige que le terme « Karabakh » ou que toute phrase y faisant allusion disparaisse de la Constitution arménienne. C’est la seule condition qu’Ilham Aliev a imposé à Nigol Pachinian, du moins pour le moment. L’Arménie, quant à elle, n’a posé aucune condition, pas même la libération des prisonniers.
Bien que la demande
de l’Azerbaïdjan ne fasse pas partie du projet de Traité de paix, présenté et
signé en présence du président Donald Trump, le Premier ministre arménien
s’exécute pour débloquer la situation. Ce n’est pas nouveau, c’est toujours
Pachinian qui plie devant Aliev.
C’est ainsi que la ministre arménienne de la Justice, Serpouhi
Galian, a déclaré : « Le
texte amendé sera présenté et validé par le parlement avant d’être présenté aux
citoyens et aux experts. (…) La décision finale concernant l'adoption de la
Constitution appartiendra au peuple. » Ce qui donnera lieu à un référendum pour
validation finale.
La question qui se pose est de savoir si dans le futur Préambule
concernant la Déclaration d'indépendance, le paragraphe actuel,
« Le Conseil suprême de la RSS d’Arménie, exprimant la
volonté unie du peuple arménien… la mise en œuvre du droit des nations à la
libre autodétermination, sur la base de la résolution conjointe du Conseil
suprême de la RSS d’Arménie et du Conseil national du Haut-Karabagh en date du
1er décembre 1989 sur la réunification de la RSS d’Arménie et du
Haut-Karabagh… proclame : le début du processus d’établissement d’un État
indépendant…
»
objet de la discorde, sera maintenu ou pas ?
Quand on connait les talents de négociateur ‘hors pair’ de
Pachinian et son désir immodéré de signer le Traité de paix, l’issue laisse peu
de place au doute.
Au fait, une question toute bête : Pachinian connaît-il
exactement le contenu de la Constitution azerbaidjanaise, et plus
particulièrement ce qui a trait à « l’Azerbaïdjan occidental » ?
D’ailleurs la question n’a pas lieu d’être, on voit mal Nigol se comporter
comme Ilham si c’était le cas.
Il n’est pas dit que l’Azerbaïdjan n’ait pas d’autres
revendications avant de signer le Traité, lequel Traité n’est pas le souci
premier de Bakou. Il est beaucoup plus préoccupé par un départ anticipé des
observateurs de la mission de l'Union européenne en Arménie (UEMA), prévu
officiellement en février 2027 ; comme il a obligé l’Arménie à demander la
dissolution du Groupe de Minsk de l’OSCE en plus des Observateurs de l’OSCE, demande
réalisée lors du Sommet de Washington. C’est bizarre, on a l’impression qu’Aliev
ne veut pas la présence d’étrangers aux abords de sa frontière et plus
particulièrement dans le Syunik arménien.
Dans le
cadre de sa politique à géométrie variable, tout en essayant de garder de
bonnes relations avec Vladimir Poutine, Nigol Pachinian s’accroche bec et ongle
à l’Union européenne pour obtenir quelques miettes, pardon quelques millions,
pour subventionner tel ou tel secteur de son économie et/ou actions sociales. D’ailleurs
tout dernièrement pour aider à contrer les menaces qui pèsent sur l’Arménie
avant les élections, l’UE déploiera une équipe hybride de réaction rapide,
histoire de contrer les velléités de Moscou. Dans l’UE, la France, grand ami de
l’Arménie, est la plus sollicitée pour la partie militaire, moyennant finance …
cela va de soi. Les pourparlers UE-Arménie vont bon train et Pachinian nourrit
toujours l’espoir que l’Arménie deviendra un jour … lointain, membre(*) de
l’Union européenne.
Le 12 mars, faisant suite à la visite de la commissaire
européenne à l'élargissement, Marta Kos, le commissaire européen aux affaires
intérieures et aux migrations, Magnus Brunner, a souligné que l’Arménie met en
œuvre avec succès et efficacité le plan d’action pour la libéralisation des
visas. En attendant, depuis septembre 2024 et après X réunions, Nigol Pachinian a un mal fou à obtenir une date pour
la libéralisation des visas. On notera que la Turquie attend toujours. Il faut
dire que les frontières de l’UE sont toujours aussi perméables, touristes mis à
part.
Monsieur le Premier ministre arménien a les yeux plus gros que
le ventre. Il devrait savoir qu’on ne peut pas avoir à la fois le beurre (Union
économique eurasienne), l’argent du beurre (Union européenne), la crémière
(tandem turco-azéri), voire le magasin (Organisation de coopération de Shanghai
où il n’est que partenaire de discussion), par-dessus.
Les élections législatives approchant (Juin 2026), il guerroie d’arrache-pied
avec ses opposants, les traitants de tous les noms, n’épargnant personne, sa bête
noire restant l’Eglise apostolique arménienne.
(*) : Il y a actuellement dix pays candidats, à des degrés
divers d’avancement, pour adhérer à l’UE. La Turquie détient le pompon du plus
ancien avec des négociations d’adhésion qui ont commencé en octobre 2005. A
l’inverse, le Kosovo a présenté une demande d’adhésion à l’UE en décembre 2022.
On notera que la dernière adhésion date de Juillet 2013 (la Croatie).
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Traduction
Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA
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Arménie
Lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale, le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a réaffirmé que la question des détenus reste une priorité pour le gouvernement arménien, soulignant que des efforts sont en cours malgré l'absence de résultats immédiats.
«
La position de l'Arménie sur les détenus reste inchangée, elle est poursuivie
par un travail diplomatique actif, mais en grande partie non public. Je préfère
ne pas trop m’exprimer publiquement sur ce sujet, mais plutôt travailler.
Lorsqu’il y aura un résultat, le public
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Union
européenne
Le Premier ministre Nigol Pachinian a rencontré la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, lors d'une visite à Strasbourg, visant à renforcer les liens entre l'Arménie et l'Union européenne.
Avant
la réunion, une cérémonie d'accueil officielle a été organisée en l'honneur de
M. Pachinian, qui a également signé le Livre d'or du Parlement européen, une
tradition pour les visiteurs de marque.
Metsola a salué la visite de Pachinian, notant que la rencontre et le discours du Premier ministre devant le Parlement européen offraient une occasion importante de discuter du développement futur des relations entre l'Arménie et l'Union européenne, ainsi que
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Russie
« La stratégie de développement européen de l'Arménie soulève des questions, car les normes de l'UE sont souvent présentées comme des avantages inconditionnels. La logique qui suggère que l'Arménie tirerait profit de l'intégration européenne comme de son absence paraît contradictoire. Cette approche est comparable à une situation où une personne gagnerait une partie d'échecs contre elle-même, » a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, en commentant le discours du Premier ministre arménien à Strasbourg.
« Les normes européennes sont présentées de manière abstraite, sans une compréhension claire de leurs fondements pratiques. Il en résulte une image séduisante mais essentiellement
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Etats-Unis
Un rapport des services de renseignement américains indique que des obstacles subsistent à la conclusion d'un accord de paix définitif entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, notamment l'incertitude quant au résultat d'un référendum constitutionnel en Arménie.
«
Le président Ilham Aliev continue d'insister pour que l'Arménie modifie sa
Constitution afin d'en supprimer une référence qui, selon lui, sous-entend que
le Haut-Karabakh fait partie de l'Arménie. Cela nécessite un référendum
constitutionnel en Arménie, dont l'approbation n'est pas garantie », indique le
rapport.
Dans le même temps, le document annuel a noté que le Sommet pour la paix organisé à la Maison Blanche en août sous les auspices de Washington a créé une
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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA





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